‹ Les ouvriers, ou, Les bons enfantsChapitre 14 sur 28 · LES MÊMES, MADAME DURU, AUDAME GACHET, MADAME MARTIN · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MADAME DURU, AUDAME GACHET, MADAME MARTIN

MADAME DURU

Tenez, tenez, les v'ia. Quand je vous disais que nous les trouverions plutôt au cabaret qu'au bâtiment.

CACHET

Ah ! v'iii nos femmes.

PARISIEN, allant au-devant d'elles d'un air galant.

Mesdames, votre serviteur.

MADAME MARTIN, avec un accent provcnjal.

Eh donc '. monsieur Martin, je t'y prends encore, gros fainéant,'

MADAME CACHET, gracieusement.

Ah ! monsieur Gachet, un homme de votre :>?<•■.. Bonjour, monsieur Parisien.

DURL', se fâchant, et partant Je loin.

Voyons, quoi que tu viens faire ici? faut-il que je t'aie toujours sur mes talons ?

MADAME DURU, d'un ton sec.

Ne fais donc pas le méchant, parce que t'es devant les autres.

DDRU.

Il ne s'agit pas de ça, tu n'as que faire ici ; on est en affaires ; fais-moi le plaisir d'aller à la maison voir si j'y suis.

MADAME DURU

Viens ici, qu'on te parle.

DURU, approchant.

Quoi que tu veux?

MADAME DURL,

Baisse-toi, qu'on te dit.

DURU, se baissant.

Eh bien ! quoi ?

MADAME nURU, lui donnant un soulTIfl,

C'est ça!

( Tout le monde rit.) P.AR1SIEN, riant.

II fallait donc me dire ça, je vous aurais apporté une chaise.

MADAME DURU, le menaçant.

Vous, ça ne vous ne regarde pas, c'e^t des affaires de ménage,

CACHET, à Martin.

C'est vrai, puisqu'il est garçon.

MARTIN

Ah ! çà, voyons, fin finale, qui vous amène ici ?

MADAME MARTIN

C'est madame Gachet qui m'a dit ce matin : «Je vas porter la petite cantine ii mon mari. — Eh bien ! que je lui dis, voisine, j'irai avec vous, que je ne connais pas les abattoirs, et que je serais bien aise de les voir. "

CACHET

Ma bonne femme, je suis fàché que tu sois venue aujourd'hui; je dîne avec mes amis.

MADAME GACHET

C'est ça, amusez-vous en.semble, et laissez là vos femmes,

MADAME MARTIN

Le mien n'en fait pas d'autres I

MADAME DURU

C'est de votre faute; tous les dimanches, le mien me mène chez Desnoyers; il marche devant et il porte le petit, encore.

DURU, bas à sa femme.

C'est bon, c'est bon; je porte ce que je veux, ça ne regarde personne.

MADAME DURU

Et s'il yen avait deux, tu les porterais tout d'mèine.

MAIIAME CACHET, avec Jnucour.

Voilà comme vous êtes, monsieur Cachet, un excellent homme, mais vous n'avez pas d'économie... Deu\ pièces de cent sous vont vite chez un restaurateur.

MADAME MARTIN

Qu'est-ce que ça leur fait, à ces hommes ! Ils ne sont pas regardants pour eux ; mais quand il •s'agit d'une robe ou d'une coHerette pour leurs femmes, c'est alors qu'ils y regardent.

MADAME DURD.

Faites comme moi, tenez votre mari de près ; je ne le quitte pas. . . U ne s'amuse pas tous les jours, allez.

MADAME GACBET.

Le mien est assez raisonnable, s'il ne se laissait pas entraîner.

( Les hommes retournent à lablo.) PARISIEN, à Uuru.

Dites donc, est-ce vrai ce qu'elle dit, votre femme ?

DDRD.

Allons, laisse-moi tranquille.

MADAME MARTIN

Ah ! çà, aurez- vous bientôt Dni de boire, aujourd'hui 7

MARTIN

Fini?... ça n'est pas commencé.

MADAME MARTIN

U paraît que les v'ià en ribote pour toute la journée I

MADAME CACHET

En ribote 7 J'emmène le mien.

( Elle le prend par le bras.)

CACHET, prenant sa femme à part.

Écoute, viens que je t'explique... Une suppo- .sition que ce serait une partie de plaisir, t'aurais raison; mais dès l'instant que c'est un piquenique, un repas pour affaires, tu ne peux pas en être.

MADAME DURU, se fâchant.

Ne souffrez pas ça, ne vous laissez pas endormir. Duru, tu vas me suivre!

MADAME MARTIN

Martin, en avant!

MARTIN, 0 Cachot et à Uuru qui allaient sortir.

Eh bien I ous que vous allez ? Dès l'instant qu'elles ne veulent pas entendre raison, c'est as- .scz causer comme ça. (nui femmes.) C'est une fois dit pour toutes : vous ne pouvez pas être du repas qui se donne ici, c'est une affaire entre zhommes, entre gens de l'étiit, c'est clair; ainsi tâchons de nous taire et d'aller tremper la soupe aux mioches.

TOUS

C'est ça, c'est ça.

( I.e« femme» sorleni en lioufonnanl. )

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