SCÈNE XI
PARISIEN, MARTIN, CACHET, DURU. Ils se'remettent à table et boivent.
PARISIEN
Vous avez eu tort de renvoyer les femmes... Ah ! çà, voyons, pour qui donc c'te coUèque?
MARTIN
Tu ne le sais pas, peut-être ? C'est pour ce petit rierre Bidot le charpentier, qui s'a blessé il y a deux mois.
PARISIEN, étonné.
Pour Pierre Bidot ?
MARTIN
Pourquoi pas ?
PARISIEN, à Dnni.
Eh bien ! je te remercie de m'avoir fait apporter mon argent pour un homme qu'est mon ennemi.
Quoi, ton ennemi ? qu'eu mal qu'y t'a fait ?
PARISIEN, avec humeur.
Il m'a fait qu'il veut se marier avec la petite Madclaine, la fille d'ici, que je recherche. Suffit, j'ai des idées, je sais ce que je dis.
MARTIN, se fâchant
Qu'est-ce que t'as donc ? L'on te répondra.
PARISIEN, s'alignant, comme pour se battre.
Laisse donc I t'as beau clr' gros, ça ne fait rien.
DCRD.
Si tu n'es pas content, on te rendra ton argent.
PARISIEN
J'en veux pas de mon argent. II suffit que Bidot soit mon ennemi, pour que je veux qu'il m'aie une obligation.
MARTIN
Non; puisque c'est comme ça, tiens la vl'à, ton argent ; elle ne tient à rien, on ne force personne.
PARISIEN
Qu'est-ce qui ditqu'on me force? Je n'en veux pas, et mieux que ça ; c'est que je veux mettre le double. ( tirant deni autres pièces de cinq francs.) Le Parisien a toujours de l'argent.
CACHET
Du tout, c'est taxé... faut pas qu'on mette plus qu'un autre, ça humilierait.
C'est bon... non... il voira, je ne dis que ça.
CACHET
Ah ! çà, vas-tu faire une scène?
(Martin met les quinze francs dans la tirelire.) PARISIEN.
Non, je le respecte aujourd'hui, mais demain, j'ai mon idée.