X CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU LORIKNT
état de bien-être, parce qu'ils y voient la condition naturelle d'une société ; mais ils témoignent assez de ce bien-être, car, en toutes circonstances, ils montrent une aversion insurmontable contre le changement. L'attachement au régime établi a été observé chez toutes les familles décrites dans le présent volume. Les foyers domestiques et les ateliers de travail, qui sont les principaux objets de cette description, assurent depuis un temps immémorial à tous leurs membres les bienfaits de l'harmonie et de la stabilité.
Les Occidentaux ne sont même pas complètement fondés à s'enorgueillir du zèle scientifique qui les porte à découvrir une foule de faits utiles par l'observation du monde matériel et l'étude comparée des peuples. Peu à peu celte vérité prit corps dans mon esprit à l'époque où j'abandonnais périodiquement les joies du foyer et où j'affrontais mille fatigues pour chercher aux confins de l'Asie les leçons de paix sociale que je ne trouvais pas dans mon propre pays. Je pus comparer la saine pratique de mes nouveaux maîtres avec le mauvais exemple des lettrés qui avaient égaré mes condisciples. J'entrevis la supériorité réelle des races chez lesquelles chaque père de famille croit que son principal devoir est d'inculquer aux générations successives do ses descendants le respect de Dieu, la soumission au Décalogue, et l'obéissance aux coutumes qui ont fait le bonheur des ancêtres. Je compris enfin que, sous ce régime patriarcal, les vrais dépositaires de la science sociale sont les autorités qui, sans autre force que leur ascendant personnel, maintiennent la paix et la stabilité dans les foyers et les ateliers de leur voisinage. Je croirais être utile à l'Occident, si l'évidence des faits exposés dans ce volume modifiait, sur un point aussi essentiel, les idées préconçues de mes lecteurs.