‹ Les ouvriers européensChapitre 140 sur 196 · J. — COMPTE DE LA DÉPENSE ANNUELLE POUR VÊTEMENTS EN ÉTOFFES ACHETÉES · texte numérisé non relu

J. — COMPTE DE LA DÉPENSE ANNUELLE POUR VÊTEMENTS EN ÉTOFFES ACHETÉES

Art. l"=r. — Vêlements de l'ouvrier.

Chouba : Pelisse en peau de mouton (pour l'hiver) .

1 veste

1 gilet

1 pantalon , , .

Cravate

Bottes : Achat et 2 réparations.

1 feutre

Szur (surtout avec collet, en drap blanc, orné de galons rouges, pour l'été) . . . .* ..."

Art. 2. — Vêtements de la femme.

Kôdmôny (demi-surtout en peau de mouton, pour l'hiver) .

1 veste

1 gilet

1 second gilet

Jupe d'indienne

Mouchoirs

Bas

Chaussure -

Total.

Art. 3. — Vêtements dti grand-père. . .

Akt. 4. — Vêlements des trois enfants.

objets neufs.

DEPENSE

par an

3 ans.

PARTICULARITÉS REMARQUABLES; APPRÉCIATIONS GÉNÉRALES; CONCLUSIONS

SUR LA COMPOSITION d'UNE COMMUNE RURALE • DE LA BASSE HONGRIE.

La population du bourg de Hatvan comprend les catégories et les subdivisions indiquées ci-après :

loBAJJY : Paysans, constituant en Hongrie la base de la population, possédant (sauf l'obligation d'acquitter une dîme et une corvée) une maison, une grange, une étable et un jardin, souvent une chènevière et un vignoble, toujours une certaine étendue de terre arable. L'étendue de cette terre s'évalue avec une unité dite Sessio, équivalente à 10 hectares 36 ares, et mesure le degré d'aisance dont jouit chaque paysan. Les 141 Sessio dépendant de cette terre se répartissent comme il suit entre 355 familles de lobajjy :

Familles possédant chacune 2 Sessio 5

Familles possédant chacune 1 Sessio 35

Familles possédant chacune 1/2 Sessio. . 70

Familles possédant chacune 1/4 do Sessio 245

Mestekember : Marchands et artisans exerçant les principales professions indispensables à une réunion d'agriculteurs, possédant la maison qu'ils habitent, et souvent un jardin, un vignoble, un terrain à maïs, etc. Les professions le« plus usuelles se répartissent comme il suit entre 160 familles :

Artisans travaillant le fer (serruriers, taillandiers, maréchaux) . . 7 Artisans travaillant le bois (charpentiers, menuisiers, tonneliers,

charrons, etc.) 27

Artisans travaillant la pierre, l'argile, etc. (maçons, couvreurs, etc.). 30 Artisans employés pour la confection des vêtements (tisserands,

tailleurs, cordonniers) 40 ) 160

Meuniers exploitant les moulins à eau du seigneur et du curé

(prévôt) 6

Marchands établis, préposés à l'entrepôt du sel 18

Juifs exploitant le petit commerce de colportage 15

Professions diverses lï

Inqdilim : Journaliers ou tacherons agriculteurs possédant la maison qu'ils habitent, ainsi qu'un jardin, çt souvent quelques dépendances agricoles, mais ne possédant point de terre arable : plusieurs Inquilini entretiennent des chevaux j)our exploi-

300 en. VII. — lOBAJjY, ou paysans a corvées de la theiss.

ter le service de la poste, et ils les nourrissent ainsi qu'il est indiqué plus loin (19) ; la plupat travaillent comme journaliers chez les lobajjy. Le nombre des familles s'élève à 80

Sub-Inquilini : Journaliers ou tâcherons agriculteurs et industriels, tenant à loyer la maison ou la portion de maison qu'ils habitent : le nombre des familles est

Officiers préposés à l'administration de la seigneurie 5

Total 640

SUR LA CORVÉE IMPOSÉE AUX lOBAJJY.

La famille décrite dans la présente monographie correspond à celles que l'on désignait, dans l'ancienne constitution féodale de plusieurs provinces françaises, sous le nom de quart de paysan : elle ne possède que le quart de la surface du terrain qui constituait autrefois une concession normale, et elle ne doit au seigneur que 26 journées de travail (i), c'est-à-dire le quarl de la corvée imposée au paysan pourvu d'une concession entière. Elle doit, en outre, acquitter les dîmes fixées par l'usage (is, S°" v). Telle qu'elle existe aujourd'hui (i8/i6) en Hongrie, la corvée a un caractère mixte : une partie représente l'impôt dû à l'État pour la terre occupée par les lobajjy, et payé par le seigneur pour l'ensemble de sa propriété ; le reste représente la redevance due par les lobajjy pour les concessions de terrain fajtes par les anciens seigneurs.

Ce genre de possession tient à la fois du métayage et du droit de propriété, tels qu'ils sont exercés, par exemple en France, en Italie et en Espagne. Beaucoup de paysans hongrois, initiés aux vertus qui dérivent de l'amour du travail, parvenus à un degré assez élevé de moralité et d'intelligence, jouissant déjà de la libre disposition de leurs personnes, touchent à celte condition sociale où l'homme peut disposer, sans danger pour lui-même, de la terre qui lui fournit des moyens d'existence.

La Hongrie semble donc arrivée à cet état de développement où les dernières relations du régime féodal peuvent se modifier avec un égal avantage pour le seigneur et les paysans, et se

remplacer progressivement par le métayage, par le fermage et par la propriété individuelle. La famille dont l'histoire est tracée dans cette monographie présente, sous ce rapport, un terme moyen entre les mœurs les plus imparfaites et les plus avancées : si elle ne fait aucune épargne, elle conserve du moins, sans la grever d'emprunts hypothécaires, la prairie dont elle a hérité et sur laquelle elle exerce un droit absolu de propriété.

SUR LES AVANTAGES DU MAINTIEN INTÉGRAL DES PETITES EXPLOITATIONS AGRICOLES, ET SUR LES INCONVÉNIENTS D'uN MORCELLEMENT EXAGÉRÉ.

Les coutumes, fondées sur la tradition et par conséquent sur une longue expérience (21), qui posent des limites au morcellement du sol (1 et 12), ont ici, comme partout ailleurs, pour conséquences de favoriser la multiplication des bestiaux, et de permettre au moindre paysan l'élevage des chevaux.

Les paysans exploitant une Sessio entière (1), et la plupart de ceux qui n'exploitent qu'une demi-Sessio, joignent l'élevage des chevaux à celui des bœufs. Cette industrie est particulièrement favorisée dans cette localité par le service des deux stations de poste de Hatvan à Godolle et à Gyongyos, sur la route de Pesth à Erlau. On voit même un certain nombre de paysans à un quart de Sessio et même de simples Inquilini entretenir des chevaux. Ils subviennent aux dépenses de nourriture et de renouvellement de ces animaux au moyen des recettes en argent que leur donne le service de la poste, et aii moyen d'allocations en nature faites pour la rétribution de divers travaux de récolte.

C'est ainsi que, pour couper et transporter au Kert (c) les principaux produits agricoles, les lobajjy et les Inquilini, travaillant pour le compte d'autres paysans, reçoivent les fractions de la recette totale indiquée ci-après :

Seigle, 1/11; — orge, 1/12; — avoine, 1/13; — foin (l'» récolte), 1/3; — foin (regain), 1/2; — bois et roseaux, 1/3.

302 en. VII. — lOBAJJY, ou paysans a CORVEES DE LA TIIEISS.

Le paysan à un quart de Sessio, décrit dans la présente monographie, ne possède pas de chevaux, en premier lieu parce qu'il est placé à la limite où leur entretien commence à devenir difficile, et en second lieu parce que ces animaux sont très-multipliés chez les autres habitants de Hatvan.

Dans plusieurs parties de la Hongrie, et en général dans les provinces dépendant de la monarchie autrichienne, la coutume assigne au second fils la jouissance du bien patrimonial. Le fils aîné est ordinairement consacré au service militaire. Quant aux autres enfants, les plus entreprenants, convenablement pourvus d'instruments de travail, vont fonder de nouvelles maisons dans les parties du territoire qui restent à défricher; d'autres, après un apprentissage dont les frais sont supportés par la communauté, pourvus d'ailleurs de vêtements, d'outils et souvent d'un pécule, entrent dans la classe des artisans ruraux ou dans celle des ouvriers attachés aux industries urbaines et aux grandes manufactures; enfin, les plus faibles et les moins intelligents, ne trouvant point ordinairement l'occasion de se marier, restent auprès du nouveau chet de famille, et le secondent dans les travaux agricoles. Les membres de la famille qui se sont voués au service militaire ont aussi, dans la maison où ils sont nés, la retraite la plus convenable et, au besoin, des soins affectueux.

Lorsque l'on compare cette organisation agricole, qui se maintient spontanément, à celles des contrées où la loi entrave les tendances individuelles, on reconnaît que le morcellement, lorsqu'il dépasse certaines limites, marche de front avec la disparition des bestiaux, l'appauvrissement des paysans et l'affai- || blissement de l'État. Le maintien des modestes exploitations, qui correspondent au type de paysan décrit dans la présente monographie, assure à l'État une souche vivace, en quelque sorte incorporée au sol, et qui, dans le cours d'une génération, peut toujours lui fournir au moins un soldat vigoureux, un colon entreprenant, convenablement doté par la famille et exercé au travail agricole, enfin, très-souvent, plusieurs chevaux propres au service de la cavalerie, etc.

SUR LES COMBINAISONS A l'aIDE DESQUELLES UNE FAMILLE DE lOBAJJY SE PROCURE LE COMPLÉMENT DE TERRE QUI LUI EST

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