‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 75 sur 111 · ACTE II. 5t · texte numérisé non relu

ACTE II. 5t

SUZANNE, riant.

Cherchez! Je vais vous faire voir comment on s'en sert 1

CLARISSE

Ah ! je me fie plus à mes deux mains I (Ue commence i onvrir tous let tiroirs.)

SUZANNE; riant.

C'est cela 1 allez l bouleversez les tiroirs I — Je vous recommande aussi la bouche du lézard et le creux de la guitare l — Quelle enfant!

CLARISSE

S'il l'avait ca^^hée dans la bibliothèque 1 .

SUZANNE

Trois cents volumes à visiter? Trop longl Regardez le bord des tablettes.

CLARISSE

Pourquoi?

SUZANNE

Sont-elles poudreuses?

CLARISSE^ Bontant sur une chaiae et regardant*

Oui.

SUZANNE

Partout?

CLARISSE

Partout*

SUZANNE

Alors, ce h^'est pas là !... En tirant un livre, il eût essuyé là poussière.

CLARISSE, fermant.

C'est vrai l

Regardez donc là, ce petit papier plié en quatre, qui seil à caler le pied de la table?

CLARISSE

• Cela?.**

SUZANNE, se levant.

Oui !... ^- Non l ce n'est pas la peiue I

CLARISSE

Pourquoi î

SUZANNE

Parce que la ^ranche du papier est usée et noire I.,»

CiiAfilSSE.

En toUfî ms, ce ne iferart pas habHe l.#. Ë& vue de tout le

monde !... sue eontu ' ^ fouiller partout.

SUZANNE

C'est précisément pour cela que ce serait Irès-fin.., ITèeldrment, vous ne savez pas vou^ servir de vos petites cornes, rfi.i chère... — Vous confondez les cachettes des niais avec celli s des gens d*espritl — Le niais fait son trou dans le mur et Ww Y va lôùt droit I L'homme d'espjit cache si peu rôbjct, ^\\v vous ne vous avisez jamais d'aller le chercher où il est!... fcl jft parierais bien que si nous ne trouvons pas cette malheuj cii<c lettre, c'est qu'elle noufe crève les yéut !«..

CLARISSE , ^irtf «Toir el.erehé.

Rieû L.. M«t8 tl y ft eocore irne chambre I

SUZANNE, riant.

Allez toujours ! j'ai le droit de visite.

CLARISSE , poussant là port» de It ehambro à coucher.

S'il rentrait pourtant! — ABI tant pis! je me défenas! Ei'e

entre.

^ëifïl^ , cfierS^ahl dû tcgiti atttovr â*elle.

OÙ peut-elle bien nous crever les yeux? Il est assez fin poifr la mettre tout simplement... sous son garde-papier I (Eiie itTe le

garde-papier.) RiCU ! Et ici... daUS la COUpC? (Elle cherche dans là jàlfe.) flrs

cartes de visite L.. un bâton de cire à cacheter... du papier à cigarettes, du tabac... des lettres chiflbnnées... déchirées. ..(LKiin.) A monsieur Prosper Block! fÀuire feure.) A monsieur, monsieur Prosper... (liême jeùafec plusieurs) En voicî 'éne qui a6*e gîngulit'ie figure! avec ses timbres! Elle a voyagé! (eiic va peur la Retire diû»

Vautre mai* avec les autres et se ravise.) A mdîisîetir PrOSper Riock, cheZ lo

révérend sir Edward, à Honoloulou, dans l'île d'Oàhou. (Réi»éefaissant.) A Houoloulou ! cc n'cst pas d*hier ! Pourquoi est-elle là? C'est drôle ! (Elle v^* i» 'i'"'«-) 0«i est-ce qui écrit à JL Prosper à Honoloulou... un petit poulet qui ne pèse pas plus f\\\* cela! — Pfclre payer cinq francs de port à un homme pour liii dire : « Bonjour, il fait beîm!» — C'est encore bien drôle! (t::e

regarde au jour ï travers la lettre.) C'est UH tOUt petit Carré do papier I... (Appelant.) ClarlsSCl...

CLARISSE, dans l'autre chambre*

Je ne trouve rien !

Dites-moi &éûii, àift €lRèft7.., Et«it-^e htmi çfo», votre letiye?

XciPfe fi. «t

Non! une demi-feuille pliée en deux!

SUZANNE, t:\taiit, i elie-mfme.

Une demi-feuille pliée en deux... oui! (Haut.) Papier blanc?

CLARISSE

Non ! je Tai vu ce matin !... feleù !

SUZANNE, regardant en entr'ouvrant l'envelcppe.

C'est bleu !

CLARISSE, toujours dans l'autre chambra.

Suzanne! une boite pleine âe pâpiéi^l

SUZANNE

Allons! tant mieux! tant mieux! (Eiie sent fa uttre.) parfums!...

envolés!... (Regardant de plus près à travers l'enveloppe.) Vôyâni t'écrilure... (MoaTement pour arracher la lettre.... elle s'arrête.) Ah I dOÙCenièlH !.'4S Ceci OSt

un cas de conscience!... Ai-je fe droit de lire?... Pourquoi

gas?... il m'a permis de visiter tout ce qui était ouvert... foûl î... ette enveloppe est ouverte, c'est ége^, C'est bh peu léger... et quand on n'en a pas Tbi^itude,... cpioique femme... (prois-^ant Pen^eioppe.) Si C'était elle pourtant!... Ah! j'ai la fièvre dans les doigts...

CLARISSE, sortant de la chambre, désespérée.

Ah ! ma pauvre Suzanne î... c'est fiM, j'y renonce... nous ne la retrouverons jamais!... jamais!...

SUZANNE

Je ne puis pas la voir pleurer aiiuk, moi... (siie arrache le papi«r

bien de l'enveloppe et le présente & Clarisse.) GlariSSe! Est-Ce qUC VOtre

lettre ne ressemble pas à ceci?...

CLARISSE, dépliant UL lettré.

C'est elle!

SUZANNE, éclatant de rire.

Ah! ma chère, les petites eernes!... Qu'est-ce que je vous disais?... les petites cornes!

CLARISSE

C'est bien elle!... (usant.) «Je pars cette nuit; mais, de près ou de loin^ion amour...» Mon àïï^oxîr!... Si M. Vanhove... (coups

srzX5fî^tf, On frappe!...

CLAAISSE*

On frappa?

VANHOVE^ dehon, frappant plus fort

Ouvrez donc!

SUZANNE, VanhOVeU.» Donnez! EUe liU reprend la lettre.

CLARISSE, effrayée.

Ah ! mon Dieu 1 où me cacher ?

SUZANNE, i demi-voix, en allant à la porte pour r«uvri;«

Toujours la môme!... On ne se cache pas!... on reste!

CLARISSE, perdant la tite.

Oh! non! non! il verrait mon trouble... il devinerait...

(nie cherche.) Ah I daUS CCttC ChambrC ! Vanhove frappe pins îocU SUZANNE, la main sur la serrure de la petite porte*

Mais restez donc î

CLARISSE

Non!

Elle entre dans la chambre de Proeper et ferme la portA.

SUZANNE, avec dépiU

Ah 1 maladroite ! EUe ouvre.

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