II. COUTIÈUE
mule rostralc est la même, — à —(Dana indique-—) ; la
carapace est déjà rugueuse chez certains spécimens, mais elle est lisse chez d’autres, comme.Dana l’indique. Sur les pattes de la 2 e paire, la pince entière égale le carpe, et les doigts sont plus petits que la paume. Ces membres sont couverts d’aspérités. Ces caractères se retrouvent chez les jeunes du P. Idæ, cependant Dana indique que les doigts sont notablement plus courts que la paume. Ce dernier caractère porte Ortmann à considérer le P. lanceifrom, Dana, comme étant de valeur spécifique. Ortmann a en effet
observé un spécimen long de 85 millimètres (rostre
dont les pattes de la 2 e paire mesurent :
Mérus. Carpe. Paume. Doigts.
Gauche. 24 39 40 14
Droite. 18 27 29 10
dimensions évidemment très différentes de ce que présenterait un spécimen du P. Idæ de cette taille, la paume étant ici plus longue que le carpe, à elle seule.
Quant au P. lanceifrons Hcller, il est actuellement difficile de dire s’il s’agit d’une espèce propre. Kôlbel compare l’un des spécimens de Relier aux Q du P. equidens Dana; les autres, de petite taille, ont le carpe de la 2 e paire plus court que la pince entière, et sont de ce fait plus comparables au P. Idæ.
De Man a montré que le P. longipes de Haan se distinguait facilement, au moins sur les individus adultes, du P. Idæ , qui en est évidemment très voisin. Chez le P. longipes, la pince entière est nettement plus longue que le carpe, les doigts ont une forme et une armature un peu différente, de même que le rostre.
La distinction est également facile avec le P. dispur von Martens, le P. Sundaïcus Heller, le P. Ritsemæ de Man.
Chez le P. dispary on Martens, où les pattes de la 2 e paire sont le plus souvent aussi très inégales, et où la formule 9 11
rostrale (- à —-) rappelle de près le P. Idœ, le rostre est de
forme différente, plus long, à pointe relevée, la carapace est absolument lisse. Les proportions des articles de la 2 e paire sont différentes, la pince entière étant toujours beaucoup plus longue que le carpe. L’armature des doigts comprend, indépendamment des dents basales, une rangée de dents plus petites s’étendant jusqu’à l’extrémité.
De même, le P. Sunddicus Heller ne peut être tenu pour un jeune du P. Idæ , comme l’avait suggéré von Martens, depuis que l’on connaît des spécimens adultes de la première espèce. La forme du rostre est bien différente et les articles de la 2 e paire, où la longueur des doigts dépasse celle de la paume, alors que le carpe n’est pas une fois et demie plus grand que le méropodite, ont des proportions tout autres. Il en est de même du P. Rïtsemæ de Man, qui ressemble beaucoup à la précédente espèce.
Le P. élégans de Man, dont le rostre et la carapace rugueuse rappellent aussi le P. Idæ, s’en distingue par les pattes de la 2 e paire très égales, et sur lesquelles la pince entière est presque deux fois plus grande que le carpe.
La distinction devient au contraire très délicate avec le P. Weberi de Man, qui, d’après cet auteur lui-même, doit être considéré comme une forme « vicariante » du P. Idæ. La carapace est très faiblement scabre, elle est même entièrement glabre sur le dessin de de Man, mais d’une part les spinules paraissent avoir disparu (par frottement?) sur le spécimen, d’après l’auteur, d’autre part elles ont persisté sur le telson et le 6 e pléosomite. D’ailleurs il existe des individus du P. Idæ entièrement glabres.
Les pattes de la l re paire chez le P. Weberi dépassent le scaphocérite de la longueur seulement de la pince, elle sont donc un peu plus courtes que chez le P. Idæ.
H. COUTIÈRK.
Les pattes de la 2' paire sont presque égales et mesurent une fois et demie la longueur du corps. Les proportions de leurs articles se montrent absolument semblables à celles que l’on remarque chez les spécimens du P. Idæ à pattes presque égales ou égales. Voici en effet les mesures effectuées sur un çf très adulte du P. Weberi de Man :
Long, du corps. 2 e paire. Meru*. Carpe. Paume. Doigts. Pince entière,
■ 0 , ( A droite. 31 57 34 16 50
( A gauche. 30 54,5 37 13 50
Les rapports du carpe à la pince entière sont donc respectivement 1,14 et 1,09, nombres très voisins de celui de 1,1G que j’ai indiqué plus avant pour un spécimen de Madagascar (M. Caltat, n° 5) et de 1,05, qui a trait à un exemplaire de Zanzibar (Hilgendorf, n° 11). Les doigts sont à vrai dire, surtout pour le membre gauche, nettement plus courts que la moitié de la paume, mais le cas se présente aussi chez deux exemplaires malgaches (n° 2 et 3 du tableau). L’aspect rugueux de ces membres, l’armature des doigts et leur revêtement de soies sont absolument les mêmes dans les deux espèces, il faut dire cependant que le carpe est moins renflé à son extrémité distale, ainsi que le méropodite, et que la paume a ses bords sensiblement parallèles, au lieu d’être atténuée en son milieu comme chez le P. Idæ.
Les principales différences portent sur le rostre. Celui-ci affecte, chez le P. Weberi, des formes bizarres qui, rencontrées sur un spécimen isolé, seraient vraisemblablement considérées comme une malformation : le bord supérieur fortement convexe au-dessus du bord orbitaire, et pourvu de dents très rapprochées devient brusquement concave dans sa moitié distale et s’effile en une pointe grêle, sur laquelle les dents sont très espacées ou nulles. Sauf cet aspect très particulier, le rostre du P. Weberi se laisse bien comparer comme longueur et formule rostrale à celui du P. Idæ : la portion proximale convexe a de 10 à 12 dents, le bord
inférieur correspondant 3-4. Il faut ajouter à ces nombres 1-2-3
—-—— dents surnuméraires situées sur la pointe effilée.
Le P. Weberi de Man paraît avoir été retrouvé plus à l’est, près de Schultze Point (Nouvelle-Bretagne). 11 s’agit d’un individu çf, de petite taille (55 millimètres). Les doigts étaient déjà nettement plus courts que la paume, (comme ils le deviennent de plus en plus du jeune à l’adulte), bien que la carapace ne fût pas du tout scabre (Borradaile).
Le P. Weberi , si semblable en tous points au P. Idæ , suggère l’idée d’une variation accidentelle du rostre qui serait parvenue à se fixer. 11 faut bien dire, en effet, que l’espèce est surtout représentée, jusqu’à présent, par des individus jeunes [sur 52 exemplaires examinés par de Man, il se trouvait 1 g* très adulte (104 millimètres), 23 çf et Q de faible taille (83 à 58 millimètres) et 28 exemplaires très jeunes (30 millimètres au plus)]. D’autre part, la forme du rostre diffère presque d’un exemplaire à l’autre, comme s’il s’agissait d’une anomalie d’introduction récente, incapable encore de réaliser sa forme définitive chez l’espèce nouvelle qu’elle caractérise. 11 serait certainement d’un haut intérêt de voir s’il ne se trouve pas, entre les P. Idæ et P. Weberi quelque indice permettant de fixer le début d’une semblable variation, ou mieux encore son établissement graduel. Si vraiment la parenté entre les P. Idæ et P. Weberi s’est établie de cette façon, ces deux formes seraient un exemple des plus nets pour illustrer la théorie de Delbœuf, en même temps qu’un bon critérium pour en apprécier la valeur. Mais ces considérations ne pourront être que des vues de l’esprit tant qu’elles ne s’appuieront pas sur un très large ensemble d’observations et de mesures.
G. Nobili a récemment décrit une nouvelle espèce de Java, le P. Wolterstorffi, qu’il considère comme intermédiaire entre deux formes déjà très semblables : les P. Idæ lleller et P. longipes de Haan. La carapace est scabre, le rostre, semblable comme forme à celui du P. Idæ & pour
H. COUTIÈRE.
formule
, ce qui à vrai dire ne se rapporte guère
9 io H
ni à la précédente espèce (- ou —-— au plus) ni au
P. longipes (———). Les pattes de la 2° paire sont inégales à peu près comme chez le P. Idæ typique, mais la pince entière est notablement plus longue que le carpe, comme chez le P. longipes ; la forme et l’armature des doigts rappellent également cette dernière espèce. Là encore, il est bien difficile de conclure d’après l’examen d’un seul exemplaire, mais l’espèce paraît en tous cas bien distincte du P. Idæ.
Distribution du P. Idæ : Bornéo, Ceylan (Heller), Singapore,Java,Luçon ( von Martens), Philippines, Java (Thallwitz), Sumatra (Nobili), Nouvelle-Guinée (Nobili), Java, dans la mer (de Man), Zanzibar (Hilgendorf), Seychelles et Maurice (Richters), Dar-es-Salaam (Ortmann).
Madagascar ( M. Cattat, sans indication de localité), rivière lvaloina, côte est, près Tamatave (M. Maria).
P. Ritsemæ de Man.
P. Ritsemæ de Man. Zoo/. Jahrb Bd. IX, p. 774, pl. XXXVII, fig. 70-70,
(?) P. S intan gens îs de Man. Notes f . Leyd . Mus., XX, p. 138, pl. VI, 1898.
D’après l’excellente description et les figures de de Man, j’ai pu établir la parfaite identité des spécimens de Madagascar et d’Atjeh, appartenant à cette espèce. J’ai examiné 13 spécimens çf et 2 Ç. Lacarapaceestentièrementlisse; la crête rostrale s’étend jusqu’au milieu du céphalothorax, avec 2 dents chez, les spécimens adultes, 3 chez les jeunes, engénéral (Pl. XII, fig.32, 32 a).Le rostre est droit,lancéolé,à peu près égalen longueur au scaphocérite. Laformule rostrale est assez variable, comme on le voit par le tableau ci-contre;
NUMÉROS
FORMULE
rostrale.
LONGUEUR
du rostre.
LONGUEUR
du corps.
® io a
xn
CARPE
Cd
DOIGTS
Cf
< scaphocérite.
IG
IG
Cf
== scapho.
Cf
< scapho.
Cf
Cf
Cf
< scapho.
Cf
< scapho.
Cf
— scapho.
Cf
= scapho.
Cf
= scapho.
CG
= scapho.
GG
Cf
— scapho.
= scapho.