SUR LA CONSTITUTION SOCIALE DE LA NÉERLANDE
La Néerlande est l'une des moindres nations de rEurope; mais c'est aussi l'une de celles qui lui fournit les meilleurs exemples depuis les temps les plus reculés (26). Son organisation territoriale a subi de profondes vicissitudes, sous l'influence des entreprises injustes, dirigées successivement contre elle par les grandes maisons souveraines qui ont disposé des forces de l'Espagne, des États allemands, de la Bourgogne et de la France. Après les révolutions qui ont troublé l'Occident depuis 1789, la Néerlande est àj)eu près revenue en 1830, par la séparation de la Belgique, à la situation dont les Provinces- Unies jouissaient au XVII* siècle. Dans ces modestes limites, ce peuple s'était élevé, vers 1666, à ce degré inouï de prospérité, dont nous devons la description à sir William Temple, ambassadeur d'Angleterre (2 6). La Néerlande, comparée à ses émules, est encore, à beaucoup d'égards, un modèle; mais elle subit la déchéance qui, depuis 1830, frappe de plus en plus toutes les nations riches et lettrées de l'Europe.
La Néerlande a environ 3 millions 200 mille hectares. Sur la majeure partie de cette surface, le sol est constitué par la formation de sables erratiques qui a été décrite pour la plaine saxonne (iv, 17). L'ancien territoire est aujourd'hui subdivisé en 11 provinces, non compris le grand-duché de Luxembourg qui, depuis 1815, fait partie de la Confédération germanique. La population comprend 3 millions 250 mille habitants, parmi