CII. 1. — BACIIKIRS PASTEURS DEMl-NOMADI'S DE L OURAL
DISPENSES
Boisd'œuvre et de construction {.})•
Paille pour la couverture dos étables, écuries, fenils, etc •"*. (l).
Travail des hommes 24 Journ. à o' 457. . . (14, S"" m)
— des femmes 2 0 400. .. (14, S»» m)'
— des chevaux et juments 2J5à0t343 (n)'
Achats de clous, fer et autres objets; salaires payés au forgeron, etc
Totaux comme ci-dessus.
VALF.IUS
en
en
na'.ure
argent
If -76
llf31
N. — RÉSUMÉ DES JOURNÉES DE TRAVAIL FOURNIES PAR LES CHEVAUX ET LES JUMENTS.
Pour l'exploitation des animaux domestiques et des prairies (a).
Pour la garde d'une propriété mise sous séquestre ... (b) .
Culture du champ à chanvre et à lin (c).
— du jardin potager (d).
Exploitation, transport et préparation des bois de la forêt communale (j) .
Chasse, pêche et cueillette sur les propriétés communales (k).
Travaux relatifs à l'allocation de céréales faite par un gendre (l).
Travaux et frais relatifs à l'entretien des bâtiments, de la tente et des mobiliers (m) .
Travaux relatifs aux journées d'Heummin (11) (o).
Promenades des hommes (15, S"" v).
Totaux et moyennes 30-2
liOUBRE
FltlX
VALEin
TOTALE
de journées.
de la journée
en nature
en nrgent
Of-57
O. — Travaux et recettes relatifs aux journées u'IIeummix.
RECETTES
Valeur à attribuer a repas pris à titre do rétribution
DEPENSES
Travail du chef do famille 2 journ. àO^Sâô... (14, S"» m).
— du frère cadet 2 0 856. . . (14, S»" m).
— des chevaux et jumenls 4 0 815 (n).
Total comme ci-dessus
VALKL'IIS
en
on
nature
arg .'Ht
PARTICULARITÉS REMARQUABLES; APPRÉCIATIONS GÉNÉRALES; CONCLUSIONS
SUR LA CONSTITUTION PHYSIQUE DES STEPPES HABITEES PAR LES NOMADES SOUMIS A LA RUSSIE.
On nomme Steppes les vastes plaines qui constituent la majeure partie de la Russie méridionale, de l'Asie orientale et de l'Asie centrale; ces dernières forment, depuis un temps immémorial, la patrie des peuples nomades. Les cours d'eau y sont rares, presque toujours encaissés au fond de ravins étroits; le sol et le climat ne comportent guère la croissance des arbres; ces régions sont exposées sans défense aux agents météorologiques et sont difficilement habitables durant les sécheresses de l'été et les froids de l'hiver. Les nomades qui les parcourent incessamment doivent donc momentanément se retirer dans quelques districts mieux abrités que les autres, et surtout près des montagnes qui y confinent çà et là. En revanche, il s'y développe au printemps une luxuriante végétation de plantes herbacées appartenant aux genres poa^ phleum, bromus, slipa, holcus, festuca, avena, veronica, salvia, lepidium, trifoUum, melilolus, medicago, vicia, ervum, aslragalus^ etc. Au mois de juin, lorsque le vent agite ces grandes herbes, où les chevaux, les bœufs, les chameaux eux-mêmes sont à demi plongés, la steppe ressemble à un océan de fleurs et de verdure. Celte comparaison, qui se trouve depuis des siècles dans la poésie de ces peuples, se présente tout d'abord à la pensée du voyageur. La vue des steppes asiatiques en cette saison est un des plus grands spectacles naturels dont il soit donné à l'homme de jouir.
30 en. I. — BACIIEIRS PASTEURS DEMI-NOMADES DE L'oURAL.
SUR LES NOMADES ET LES AUTRES PEUPLES MUSULMANS DE LA RUSSIE ORIENTALE.
Les vastes steppes qui s'étendent en Asie le long de la frontière sud-est de l'Europe, et au sud des colonies agricoles de la Sibérie, sont habitées par des Kirghiz, musulmans nomades, organisés en trois provinces ou hordes soumises au protectorat de la Russie, et qui, sous ce rapport, ne sont point complètement étrangers aux mœurs et aux idées européennes.
Le territoire de la petite horde longe la rive orientale de la Caspienne et du fleuve Oural, et dessine exactement de ce côté la limite de l'Europe. Il se compose essentiellement de steppes propres à l'élevage des chevaux et des moutons, subdivisées, conformément à d'anciens usages, entre les diverses tribus de la horde, par de longues zones orientées pour la plupart du nord au sud. Les familles de chaque tribu exercent, à titre indivis, dans la zone qui leur est attribuée, le droit de pâturage ; elles s'y transportent pour assurer la subsistance de leurs troupeaux, suivant un ordre fixé parle climat, les saisons, le développement des herbes, le régime des eaux, etc. Quelques-unes, indépendamment des bestiaux qu'elles possèdent en propre, exploitent, moyennant une redevance en nature, des bestiaux qui leur sont confiés par les propriétaires. Les membres de chaque famille vivent eux-mêmes dans un régime de propriété indivise, sous l'autorité absolue du père. Les seuls travaux à accomplir dans cet état de société, savoir, les soins donnés aux animaux , la préparation de la nourriture et la confection des vêlements , sont exécutés par les femmes. Les aliments, ainsi que les objets dé mobilier et de vêtement, sont fournis presque exclusivement par les troupeaux. Avec l'excédant des produits fournis par ces derniers, la famille se procure par voie d'échange, à proximité de Tune des villes de la frontière russe (Orenbourg, Troïtzk , etc. ), la provision de céréales et quelques ustensiles domestiques. Gha-
que famille acquitte, par l'allocation d'un mouton, l'impôt annuel dû à la Russie. Ces usages sont maintenus par la tradition et, au besoin, par les prescriptions du Gouvernement russe. Cependant quelques familles, sans renoncer positivement à la vie nomade, commencent à semer des céréales dans la région contiguë à l'Oural, au détriment du commerce établi sur cette frontière entre les Kirghiz et les cultivateurs russes.
Les contrées qui s'étendent, en Europe même, de la steppe des Kirghiz au Wolga, entre les parallèles de Samara et de Kasan, sont occupées par des musulmans qui paraissent appartenir à la même race que les Kirghiz dont il vient d'être question. Mais la vie sociale s'y présente avec des caractères différents. En premier lieu, on y rencontre çà et là de grands établissements russes ayant pour objets l'agriculture et l'industrie métallurgique. C'est dans ces conditions, par exemple, que se trouvent l'exploitation agricole décrite ci-après dans le chapitre II, et les usines qui fondent les minerais de cuivre d'Orenbourg et les minerais de fer à acier du Boulan. En second lieu, les musulmans, qui forment le fond de la population, se distinguent aujourd'hui trèsnettement des Kirghiz : on y remarque deux types principaux.
Les musulmans, qui demeurent près du Wolga et qui ont adopté les habitudes sédentaires de l'agriculture et du commerce urbain, sont connus sous le nom de Tatars ; ceux plus rapprochés de la steppe asiatique, qui, pendant la saison d'été, restent livrés à la vie nomade, sont généralement distingués sous le nom de Bachkirs. Le pays qu'habitent ces derniers comprend les deux versants du massif méridional des monts Curais et forme l'extrémité sud-est de l'Europe. Par sa fertilité et par son aspect pittoresque, il se place au rang des contrées les plus renommées. Les caractères résultant de la constitution topographique et des mœurs de la population dominante sont si tranchés, que la société d'Orenbourg a donné à cette région de plaisance, dans le dialecte français qu'elle emploie habituellement, le nom de Bachkirie.
La famille décrite dans la présente monographie appartient à cette contrée et à cette race de demi-nomades.
3% en. I. — UACHKIRS PASTEURS DEMI-NOMADES DE l'OURAL.
Dans cette même partie de la Russie, et dans les steppes méridionales de la Caspienne, du Don et de la mer d'Azof, on rencontre souvent des familles d'artisans nomades, appartenant, pour la plupart, à la race des Tsiganes. Ceux-ci exercent, outre plusieurs commerces clandestins, les professions de forgeron et de vétérinaire.
SUR LA CONSTRUCTION ET l' AMEUBLEMENT DES TENTES HABITÉES PAR LES BACUKIRS.
La fente habitée par la familie pendant la vie nomade de l'été a la forme d'un tronc de cône à base circulaire, surmonté d'une calotte sphérique. Elle a 3'", 50 de diamètre et 2'", 60 de hauteur. La charpente se forme d'un léger treillage en brins de bouleau ayant 2 ou 3 centimètres de diamètre, assemblés au moyen de bandelettes de cuir. Elle est couverte par deux enveloppes : l'une intérieure en écorce de bouleau, l'autre extérieure, formée de forte toile de chanvre ou de feutre en poil de mouton. Au centre, sur le sol, se trouve un foyer entouré de quelques pierres, dont la fumée, s'élevant lentement, s'échappe par les interstices de l'enveloppe. Sur le pourtour, sont établis, de part et d'autre de la porte unique de la tente, les vases et les ustensiles en bois et en cuir destinés à la préparation et à la conservation du beurre, de la crème, du lait, du Khoumouis, de l'Airhan, etc. Sur le sol, du côté opposé à la porte, sont déposés les coussins, les nattes et les tapis, sur lesquels se tiennent, pendant la majeure partie de la journée, tous les membres de la famille.
Les tentes des Bachkirs de Mochmet, au moment où les auteurs les ont visitées, le 7 septembre 1853, étaient disposées, au nombre de quatorze, en ligne droite, et séparées l'une de l'autre par un intervalle moyen de 2'", 50. Une clôture en bois, longeant à la même distance la ligne des tentes, défendait celle-ci contre l'approche des animaux; dans l'intérieur de ce même espace se trouvaient, près de chaque tente, de petites fromageries porta-
FAITS IMPOnTANTS d'oRGANISATION SOCIALE. 39
tives, composées d'une aire de l'",60 de côté, portée à i'",/|.0 audessus du sol, au moyen de quatre montants en bois, et couvertes avec des plaques d'écorce de bouleau. Ce petit camp était établi de la manière la plus pittoresque, au milieu de magnifiques prairies de montagnes, parsemées de bouquets de bouleaux et d'arbres résineux, parmi lesquels abondaient les pins sylvestres, les épicéas et les mélèzes.
SUR l'organisation de l'administration et du culte