‹ Les ouvriers européens (volume 2)Chapitre 22 sur 159 · XXVI CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD · texte numérisé non relu

XXVI CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD

émanent de la richesse, de la science et du pouvoir. Elle multiplierait les défaillances naturelles de la famillesouche et tarirait les sources de la prospérité si, dès les premières manifestations du mal, des hommes voués à l'enseignement de la loi suprême ne s'appliquaient à en conjurer le développement. Ils s'unissent aux gouvernants pour compléter les cultes domestiques par l'organisation d'un culte public.

Tel est le principe de l'institution fondamentale, sans laquelle les peuples sédentaires n'ont jamais pu conserver la soumission au Décalogue et par suite le bonheur et la paix. En Europe, depuis les premiers âges de l'histoire, l'institution des cultes publics a marché de front avec le défrichement du sol et le progrès des arts. Aucune nation n'a conquis sur les autres l'ascendant attaché à la prospérité matérielle, si elle n'a pas maintenu chez elle l'ordre moral par l'alliance intime du pouvoir souverain avec un culte rendu à Dieu. Cependant les bienfaits de cette alliance ont rarement remplacé chez une population urbaine, riche et lettrée, les saines influences qui, depuis les premiers âges, perpétuent les pures traditions du Décalogue éternel chez les pasteurs de la Grande-steppe. Aux époques où se produit dans les villes un accroissement brusque de richesse, les gouvernants et les clergés se laissent parfois envahir par la corruption ; et alors ils désorganisent par leurs exemples les familles qu'ils devraient défendre contre le mal. Ce désordre social a été fréquent depuis le moyen âge ; et il se reproduit trop souvent au milieu des merveilles d'activité que créent de nos jours la houille et la vapeur (vu, i s). Parmi les régions qui restent soumises au Décalogue éternel, se placent aux premiers rangs les rivages compris entre le cap Nord et l'embouchure du Rhin. Nulle part l'union de l'Église et de l'État ne m'a

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