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LA LACCASE ET LE LACCOL

Il est une plante, le Rhux succédané a , qui laisse écouler, après incision, un suc spécial : crème épaisse qu’on peut garder longtemps intacte, quand on la conserve en vases clos et bien bouchés. Or, il résulte des beaux travaux de Bertrand, que, dès que ce suc arrive à l’air, il brunit, et se recouvre en peu d’instants d’une pellicule résistante d’un noir intense qui protège

48 FEKMENTS OXYDANTS CHEZ LES VÉGÉTAUX.

le reste du latex. Pour obtenir un enduit collèrent et résistant, il n’y a qu’une précaution à prendre, celle de laisser l’objet recouvert du latex dans une atmosphère humide.

On peut, comme l’écrit Duclaux(l ), en ajoutant à ce latex quatre à cinq fois son volume d’alcool, produire un précipité qu’on sépare en le jetant dans une toile fine. On le délaie à nouveau à plusieurs reprises dans l'alcool en filtrant chaque fois jusqu’à ce que le liquide de lavage ne se trouble plus par addition d’eau. Tous les liquides alcooliques sont réunis, distillés dans le vide, et agités ensuite d’abord avec de l’eau, puis avec de l’éther. L’eau enlève un peu de glucose, des sels minéraux ; l’éther enlève un liquide huileux, épais, insoluble dans l’eau, soluble en toutes proportions dans l’éther, le chloroforme. C’est le laccol. Au contraire, le précipité fourni antérieurement par l’alcool est une substance blanche que l’on a appelée la laccase.

Le laccol, en solution alcoolique, est ensuite précipité par l’eau et donne une émulsion blanche. Cette émulsion se conserve à l’air sans altération apparente. Mais si nous la mélangeons avec une petite quantité de solution aqueuse de laccase, aussitôt elle commence à brunir, sa coloration passe rapidement au brun-noir, surtout si on agite

(1) Duclaux. — Loc. cil»

LA LACCASE ET LE LAGCOL.

au contact de l’air. Il n’y a aucune coloration en l’absence d’oxygène. De plus, si on fait bouillir la solution aqueuse de laccase avant de l’ajouter à l’émulsion de laccol, rien ne se produit.

Ce groupe de faits démontre donc que la laccase est une diastase oxydante.

Si, en effet, on agite au contact de l’air, comme l’a fait Bertrand, pendant quelques heures une solution aqueuse de 60 centimètres cubes contenant 10 centigrammes de laccase et 1 gramme de pyrogallol et, d’autre part, une solution témoin contenant 1 gramme de pyrogallol mais sans addition de laccase, on obtient les résultats

suivants au et dégagés :

point de

vue

des gaz

absorbés

Oxygène

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