CHŒUR
Aii\ (le Ileimud U'Aai.
Bravo! c'est ça; J'n' perds pas la Irémontane.
Ah ! ç'Iuron-là !
La bel organe Qu'il a 1
PIERRE, tenant la tirelire.
Y pensez-vous! j'accepterais, par exemple! (avec sensibilité.) Non, je ne m'attendais pas à un affront comme celui-là. Je ne croyais pas que ça serait des amis qui me feraient une chose pareille ; je ne l'ai pas mérité !
PARISIEN
Ou'est- ce qu'il dit donc ? Esl-ll bètcT PIERRE, essuyant ses yeui.
t'est un mauvais trait ; je suis sûr que c'est le Parisien qui vous a donné cette idée, parce qu'il m'en veut.
PARISIEN
Moi, je l'en veux ! Pourquoi que je l'en voudrais 7 est-ce que je te trains ?
t'IËHHE.
Mais je ue te crains pas non plus.
PARISIEN
Est-ce que je ne te vaux pas?
PIERRE
Mais je crois que je te vaux bien aussi.
PARISIEN
Ail! tu me vaux, tu me vaux ! Tu vaux ce que tu vaux, je ne veux pas t'aclicter.
PIERRE
Je ne suis pas à vendre.
PARISIEN
Ni a louer.
MADAME BERTRAND
11 refuse ! Il est bien fier.
SLVDELAINE.
II a raison.
PIERRE
N'est-ce pas, Madelaine? Pour vous faire voir comme vous m'humiliez, je n'en veux pas.
(Il jelte sur la table la tirelire, qui se brise.)
.allons, allons, il est timbré.
MARTIN
Ramassez bien tout, vous autres ; je vas recompter, voir à voir si le compte y est ; j'ai ma
liste.
(On ramasse l'argeut qu'on met sur une table; Martin le compte.)
PIERRE, pleurant.
Non, on a voulu m'humilier.
CACHET, prenant Pierre à part.
Écoute donc que je t'explique : une supposition qu'on aurait voulu t'bumilier... mais non.
DLRU.
Tu as tort.
PIERRE
Quand on a du cœur on n'aime pas ça. Je vas reprendre l'ouvrage lundi, et. Dieu merci! je ne veux tendre la main à persoBnc.
PARISIEN
Tu es t'un enfant.
PIERRE
Quoique ça, dinons, je le veux bien, mais que chacun reprenne son surplu.s, ou je ne vous regarde plus comme des amis.
MARTIN
C'est dit, on n'a pas voulu t'iiumilier ; je vas rendre.
PARISIEN
Tantmieux; si on rend je reprendrai mcsdeux médailles.
MARTIN, i-oniplant l'argent.
Ah : çt, en v'ia beii d'une autre '■
cC'3
TOLS.
Quoi?
HABTIN.
Je ne puis pas rendre, le compte n'y est pas.
CACHET
L'argent est rond, il aura roulé quéqu'ccus.
PARISIEN
Je vas remettre.
MARTIN
C'est pas ça ; y a cent francs de trop et en or.
TODS.
Cent francs!
DURU
De trop '■
En or!
MARTIN
.Te vois ce que c'est; le Parisien s'est trahi tantôt, il a dit qu'il voulait mettre le redouble des autres; c'est lui qui nous a fait cette sotlise-lù.
PARISIEN
Du tout, on m'a retenu la main dans le gousset, (à Pierre.) Tiens, pour te prouver, je voudrais que tu te casses une jambe sans le faire de mal, et on rembourserait avec pUiisir, et on rechargerait la mule; vois-tu ça.
MARTIN
Les bons comptes font les bons amis, c'est moi qui tiens la caisse, je suis responsable, je ne veux pas d'erreur ; il y a cent francs de trop , il faut que ça se retrouve.
TOLS.
Oui, il faut que ça se retrouve.
DURD.
II faut savoir qui qui l'a mis.
PIERRE, en montrant Parisien.
Je suis sûr que c'est toi.
TOl'S, criant.
Oui, c'est toi.
MADAME RERTRAND.
lis vont se battre ! à la garde! A la garde! Je vais vite prévenir monsieur Marcel
{ KUe entre dans Iccnbaret. ) TOUS, entourant Parisien. Ain : Au collel, an coUei .' Oui, c'est loi {bis.) (.)iii nous a (m\ c'i'alsarade; Oui, co-^t loi, oui, c'est toi Qu'humilie \\a camarade!
Je n'-souffrirai pas, ma foi !
(Juc l'on iiic Tasse la loi !
laiil qu'Ut l'expliqu' avec moi, ou bien ((U'iii dises pourquoi, [ter.)
PARISIEN , à Cachet, qui le liont au collel.
Vous, père fiachet, je vous respecte; vol' I" llr femme le mérite.