ROLE DU CORPS THYROÏDE
dans la régularisation des oxydations organiques. D'ailleurs, à la réflexion, ce rôle physiologique de régulateur des oxydations, dévolu au corps thyroïde, paraît des plus vraisemblables, si l'on songe aux relations anatomiques et embryologiques étroites que cette glande affecte avec l'appareil respiratoire. En d'autres termes, si chez tous les animaux le corps thyroïde est annexé à l'appareil respiratoire; si, d'autre part, la glande thyroïde et le pournon présentent une origine embryologique commune aux dépens d'un même bourgeon, il n'est pas irrationnel d'admettre déjà a j)riori^ que la fonction thyroïdienne se rattache d'une façon étroite à la fonction respiratoire.
Cette respiration, en effet, ne consiste pas seulement dans la fonction pulmonaire, dans la fixation de l'oxygène sur les globules rouges au niveau des capillaires. C'est -là simplement un acte préparatoire. La véritable respiration se fait dans l'intimité même des tissus et réside essentiellement dans les phénomènes d'oxydation.
Dans le même ordre d'idées, une comparaison s'impose. Il suffit de rappeler le rôle important que jouent vis-à-vis l'une de l'autre les deux glandes pancréatique et hépatique. Dans notre conception, le corps thyroïde serait annexé à l'appareil respiratoire, comme le pancréas l'est au foie.
Enriquez et SicARD. 2
Mais ce ne sont là que des hypothèses. Il faudrait en dernière analyse démontrer la réalité de cette action oxydante du corps thyroïde et chercher à pénétrer son mécanisme.
L'étude récente des ferments oxydants chez les végétaux, des oxydases, véritables diastases de respiration, comme les appelle Duclaux, n'autorise-t-elle pas à penser que les phénomènes d'oxydation cellulaire relèvent également chez l'homme et les animaux de ferments diastasiques analogues.