XVIII CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DE L ORIENT
graphes de la Grèce. Il existe encore en Europe, à l'est du Wolga, quelques groupes de pasteurs nomades ; mais ils diCfèrent, par plusieurs traits essentiels, des races pastorales dont je signale ci-dessus la supériorité. Pour retrouver l'ancien type dans toute sa pureté, il faut maintenant pénétrer à une certaine distance en Asie. L'agriculture, l'industrie manufacturière, le commerce, les spéculations financières et même les cultures intellectuelles de l'Occident ont étendu leur influence jusqu'aux dernières steppes parcourues par les nomades européens. Cette influence grandit rapidement : le changement est très-marqué depuis 1837, époque où je pénétrai pour la première fois dans les plaines herbues des rivages de la Caspienne et du Wolga. Depuis lors, ces plaines ont été en partie défrichées ; et, en même temps, se sont affaiblies les trois causes principales qui maintenaient, sur cette lisière orientale de l'Europe, l'état traditionnel de bienêtre. Cependant il s'en faut de beaucoup que ces nouveautés aient amené, dans la nature des lieux ou dans les mœurs des populations, la transformation profonde qui se manifeste par l'instabilité et la discorde au sein des agglomérations commerçantes et lettrées de l'Occident. Les familles sédentaires décrites dans ce volume sont tombées au-dessous des modèles qui parcourent les steppes situées en Asie, à l'est d'Orenbourg; mais elles restent au-dessus de la triste condition qui est indiquée, dans le tome VI, pour les régions défrichées de notre continent.
Six causes spéciales conservent plus ou moins à l'Europe orientale le bien-être qui découlait autrefois des trois éléments primordiaux de prospérité. Le lecteur en retrouvera souvent la trace dans la description des neuf familles que j'ai observées, avec beaucoup d'autres .qui ne sont point décrites dans ce volume, depuis les