EU ÉGARD A LA NATURE DES ESSENCES
Arbres résineux.
Nombre de pieds.
Piaus sylvestris L. (Sosna) 316,084
Abies excelsa L. D. {Jeli) 171,130
Abies pectinata L. D. {Pichtà). . . 85,560
Pinus cembra L. (Kedrï) 18,910
Laryx europaea L. {Listvine) 12,240
Arbres feuillus.
Betula alba L. {Bereso) 246,547
Populus tremula L. [Ocina) 48,248
Tilia europaea L. {Lipa) 1,860
Alnus glutinosa? L. {Olkha) 10
Bois sec (sur pied) de diverses
essences 3,515
2" EU ÉGARD AU DIAMÈTRE DES ARBRES MESURÉS A l'",10 DU SOL.
Nombre de pieds.
Arbres ayant moins de 0'",14 non comptés
de 0'",14 à 0'",22.
de 0 ,23 à 0 ,35. .
deO ,36 à 0 ,48..
deO ,49 àO ,62..
de 0 ,63 à 0 ,75. .
deO ,76 à 0 ,88..
de 0 ,89 à 1 ,01..
de 1 ,02 à 1 ,20. .
D'autres études poursuivies en grand nombre dans toute l'étendue des forêts comprises sur le versant sibérien de l'Oural, entre les 58^ et eO*" degrés de latitude nord, ont fourni des renseignements curieux sur la reproduction spontanée du bois dans le système d'exploitation adopté par les usines de cette région. Il a paru opportun de consigner ici un précis sommaire des phénomènes qui se produisent quand une coupe à blanc étoc, sans aucune réserve d'arbres reproducteurs, a été opérée sur une centaine d'hectares, au milieu de la forêt.
Pendant les deux années qui suivent la coupe d'une futaie peuplée de pin sylvestre, c'est-à-dire de l'essence dominante de la région, on voit croître surtout des plantes herbacées. Dès la troisième année le sol est envahi par des plantes sous-ligneuses.
notamment par diverses espèces de ronces et de vacciniées qui souvent, sur une hauteur de 50 à 80 centimètres, constituent une sorte de massif impénétrable pour le piéton. Vers la cinquième année, on voit apparaître çà et là, dans ce massif, de jeunes bouleaux qui, sous cet abri, résistent l'hiver aux vents rigoureux, et l'été aux sécheresses produites par l'action persistante des rayons solaires. Vers la dixième année, la petite forêt de bouleau, haute de 1"',20 à 2 mètres, montre son vert feuillage sur la coupe entière ; et l'on ne saurait trop remarquer que ce peuplement s'opère et que la broussaille sous-ligneuse disparaît, alors même que la -forêt environnant la coupe n'offre pas, dans un rayon de plusieurs kilomètres, un seul bouleau reproducteur. Dès que les plantes sous-ligneuses ont disparu, le pin sylvestre commence à pousser en brins serrés sous l'abri créé par le bouleau. A partir de la douzième année, le bouleau et le pin croissent à l'envi en se protégeant mutuellement contre l'action des vents. Ils engagent en même temps, touchant la croissance en hauteur, une lutte dans laquelle le pin regagne chaque année une partie de l'avance que le bouleau avait prise. Cette lutte continue pendant vingt années environ. Elle a pour effet de resteindre beaucoup la croissance en diamètre. La consistance des arbres parvenus à une même hauteur, de 10 mètres environ, devient très-faible : mais, à partir de ce moment, le pin prend rapidement le dessus en étiolant le bouleau. Enfin, à une époque qui varie ordinairement entre la trentième et la quarantième année de la coupe, les tiges de bouleau ne peuvent plus supporter leur propre poids : elles se courbent au point que leur cime vient toucher le sol ; elles y forment une multitude de demi-ellipses gracieuses dont la couleur blanche tranche singulièrement avec la sombre nuance des troncs de pin. A partir de ce moment et après la destruction rapide du bouleau, la futaie de pin se développe avec une homogénéité dont il existe peu d'exemples dans les régions forestières de l'Occident. Cette homogénéité se manifeste par un trait remarquable, dans les immenses abatis que l'on fait en ligne droite pour le tracé des roules : celles-ci semblent être comprises entre deux murailles tricolores
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dont les zones correspondent à l'écorce brune de la base, à l'écorce rougeatre de la partie moyenne et à la verdure de la cime.
SUR LE NIVEAU AUQUEL PEUVENT s'ÉLEVER, DANS LA CONSTITU- TION SOCIALE DE LA RUSSIE, LES OUVRIERS INTELLIGENTS, LABORIEUX ET ÉCONOMES.
On a indiqué ci-dessus (m, 17) plusieurs des circonstances qui permettent aux ouvriers russes de s'éleVer à une fortune considérable. La condition des ouvriers placés dans cette situation exceptionnelle est un des traits les plus curieux de la constitution russe; et il semble opportun de compléter ici ces indications.
Il existe dans les grandes usines métallurgiques de l'Oural des marchands de grains possesseurs de plusieurs centaines de mille francs, qui emploient un personnel considérable et de nombreux attelages pour leurs opérations commerciales, qui cependant conservent devant le seigneur leur état de dépendance et continuent à acquitter annuellement un Abrok d'une centaine de francs. Il est à remarquer que cette dépendance ne leur pèse aucunement, et qu'ils n'éprouvent pas le désir de renoncer à une condition où ils ont trouvé la richesse et la considération.
Les inconvénients graves, attachés en principe à l'état de dépendance personnelle qui prévaut en Russie, sont souvent atténués par l'opinion publique. En fait, chaque membre d'une commune russe se croit plus lié envers ses voisins et ses égaux avec lesquels il acquitte collectivement les charges de l'Abrok qu'envers le seigneur lui-même. Souvent un paysan enrichi croirait manquer à ses devoirs envers la commune en réclamant du seigneur, avec sa liberté, le droit de se soustraire aux charges de la communauté.
Dans l'Occident, où les droits et les devoirs tendent de plus en plus à être rigoureusement définis, où, en conséquence, chacun est porté à réclamer tout ce qui est compris dans les limites extrêmes de son droit, il est fort difficile de se faire une idée des
relations qui existent entre les seigneurs russes et ceux de leurs paysans qui sont parvenus à une grande fortune. En principe, les premiers sont les véritables propriétaires de la fortune acquise par leurs paysans ; mais, en fait, ce droit n'est réclamé pour les immeubles que dans des cas analogues à ceux de l'expropriation pour cause d'utilité publique, et sauf indemnité. L'auteur de ces études n'a jamais appris que ce droit fût exercé en ce qui concerne la propriété mobilière. Le droit du seigneur n'est donc jamais onéreux pour les paysans qui s'enrichissent ; il offre, au contraire, de précieuses garanties à la masse de la population en la préservant des fléaux de l'hypothèque et de l'usure (m, e).
Un riche meunier dépendant d'une grande propriété de l'Oural, ayant été excité par l'opinion publique à rechercher son émancipation, crut devoir entreprendre un grand travail d'utilité générale, auquel il consacra avec une générosité princière un capital de 80,000 francs. L'acte qui lui accorda la liberté, tant pour lui-même que pour ses descendants, prenait surtout en considération le service qu'il avait rendu à la chose publique, et la libéralité avec laquelle il s'était racheté de ses obligations envers le seigneur et les habitants de sa commune. Ces derniers, en effet, jouissant d'un droit positif à l'assistance, ont sur le revenu de la propriété une véritable hypothèque légale dont le minimum est fixé par les besoins de la population. On conçoit donc que l'opinion provoque de semblables sacrifices et les récompense par la considération. Ce fait, lorsqu'on a égard surtout à l'importance de la somme dépensée, doit être considéré comme exceptionnel ; mais il peint parfaitement la tendance de l'esprit public, et indique bien le caractère que les seigneurs les plus intelligents impriment au principe de la dépendance personnelle.
SLR LA FORMATION DES PRAIRIES (PACOS) POSSÉDÉES PAR LES OU- VRIERS ET SUR LA TRANSMISSION DE CE GENRE DE PROPRIÉTÉ .
Il existe dans les forêts de l'Oural une multitude do localités propres à la production de foins d'excellente qualité. Tendant
476 en. IV. — CHARPENTIER DES LAVERIES d'oR DE l'oURAL.
sans cesse à augmenter le nombre de leurs chevaux et de leurs bestiaux pour développer leurs travaux et leurs moyens de subsistance, les ouvriers recherchent avec soin ces localités, et s'appliquent à les mettre en valeur, nonobstant les règlements ayant pour objet d'assurer la conservation des forêts. Ils ne se font pas faute d'abattre les bois lorsqu'ils peuvent échapper à la surveillance peu sévère d'ailleurs des agents forestiers, et lorsqu'une fois une possession de quelques années leur a créé un droit, ils ne manquent pas de l'étendre en empiétant sans cesse sur la forêt contiguë.
Le développement de la population et l'essor de l'industrie minérale sont nécessairement liés à la création des prairies : celles-ci jettent, en outre, sur l'ensemble du pays un charme particulier. Les familles qui sont depuis quelques années en possession d'un Pacos peuvent le transmettre par héritage à la^ génération suivante, ou même le vendre à d'autres familles dépendant de la même seigneurie.
Le seigneur conserve, au reste, sur le tout un droit nominal de propriété, qui interdit au paysan de donner hypothèque, et qui le garantit ainsi contre les dangers de l'usure.
SUR l'organisation des transports dans les usines