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Afin de donner une activité nouvelle aux habitants, M. Grassin, seigneur d’Arcis, directeur général des monnaies, fit venir des métiers à faire bas, « entre 1727 et 1730, semble-til (10). » Ce fut le point de départ de l’industrie de la bonneterie, qui devait prendre au cours des années à venir un si grand développement au détriment de la tisseranderie.
Cette activité s’exerçant toutefois en violation des dispositions de l'arrêt du Conseil de 1700, un nouvel arrêt du 29 décembre 1733, permit aux « fabricants de bas au métier d'Arcys-sur-Aube, d'y continuer l'exercice de leur art et d'y établir de nouveaux métiers à faire des bas, à la charge par eux de se conformer » aux dispositions de l'arrêt du Conseil de 1700.
Cette dérogation en faveur de la ville d’Arcis ne fut pas unique et entre 1721 et 1740, l'arrêt de 1700 tomba d'autant plus en désuétude que les Hôpitaux entrent en ligne.
Un arrêt du Conseil d'Etat du 13 avril 1630 ayant autorisé les administrateurs des Hôpitaux de Troyes à y installer des manufactures (11), ceux-ci avaient monté une manufacture de draps à l'Hôpital Saint-Nicolas et une filature de laine à l'Hôpital de la Trinité, qui ne tarda d'ailleurs pas à être remplacée par une filature de coton, moins contraire à la santé des enfants qui y étaient employés (12).
En 1745, les administrateurs des Hôpitaux qui avaient fait « venir de Marseille des cotons filés », se trouvant surchargés de ces cotons filés dont ils n'avaient plus l'emploi, « achetèrent des métiers à faire bas qu'ils firent monter à l'Hôpital de la Trinité (13) ». Les orphelins qui y étaient hospitalisés et qui, jusqu'alors, étaient soit occupés à filer, soit « mis à métier » ou « loués à des laboureurs », firent
au chômage, en comprenant ceux qui cultivent, filent « fabriquent, blanchissent et vendent les toiles ». Archives de l'Aube, C 1929.
(10) J. Ricommard, ouvrage cité, p. 21.
(11) D’Arbois de Jubainville, ouvrage cité, ch. 1x.
(12) Archives de l’Aube, GC 1916.
(13) J. Ricommard, ouvrage cité, p. 24.
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l'apprentissage de la bonneterie et furent, à Troyes, les premiers ouvriers bonnetiers (14).
Les orphelins ne constituant pas une main-d'œuvre suffsante, les administrateurs des Hôpitaux durent bientôt faire appel aux ouvriers du dehors. La plupart de ceux-ci ne tardèrent d’ailleurs pas à s'établir en ville, après avoir reçu leur formation professionnelle à l'Hôpital de la Trinité.
Ils se réunirent en 1753 à la Communauté des Bonnetiers de Troyes, et obtinrent, après diverses sollicitations, une sentence du lieutenant général de police, leur accordant l'autorisation d'établir des métiers à faire bas et autres ouvrages de bonneterie (15).
Cette nouvelle infraction à l'arrêt de 1700, cette fois bien tombé en désuétude, entraîna immédiatement une augmentation considérable du nombre des bonnetiers. Quelques mois plus tard, d’ailleurs, l’arrêt du Conseil du 25 mars 1754 permettait « d'établir des métiers et de travailler dans toutes les villes et lieux du Royaume, en se conformant aux Lois, Usages et Règlemens intervenus et à intervenir. »
À la suite de cette nouvelle mesure, les métiers à faire bas se répandirent non seulement à Troyes, mais dans toute la banlieue immédiate, provoquant « la disparition complète des bonnetiers au tricot. »
Ce développement s’accrut encore à la suite des Lettres Patentes du 13 février 1765 qui permirent d'établir des « manufactures d’étoffes dans toutes les villes et tous les lieux du Royaume où il n'y avait point de communauté d’établies » ; ces dispositions furent d’ailleurs précisées par l'arrêt du Conseil du 28 février 1766 qui spécifia que « les fabricants en bonneterie et tous autres habitants de campagne et lieux où il n’y a point de communauté, jouiront pleinement et paisiblement de la permission accordée par les Lettres Patentes de 1765, de fabriquer les choses de leur métier, en se conformant aux Règlemens (16). »
(14) Emile Chaudron, ouvrage cité, p. 137.
(15) J. Ricommard, ouvrage cité, p. 26 et suivantes. (16) J. Ricommard, ouvrage cité, p. 31.