‹ Les ouvriers européensChapitre 41 sur 196 · DÉPENSES ACCIDENTELLES · texte numérisé non relu

DÉPENSES ACCIDENTELLES

Frais pour une fête de nom d'un nouveau-né : don du père au Mouliah, (K 29 ; — don de la mère au Mouliah : un mouchoir acheté au bazar, 0^51. — Total, 0^80.

Frais pour un mariage: Don des 2 pères de famille, 4"^ 00.

Frais pour une inhumation : Achat du linceul, 4' 00; — rétribution du fossoyeur, 1^14; — offrande au Mouliah, 2' 00.

En tenant compte du nombre moyen de cérémonies ayant lieu dans la durée d'une génération, on trouve approximativement pour dépense annuelle :

Pour les fêtes de nom 0 23 1

Pour les mariages 1 20 \ 2 52

Pour les inhumations 1 07 I

Total des dépenses annuelles relatives au culte. ... 15 25

42 cil. I. — DACIIKIRS PASTEURS DKMI-NOMADES DE l'oURAL.

sun l'institution du mariage chez les baciikjrs.

La première condition du mariage est que le futur paye aux parents de la jeune tille une dot, nommée Kolime, qui reste la propriété de ces derniers. Les hommes se déterminent dans leur choix en tenant compte de la situation sociale des familles et des rapports qui leur sont faits par de vieilles femmes ayant eu occasion de voir la jeune fille. Le Kolime augmente en raison de l'aisance des familles, des perfections physiques de la fiancée, des imperfections et de l'âge du mari, du nombre de femmes qu'il possède déjà, etc. Le. contrat est signé devant le Moullah, assisté de six témoins ; le futur paye immédiatement un premier à-compte sur le Kolime, mais le mariage n'est célébré définitivement et la femme n'est remise à Tépoux qu'après le payement intégral, qui exige ordinairement un délai de trois ou quatre ans. Il est permis au mari de se dédire et d'exiger la restitution du Kolime, lorsque la femme lui est montrée. Les parents remettent à la jeune femme quelques animaux domestiques, des vêtements et des meubles ; il est de rigueur que celle-ci apporte au moins dans le ménage les rideaux de son lit.

Le chef de famille décrit au présent tableau a été marié deux fois. Lors du premier mariage, il a payé, à titre de Kolime, deux juments, un cheval et une somme de 57 francs ; devenu veuf, il a dû payer, onze ans plus tard, lors du second mariage, trois juments, trois chevaux, deux vaches, quatre moutons et 570 francs.

Nonobstant ses formes spéciales, cette coutume a été- établie, au fond, dans le même esprit qui a inspiré celles de l'Occident; elles tendent toutes à plier l'homme aux habitudes d'épargne et de prévoyance, par l'attrait qui le porte vers l'acte le plus important de la vie sociale.

T^s mœurs établies interdisent sévèrement le mariage entre des jeunes gens appartenant au même village.

FAITS IMPORTANTS d'oRGANISATION SOCIALE. 43

L'accord a lieu ordinairement quand les filles sont déjà âgées de 16 ans ; le mariage s'accomplit quand elles sont âgées de 19 à 20 ans. Le futur est alors âgé lui-même de 25 à 30 : ce dernier est rarement en mesure, avant cet âge, de compléter le payement du Kolime. Cette institution prévient donc naturellement les fâcheuses conséquences des mariages prématurés.

SUR l'autorité du chef de famille (khoja).

La situation de chef de maison a, dans la situation sociale des peuples orientaux, une importance qui peut être difficilement appréciée aujourd'hui des peuples de l'Occident. Ce chef exerce une autorité absolue sur tous les ménages partiels réunis dans la même maison ; il distribue les travaux, fait les achats et les ventes, et dispose du fonds commun. II règle avant sa mort le choix de son successeur et les conditions du partage qui peut survenir dans la communauté. La situation de Khoja correspond à celle de Starchi dans les familles russes.

sur l'autorité que les femmes baciikires peuvent acquérir dans la famille.

L'anecdote suivante vient à l'appui de l'observation présentée à ce sujet dans le § 3. Les études dont il est rendu compte dans la présente monographie nous ont obligé d'absorber pendant trois jours le temps du chef de famille.. Sa femme, impatientée à la fin des longueurs de notre enquête, l'apostropha devant nous en termes très-vifs et lui représenta que sa paresse était impardonnable, à une époque où les bras de la famille ne

44 cil. I. — BACHKIRS PASTEURS DEMI-NOMADES DE l'OURAL.

pouvaient suGTire à la récolte des foins. Malgré notre présence et celle des enfants, le mari reçut cette observation avec déférence; il prit soin de calmer sa femme, en lui expliquant que notre générosité indemnisait largement la famille de cette perte de temps.

SUR l'impôt payé par les bacukirs.

L'impôt attribué principalement à l'entretien des Cosaques de la frontière se compose , selon les localités, de recrues, de chevaux ou d'argent. A Mochmet, l'impôt est exclusivement payé en argent, deux fois par année, en raison du nombre des personnes mâles faisant partie de la famille, selon les indications du dernier recensement. On paye par personne mâle, au printemps, 0^55 ; en automne, 2^ 35. La famille comprenant trois personnes mâles paye annuellement 8^69.

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