‹ Les ouvriers européens (volume 2)Chapitre 21 sur 159 · LA SOUMISSION AU DÉGALOGUE ÉTERNEL. XXV · texte numérisé non relu

LA SOUMISSION AU DÉGALOGUE ÉTERNEL. XXV

exclusivement aux soins que réclament la direction de la famille ou le gouvernement de la tribu, elles confient les rites du culte domestique aux vieillards qui sont le moins chargés de ces mêmes soins. Le choix de ces pontifes domestiques se porte de préférence sur ceux qui montrent le plus d'aptitude pour l'enseignement des obligations imposées ici-bas à chacun par l'obéissance au Décalogue et par l'espoir d'une meilleure vie^

Les nomades qui sont le mieux pénétrés de ces obligations ne sauraient se contenter d'une organisation religieuse aussi simple, lorsqu'ils défrichent le sol et deviennent sédentaires. Alors, en effet, comme sous le régime antérieur, ils prospèrent d'autant plus rapidement qu'ils sont plus religieux; mais le genre de prospérité spécial aux races agricoles se manifeste surtout par des changements qui sont loin de favoriser le développement de l'ordre moral et de fortifier l'empire du Décalogue. A mesure qu'ils se multiplient, les agriculteurs réduisent l'étendue de la culture pastorale et subdivisent le sol en domaines plus petits : les foyers domestiques prennent peu à peu de moindres proportions; et bientôt ils ne peuvent plus abriter qu'un héritier et partant une famillesouche. Pendant que ce morcellement des familles et du sol se produit sous l'influence des cultures intensives, les populations s'agglomèrent en villages, en bourgs et en cités, sous les influences combinées des exploitations minérales, de l'industrie manufacturière, du grand commerce, des voies de transport perfectionnées, des cultures intellectuelles et des arts libéraux. La corruption tend incessamment à se produire par le fait môme de ces agglomérations, comme par les appétits ou par l'orgueil qui

1. L'abbé Hue : Voyage en Tartane, 1. 1", ch. H; texte cité (II, In. 3).

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