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Négresse du Soudan, esclave

Quant aux parents des époux, la mère et un frère du maître sont seuls survivants. Ce frère, veuf et père de deux enfants en bas âge, a recueilli sa mère qui élève ses petits-enfants. Il est lui-même assez habile menuisier et surveille les ouvriers de son frère lorsqu'il manque de travaux pour son propre compte.

RELIGION Eï HABITUDES MORALES.

Les deux époux appartiennent à la race maure et sont nés de parents très-fervents dans l'islamisme. Le chef de famille a reçu un enseignement religieux très-complet : lisait lire et écrire; il a appris par cœur tout le Koran et en cite quelquefois les versets. Là se borne habituellement la science religieuse et profane des musulmans du Maroc. Ceux que l'on distingue du titre de Thalib (équivalent du Sokhla de la Turquie) ont lu quelques commentateurs, quelques poètes, quelques juristes ; et cela seul, avec l'assiduité à répéter sans cesse ces lectures, les distingue du reste des croyants. Le maître doit à ces connaissances exceptionnelles une distinction qui le place au premier rang parmi les indigènes. Deux voyages qu'il a faits à Marseille, et plus d'un an de séjour à Gibraltar et à Cadix, où il s'est perfectionné dans sa profession, ont singulièrement adouci en lui les instincts fanatiques de sa race. Il parle passablement l'espagnol, et fait grand cas des Européens ; ses relations fréquentes avec le corps consulaire, et l'humeur bienveillante dont il fait preuve à l'égard des Nazaréens {Nessâra), lui attirent les sarcasmes de ses coreligionnaires; ses talents, et l'envie qu'ils excitent, sont loin d'atténuer ces dispositions; mais le titre de fladji\ que lui vaut un

1. Pèlerin aux lieux saints. Les Turcs appliquent ce titre honorifique au chrétien qui a visité Jérusalem, comme au musulman qui a visité la Mecque.

OBSERVATIONS PRJÎLIHINAIRES. 40f'

pèlerinage à la Mecque, l'exactitude qu'il apporte à l'accomplisseraent de ses devoirs religieux, l'aisance dont il jouit, et surtout la qualité de protégé français ^ lui permettent de dédaigner la malveillance. Les pratiques religieuses dont il s'acquitte ostensiblement sont un moyen de conserver l'estime et la considération des indigènes ; mais, vis-à-vis des chrétiens, il fait assez bon marché des menues observances auxquelles il se soumet publiquement; et, sans sortir des bornes d'un certain respect pour sa religion, il laisse percer la préférence qu'il accorde aux mœurs et aux idées des Européens. Il est d'une probité exacte et même délicate. Il se montre ami d'un certain luxe, principalement dans ses vêtements ; il est cependant économe et aspire à tirer de ses propriétés un revenu suffisant pour vivre sans s'adonner avec assiduité aux travaux de sa profession. Il possède une maison de campagne et un vaste terrain, à un kilomètre environ de Tanger, et il voudrait donner un jour tous ses soins à l'horticulture. Les notions qu'il a du dessin linéaire, du calcul et des premiers éléments de la géométrie descriptive, lui assurent une supériorité si marquée sur ses confrères qu'on lui accorde sans peine une rétribution triple de celle qu'ils obtiennent ordinairement. Dans ces conditions, il est facile de prévoir qu'il arrivera, en quelques années, au but de ses désirs.

La femme a été élevée, comme toutes les musulmanes citadines, dans l'habitude d'une complète réclusion ; elle n'a avec son mari que des rapports assez restreints et dépourvus du caractère d'intimité qui résulte de la position morale de la femme dans les pays chrétiens. Ces rapports sont d'ailleurs aussi doux que le permettent les usages musulmans. Son mari l'autorise h sortir chaque vendredi pour se rendre au cimetière et, de loin en loin, elle consacre quelques heures à visiter ses amies. Elle paraît douée d'un esprit enjoué et se montre dévouée à ses enfants, respectueuse envers leur père; elle traite sa négresse avec douceur et se conduit en dévote musulmane. Son mari lui fait, chaque année, cadeau de quelque bijou ou de quelque autre objet dé luxe. Il lui impose une tenue toujours soignée et élégante. Sous

ce dernier rapport, elle tient un rang distingué parmi les femmes riches de la ville.

En résumé, la famille décrite dans cette monographie est placée dans des conditions qui la rendent exceptionnellement intéressante. Ce n'est plus la barbarie ; ce n'est pas la civilisation. La famille de Mohammed-el-Sousi est le type de nombreuses familles arabes qui, attachées par la naissance, par l'éducation et par des idées traditionnelles aux croyances et aux mœurs musulmanes, apprécient cependant les bienfaits et le caractère protecteur de la domination française en Afrique.

Si.

HYGIÈNE ET SERVICE DE SANTJ2

La taille du maître est de l'",65; il est d'un tempérament nerveux et bilieux. Son teint est fortement bistré; sa barbe noire, clair-semée. Sa tête est complètement rasée, et toujours enveloppée d'un épais turban roulé autour d'une calotte de drap rouge. Sa force physique est loin de répondre à son activité, à son énergie intellectuelle et morale. Il est sujet aux fièvres périodiques qui le visitent chaque année à l'époque de la canicule ; mais il les combat efficacement au moyen du sulfate de quinine, qu'il se procure à la pharmacie européenne établie à Tanger. Il dédaigne les sorciers-médecins indigènes, et a recours au médecin de la légation française. Cette confiance lui est d'ailleurs commune avec les indigènes de distinction. Le petit peuple a seul recours à la médecine des empiriques nomades, dont les remèdes se réduisent à l'emploi des ventouses, à la cautérisation par le fer rouge, et aux amulettes de toutes sortes.

Le climat de Tanger est d'une salubrité parfaite. Les fièvres, qui font quelques ravages parmi les indigènes, n'ont d'autre cause qu'un mauvais régime alimentaire, et le peu de soin que beaucoup d'entre eux apportent à se préserver de l'humidité. Pour l'indigène qui nous occupe, la cause déterminante des fièvres ré.îulte de l'exercice de sa profession et des transpirations

abondantes qu'elle provoque, transpirations souvent arrêtées par la brise du large qui circule dans les ruelles de la ville.

La santé de la femme est assez mauvaise, comme celle de la plupart des femmes mauresques. Elle n'est atteinte d'aucune maladie déterminée : son état consiste dans une débilité générale due à la vie sédentaire et recluse à laquelle les mœurs du pays la condamnent. L'usage constant du couscoussou et de l'eau claire l'a amenée à un état d'embonpoint excessif, fort recherché d'ailleurs par les dames musulmanes, qui le considèrent comme la première condition de la véritable beauté. Un genre de vie si contraire à la nature exerce une influence funeste sur le tempérament des Mauresques. Aussi n'arrivent-elles que rarement à un âge très-avancé ; beaucoup sont stériles ; la plupart n'ont que deux enfants. Les remèdes dont l'emploi est principalement recommandé par le médecin de la légation, pour les indispositions ordinaires de ces dames, sont l'émétique et le sulfate de magnésie.

Les Mauresques ont généralement des couches laborieuses, mais heureuses. Elles ont recours, dans ces circonstances, à des sages-femmes [Quahila) dont l'expérience consommée suffit à vaincre les cas les plus difficiles.

Les enfants sont presque tous beaux, bien faits, et d'un tempérament vigoureux. En grandissant, les garçons se maintiennent dans ces heureuses conditions; les filles, au contraire, s'étiolent, et, vers l'âge de 15 ans, elles subissent le sort de leur mère.

RANG DE LA FAMILLE

Le maître, avant son mariage, n'avait rien qui le distinguât des autres ouvriers musulmans. Ses moyens d'existence étaient variés, mais fort précaires. Il se maria à son retour d'Espagne, d'où il revint avec des talents qui l'aidèrent bientôt à s'élever au premier rang dans la ville de Tanger. Sa position n'a cessé de s'agrandir. Il partage aujourd'hui, avec un ébéniste espagnol

attaché au consulat général d'Espagne, le monopole des travaux de belle menuiserie et d'ébénisterie. Son habileté est peut-être inférieure à celle de son confrère d'Espagne; mais celui-ci a contracté en Europe des habitudes qui le forcent à être assez exigeant pour le prix de ses travaux. Grâce à cette circonstance, le maître musulman, qui travaille à des prix moins élevés, conserve la plus belle et la plus nombreuse clientèle. Le salaire des ouvriers qu'il emploie, quoique supérieur à celui qu'ils recevraient chez d'autres patrons, n'est pas en proportion avec ses bénéfices personnels, qui sont considérables.

Dans les idées de la race, l'exercice d'une profession manuelle est compatible avec la noblesse : aucun préjugé ne s'oppose donc à ce que le maître soit considéré par les musulmans de Tanger comme un des membres distingués de la classe supérieure.

Moyens d'ex^Sstence de Ifi fdviille,

PROPRIÉTÉS

(Mobilier et vêtements non compris.)

; Immeubles 14,000^00

Maison de campagne et jardin, 6,000^; — verger, 3,500^; — vignes, 1,500^

Argent 10,000^00

Partie de cotte somme en coffre-fort, 2,000^ (le reste entre les mains de juifs de Gibraltar, qui le font valoir à raison de 10 p. 100 d'intérêt).

Matériel spécial des travaux et industries. . 3,402^ 66

1° Matières premières. —Poutres et planches de sapin, 1,000^;— poutres et planches de bois d'arar, 2,000^. — Total, S.OOOf.

2° OuHls de charpentier et de menuisier ébéniste. — 3 établis avec étaux, 150^ ; — 6 haches de diverses grandeurs, 20^; — 12 rabots, varlopes, rabots à moulures, 50';

— 6 valets en fer, 18'; — maillets, 5'; — 4 marteaux, 8', — .4 tenailles, 12'; — grande scie à refendre, 25' ; — 6 scies grandes et petites, 30' ; — 4 compas en for, 5';

— 12 gouges, 15'; — 6 ciseaux à froid, 10'; — équerre, mètre, fil à plomb, 5'. — Total, 353'.

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIOES. . 40S

3° Matériel pour le blanchissage. — Uno augo et sa planchetto, 15'; — battoir et brosse de chiendent, 1^66. — Total, ICCG.

4° Om(j75 de jardinage. — 4 boches, 8'; — 2 arrosoirs, 6'; — 2 pioches, 8'; — . 2 boyaux, 6^ ; — couteaux et menus outils, 5'. — Total, 33^

Négresse esclave : il convient d'ajouter à la liste des propriétés la négresse esclave qui sert la famille, et dont la valeur commerciale est représentée par 300^ 00

Valeur totale des propriétés 24,702^66

Si l'on considère que les denrées alimentaires sont, en moyenne, trois fois moins chères au Maroc qu'en France, et que les besoins des familles indigènes sont incomparablement plus restreints, on comprendra comment le maître dont il s'agit est estimé riche par ses concitoyens.

subventions.

Quelques cadeaux, que reçoit la famille, peuvent seuls être considérés comme subvention. 11 est assez difficile de déterminer la valeur de ces cadeaux, qui consistent en fichus de soie, petits bijoux, ou pièces d'étoffes communes, offerts à la femme par les amis de la famille. La valeur des cadeaux en étoffes a été inscrite au budget pour une somme de 11^50 ; quant aux bijoux, on peut en fixer la valeur annuelle à 40^

TRAVAUX ET INDUSTRIES

Travaux de l'ouvrier. — Tout le travail est exécuté au compte de différents particuliers. Chaque pièce se fait moyennant un prix débattu et qui varie, pour les mêmes objets, suivant la cherté de la matière première et la fortune du client. Le maître estime lui-même ses bénéfices nets à une somme annuelle qui varie entre i,500f et 2,000^

406 cil. IX. — MENUISIER-CIlARPENTIEn DE TANGER.

On peut considérer comme des travaux secondaires du maître les soins qu'il donne à ses jardins. Un jardinier riffain a la garde et l'exploitation de ces jardins, dont les produits se composent de fruits, légumes et raisin. Quelques-uns de ces produits sont vendus au marché de la ville ; une grande partie est consommée par la famille, ou offerte en cadeaux. Le maître se propose, lorsqu'il abandonnera les travaux de sa profession, de donner à la culture de sa terre assez de développement pour en faire son principal moyen d'existence. Dans l'état actuel, elle n'est point pour lui une propriété de rapport : elle n'est, à vrai dire, qu'un moyen favori de récréation.

Travaux de la femme. — La femme soigne son enfant, surveille les apprêts de la cuisine et les travaux intérieurs, qui consistent à maintenir dans la maison une grande propreté, au moyen de fréquentes lessives et du lavage quotidien du carreau des chambres et de la cour intérieure. L'absence de mobilier la dispense de tout le détail d'entretien qui occupe les femmes de nos ouvriers. Elle passe une grande partie de son temps ac-^ croupie sur une natte et dans un état d'oisiveté complète.

Travaux de la négresse. — Elle est chargée de tous les travaux domestiques : elle prépare tous les deux jours le couscoussou, pétrit le pain chaque jour, fait la lessive, blanchit fréquemment les murailles à la chaux vive, et s'occupe à quelques travaux de couture ayant pour objet l'entretien des vêtements les plus communs.

Travaux de l'enfant. — L'enfant ne s'adonne à aucun travail lucratif; il passe chaque jour huit heures à l'école, oii toutes ses études se bornent à répéter, avec une cinquantaine d'autres enfants, un seul verset du Koran, jusqu'à ce que le maître (Thalib), jugeant que ce verset est suffisamment gravé dans la mémoire de ses élèves, veuille bien en faire répéter un autre.

mode d'existence de la ffaBiiille.

ALIMENTS ET REPAS

La famille fait trois repas par jour : celui du matin, ou premier déjeuner, consiste en quelques tasses de lait, pur ou mélangé de café, et prises avec du pain ou des dattes. Vers onze heures, un second déjeuner estservi; il est plus substantiel que le précédent et consiste en un plat de couscoussou au lait, fortement sucré et épicé de cannelle, de poivre {Filfil) , de fleur d'oranger et d'autres aromates. Quelques fruits de la saison servent de dessert. En été, le couscoussou est souvent remplacé par différents légumes accommodés en salade. La famille consomme aussi une certaine quantité de miel et de conserves, dont l'usage est très-répandu à Tanger dans les maisons riches.

Le soir, vers six heures, a lieu le principal repas. On sert un énorme plat de couscoussou cuit à la vapeur et préparé au bouillon gras. On y mêle ordinairement, soit quelques morceaux de mouton, soit une poule, soit deux ou trois pigeons ou perdreaux. Les musulmans, comme les juifs, s'abstiennent de manger du gibier, car la loi leur prescrit de se nourrir seulement d'animaux saignés. Le couscoussou est quelquefois remplacé par des poulets rissolés dans des flots d'huile, ou par des poissons .apprêtés de la même manière. La famille boit de l'eau et du thé à tous les repas. L'usage du café n'est que fort peu répandu au Maroc, et celui du thé a prévalu, grâce à l'importation anglaise de cette denrée économique. Les Marocains prennent cette boisson très-sucrée et mélangée de menthe. Le maître, persuadé que le vin de France est pour lui un fortifiant indispensable, fait secrètement un usage modéré de cette boisson défendue par la loi.

L'ouvrier dîne seul et à part, l'usage du pays ne permettant

pas aux femmes de manger avec leur mari. L'enfant mange indifféremment avec son père ou avec sa mère.

L'usage des tables, des sièges, des assiettes et de tous les accessoires d'un repas européen, est complètement inconnu de la plupart des musulmans. Les convives sont accroupis sur une natte, et les mets sont servis dans de grands plats de terre cuite; chacun y plonge les doigts et en tire le morceau qui lui convient. Le couscoussou se prend de la même façon : chacun le mange dans le creux de la' main. L'ablution qui suit le repas remplace l'usage de la serviette.

Le vendredi {loum-el-diumaa) , ou les jours de fête, la négresse confectionne avec sa maîtresse différents petits gâteaux [Haluiyatt) ; les principaux ingrédients sont : la farine de froment, le couscoussou, le beurre, le miel, le sucre, les amandes et la fleur d'oranger.

Le jeûne du Rhamadmi est strictement observé par toute la famille. A cette époque, aucun musulman ne doit ni boire, ni manger, ni fumer, ni aspirer la fumée d'aucun mets, ni même celle du tabac depuis l'aurore jusqu'au coucher du soleil. Chaque soir un coup de canon, parti de la Kasaba (citadelle) , donne le signal de la rupture du jeûne. Ce signal est ardemment épié. On voit, dans les rues, les hommes accroupis devant les maisons, la pipe bourrée et l'allumette à la main. Au coup de canon, les allumettes s'enflamment, toutes les bouches aspirent à la fois et envoient des bouffées vers le ciel.

Ce jeûne rigoureux, prolongé pendant tout un mois, est d'autant plus préjudiciable à la santé publique, que les musulmans passent la nuit presque entière à se gorger ; aussi le Rhamadan est-il toujours suivi de nombreux cas de fièvre et de dyssenterie.

HABITATION, MOBILIER ET VÊTEMENTS

La maison habitée par la famille est située au centre de la ville, a proximité des maisons consulaires. Elles est composée

de quatre grandes pièces ouvrant sur une petite cour intérieure d'environ 10 mètres carrés. Ces pièces sont longues, étroites, et ne prennent jour que par les portes à deux battants qui y donnent accès. Le maître occupe la plus belle de ces pièces; la mère et l'enfant habitent la seconde; la troisième est abandonnée à la négresse, et la dernière sert de magasin à toute la famille. La cuisine se fait au milieu de la cour.

L'absence de fenêtres, et la disposition des quatre pièces au rez-de-chaussée, entretiennent dans la maison une fraîcheur souvent excessive. La plupart des maisons mauresques sont assez humides pour exercer une pernicieuse influence sur la santé des femmes qui y vivent retirées. Les terrasses sont mal bâties. Dans la saison des pluies, l'eau suinte toujours par en haut, le long des murailles.

Le maître paie, par trimestre, un loyer annuel de ÛOO fr.; mais dans ce prix il faut comprendre la location d'une masure attenante à la maison et qui sert d'atelier et de magasin.

Le mobilier consiste uniquement dans les objets suivants :

Meubles : tenus dans les meilleures conditions du comfort et entretenus avec soin 1,540^ 00

1° Lits. — C matelas en laine du pays, 30(K00; — 2 tapis de Rabatt (ville du Maroc), 120^00; — G couvertures de laine de Tunis, 400^00 ; — 6 couvertures do laine du pays, tissu grossier, 60*^00; — 12 coussins en cuir maroquin ou en drap fin, GO'^00; — 6 draps de coton, 70'^ 00; — rideaux d'indienne à grandes fleurs, 40*^00 ; — 3 grandes nattes tricolores de Tétuan (ville du Maroc), SO'^OO; — 2 nattes communes, 10^00. — Total, 1,140^00.

2° Mobilier de la chambre de l'ouvrier. — 2 grands coffres peints et sculptés à la mode mauresque, 100^00; — 6 chaises de bois peintes en vert, à l'usage des visiteurs européens, 30^00. —Total, 130^00.

3° Mobilier de la chambre de la femme. — 2 grands coffres peints et sculptés à la mode mauresque, 100^00; — 2 tabourets de Tétuan, 20^00; — 6 miroirs de Cadix,

Linge de ménage 60' 00

Différentes piècs de toile et de coton servant aux ablutions et à la cuisine.

Ustensiles : articles de cuisine et objets affectés à des usages divers; tous en très-bon état et entretenus avec propreté iï& 00

lo Employés pour la préparation des aliments, — 1 paire de pincettes, 2^00 ; —

4 réchauds en terre cuite, 1^00; — 12 plats en terre cuite de diverses grandeurs, 4^00; — 10 tasses en terre, 2^00; — grande jarre de Tétuan servant de fontaine, 20^00; — autre jarre de Tétuan, 10^00; — 20 cruches et gargoulettes, 8^00; — quelques pièces de porcelaine, 20^^00; — 1 théière avec service à thé de Gibraltar, 30^00,

— Total, 97'' 00.

2o Employés pour les soins de propreté. — Balais de jonc, éventails, chassemouches, 4^00; — 4 brùle-parfums, 2^00; — 3 fioles à essence en cristal, 6^00. — Total, 12^00.

3° Usages divers. — 2 fanaux, 6^00; — 6 flambeaux en verre, 3^00. — Total, 9^00.

VÊTEMENTS : les vêtements de la famille, même en temps ordinaire, sont ceux de la classe aisée; les vêtements de fête sont rarement renouvelés; lorsqu'ils sont flétris, ils passent, avec quelques modifications, à l'usage journalier; la plupart des bijoux se transmettent par voie d'héritage et servent ainsi à plusieurs générations. 10,838^ 00

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