‹ Les Palaemonidae des eaux douces de MadagascarChapitre 17 sur 33 · II. CO LITIÈRE · texte numérisé non relu

II. CO LITIÈRE

JS 09 du graphique L. totale. 2e paire. Merus. Carpe. Paume. Doigts.

Lespinces,comme l’indique d’ailleurs le dessin d’Hoffmann, sont assez grêles, les doigts faiblement courbés. Mais de Man ne fait mention ni de l’armature du doigt fixe, ni de la spinulation de la carapace, propres au P. equidens Dana, et, comme la formule rostrale est celle du P. lar , que les dimensions données sont celles de spécimens de cette dernière espèce, je pense qu’il faut conclure, avec Ortmann à l’identité du P. Reunionnensis et du P. lar. Miers, à propos de cette espèce et du P. equidens Heller [nec Dana, nec de Man) était arrivé à la même conclusion.

Avec Ortmann encore, je crois le/\ iïladagasccu’iensisHfm, synonyme du P. lar. Il s’agit d’une Ç> , si l’on en juge par le dessin des pleurons abdominaux. Hoffmann donne les dimensions suivantes :

Formule rostrale

> A.I. < scapho.

Long, totale. paire. lieras. Carpe. Paume. Doigts.

Ces caractères cadrent parfaitement avec ceux des jeunes Q du P. lar , et de Man a lui-même décrit un spécimen de cette dernière espèce parfaitement comparable :

Long, totale.

! paire.

Merus.

F. rostrale :

Carpe.

Paume. Doigts.

Je ne sais s’il faut ajout.er à cette longue liste de synonymes le P. paucidens Hilgendorf, espèce du Togoland. Le rostre est plus court et plus large que chez le P. lar, la for- 1 4-6 — 7

, alors qu’il y a toujours, chez

mule rostrale est

le P, lar, au moins 2 dents sur le céphalothorax, et le même nombre sur le bord inférieur du rostre. Chez un q* de 70 millimètres, les dimensions des articles de la 2 e paire sont :

Merus. Carpe. Paume. Doigts.

L’égalité des trois premiers articles, comme l’a bien remarqué von Martens, est ordinaire chez les jeunes Q du P. lar , mais elle a déjà cessé chez les q* de la même taille, où le carpe est plus court que le mérus et surtout que la paume.

Je n’ai pas examiné le P. paucidens Hilgendorf, et je n’ai eu entre les mains que très peu de jeunes Q*du P. lar , de sorte que je ne puis conclure dans un sens ou dans l’autre.

Distribution géographique. — Madagascar (A. Grandidier, Humblot, Chevreux, Bastard), Nossi-Fali, Mayotte, Reunion (Hoffmann, de Man), Maurice (Heller), Seychelles, Mahé (Alluaud).

Bali (Miers), Flores (de Man), Adonara (de Man. von Martens), Célèbes, Makassar (Miers), Tondano fluss, Sawagan (von Martens), Gorontalo (de Man), Moluques, Halmaheira (de Man), Morotai (de Man), Ternate (de Man), Sula Besi (de Man), Gebels (de Man), Amboine (M. Edwards, Heller, von Martens), Banda (Challenger), Waïgou (M. Edwards), Philippines (von Martens), Paranana, Mindanas, Samboangan (Challenger), Nouvelle-Guinée, Andaï (de Man), Australie (Hasswell), Randavu et Ovalana(Challenger), Tahiti (Heller), rivière de Papenriri (Challenger), Auckland (Heller).

P. (Eupalæmon) Idæ Heller.

P. Idæ Heller. Sitzb. Ak. Wien, Bd. LXV, p. 416, pl. II, fig. 40-41, 1862.

— Von Martens. Arch. f . Natarg 34, Bd. I, p. 39, 1868.

— Hilgendorf. VonDeckeri's Reise , Bd. III, 1, p. 102, pl. VI, fig. 5, 1869.

— Richters. Meeresf. Mauritius , etc. ; Dekap p. 166, 1880.

304 H. COUTIÈIiE.

P. Idæ Ortmann. Z ool. Jahrb ., Bd. V, p. 717, 4 891.

— Thalhvitz. Dekap. Studien, A6/ï. et Ber . Kyl. Mus. Dresden , n° 3,

p. 4 5, 4 891 (var. mamillodactylus ?).

— De Man. (D’après Ivôlbel) Max Weber* s Z ool. Ergeb ., If, p. 437,

— Ortmann, Deutsch. Med. Nat. Gesell. Jena , V, p. 18, 4894.

— De Man, Zooi. Jahrb., Bd. IX, p. 767, 1897.

— Hilgendorf. Land and- Sussivasser Dekap. Ost. Afrikas, p. 28.

— Nobili (G.). Ann. Mus. Civ. Genova, vol. XL, p. 237, 1899 (var.

inermis).

— Nobili (G.). Ann. Mus. Civ. Genova, vol. XX (LX), p. 480, 1900.

(?) P. lanceifrons Dana. JJ. S. Expi. Expéd., p. 589, pi. XXXVIII, fig. 4 3, 1852 (nec Heller ?) .

P. Mariæ H. Coutière. Bull. Mus. Paris, n° 1, p. 23, 1900.

Cette espèce est avec le P. lar l’une des plus largement distribuées, tille est aussi parmi celles qui paraissent posséder les variations les plus étendues, et les divers spécimens connus mériteraient à ce point de vue d’être soumis à une comparaison serrée par un même descripteur.

Les types de Heller, sur lesquels Kôlbel a donné d’utiles observations complémentaires, possèdent une formule 10 — 11

rostrale de —-— , les deux dents proximales, et parfois

les trois, étant situées sur la carapace. Celle-ci, dans sa partie antérieure et sur les branchiostégites, est rendue rugueuse par des spinules très fines, dirigées en avant. Le telson et le 6 e segment sont dans le même cas, les spinules étant dirigées en arrière. Le même aspect rugueux se retrouve sur les membres thoraciques, et va décroissant de la 2 e paire à la 5 e . Les pattes de la 2 e paire sont inégales, la plus grande est au moins 1 fois 1/2 plus longue que le corps, elle peut atteindre même près de 2 fois sa longueur. Les doigts ont environ la moitié de la longueur palmaire, ils joignent exactement et portent chacun à leur base deux fortes dents alternées. La dent proximale du doigt fixe est allongée et comme divisée superficiellement en denticules. Une arête tranchante peu élevée fait suite à ces dents coniques, et de part et d’autre, sur chaque doigt, on remarque une ligne de fortes soies très serrées.

En outre, la face supérieure ou supéro-interne du doigt mobile est couverte des mêmes soies jusqu’à son bord externe.

La pince entière, presque deux fois aussi longue que le

FORMULE

xn

COLLECTEUR

rostralc.

t( tn

Cf

M. Maria.

(Madagascar).

Cf

Cf

Cf

M. Gattat.

(Madagascar.)

cf

Heller.

(Geylan.)

Cf

U0? {lG0<?)

Heller.

(Bornéo.)

Cf

De Man. (Java,

dans la mer.)

Cf

7 ïc {

Cf

(3) Il

cf

llilgendorf.

(Zanzibar.)

méropodite, n’a guère que les 4/5 du carpe. Ce dernier article est légèrement fusiforme, sa plus grande largeur étant près de l’articulation carpo-pal maire.

De Man a complété cette description en ce qui concerne le plus petit de ces membres. Celui-ci a seulement d’ordinaire les 6/5 du corps, la proportion des doigts et de la paume montre une tendance très nette à rallongement des doigts en raison inverse de la taille ; le méropodite atteint les 2/3 de la pince.entière, et celle-ci, qui n’est guère plus longue

H. COUTIÈRE.

que le carpe, s’en rapproche d’aulant plus comme dimensions que le spécimen est plus jeune.

A ces diagnoses correspondent parfaitement 4 spécimens de Madagascar, que j’ai antérieurement décrits sous le nom de P. Marlæ , et ce nom doit par suite disparaître.

Mais déjà, à côté de ces spécimens typiques, on en trouve d’autres chez lesquels les différences entre les deux pattes de la 2- paire sont beaucoup moindres. Le cas a été signalé par Thallwitz sur des spécimens de l’archipel malais, et le même auteur a, de plus, fait connaître deux autres anomalies :

1° L’absence presque totale de saillies épineuses sur la carapace, ainsi que sur les pattes de la 2 e paire, où elles' sont très atténuées. Cette particularité qui existe seulement sur quelques spécimens de taille moyenne provenant de Luçon, a été notée aussi sur des exemplaires de Nouvelle- Guinée, par G. Nobili, qui en a fait la variété inermis. Je la rencontre aussi sur un spécimen de Madagascar, où elle coïncide avec une malformation du telson, et la présence d’une patte de la 2° paire beaucoup plus petite que la normale (l’autre est absente).

2° L’existence chez ces spécimens malais, de deux rangées de tubercules mousses, plus ou moins nombreux, plus ou moins accentués, situés de part et d’autre de la crête médiane, sur chacun des doigts de la pince. Aucune trace de ces tubercules n’existe chez les types de Heller, ni sur les spécimens décrits par de Man, ni sur ceux de Madagascar que j’ai examinés, de sorte qu’il paraît fondé de les séparer, comme l’a fait Thallwitz, en iine variété mamillodactylus.

Un autre ordre de variations porte sur le rostre qui peut

présenter comme formule rostrale - au lieu de — — —-,

avec

toujours 3 dents sur le céphalothorax. J’ai rencontré cette variation chez un spécimen de Madagascar, qui avait en même temps les pattes de la 2 e paire beaucoup moins inégales que ses congénères typiques (M. Cattat).

Je l’ai remarquée également sur un spécimen de P. 7r/ædu musée de Vienne (étiqueté P. nidis Ileller), provenant de Ceylan, et auquel il manque malheureusement l’une des pattes de la 2 e paire. Le moignon restant du membre indique nettement que c’est la grande pince qui est absente, mais on ne peut rien présumer relativement à ses dimensions.

Or, les diagnoses de von Martens, portant sur des spécimens des Philippines, celles d’Uilgendorf qui ont trait à des exemplaires de Zanzibar, indiquent également cette

formule rostrale -, coïncidant de plus avec des membres

de la 2 e paire sensiblement égaux ou très peu inégaux.

11 apparaît en outre, dans ces diagnoses, une autre différence avec les spécimens typiques de l’espèce. La pince entière, au lieu d’être égale aux 4/5 du carpe, est égale à celui-ci, à quelques millimètres près.

Von Martens ne donne pas de mensurations, mais il dit que chez les spécimens de petite taille, le carpe est plus petit que la pince ; il lui est au plus égal chez ceux de taille moyenne, et c’est seulement chez les spécimens très adultes qu’il arrive à dépasser la pince entière en longueur.

Les chiffres données par Hilgendorf se rapportent très bien à ces données. Les rapports du carpe et de la paume

sont, chez un premier exemplaire chez un second,

bo 59

soit 1, 05. Les derniers chiffres se rapportent à un exemplaire très adulte (longueur du corps: 105 millimètres), et la différence est frappante avec les spécimens malgaches

de même taille, où ces rapports deviennent soit

1, 25 en moyenne.

Le spécimen malgache cité plus haut (n° 5), et qui se rapproche des diagnoses d’Hilgendorf et de von Martens par sa formule rostrale et sa V paire moins inégale que de

coutume, s’en rapproche aussi par le rapport — , soit 1,10

308 H. COUTIÈRE.

qui existe entre le carpe et la pince, sur le plus grand des deux membres.

L’augmentation de longueur de la pince porte sur l’article entier, mais surtout sur les doigts, ce qui revient à dire que ces exemplaires aberrants conservent, mieux marqué que chez le type, un caractère des jeunes.

On possède sur ce point des observations de Thallwitz, montrant que la longueur des doigts, chez les jeunes du P. ldæ , peut dépasser de beaucoup la moitié de la paume, et aussi des chiffres très nombreux relevés par de Mau sur une espèce difficile à distinguer, P. Weberi de Man les proportions des membres de la 2° paire, chez les jeunes, sont tout à fait changées, la pince arrive à être plus longue que le carpe, et les doigts sont surtout notablement plus longs que la paume chez certains spécimens de petite taille.

Il semble donc qu’il faille séparer les spécimens de von Martens et Hilgendorf en une nouvelle variété du P. Idæ , et de Man est arrivé à la même conclusion, au moins pour les exemplaires est-africains. Mais il faudrait, pour asseoir cette opinion, un plus grand nombre d’observations basées sur des mesures. C’est ainsi qu’on ne voit pas, jusqu’à présent, les rapports qui peuvent exister entre la variété mamillodaclylus Thallwitz, où la formule rostrale 11 13

varie entre — et —-, et les exemplaires ci-dessus décrits, à J 4

pinces égales, où cette formule est —. Thallwitz dit seule-

ment que la paume est toujours plus courte que le carpe. La différence est toujours si marquée entre ces deux articles que cette indication n’est d’aucune utilité. Peut-être la paume est-elle indiquée par erreur au lieu de la pince entière.

La comparaison serrée des diverses variations du P. ldæ est nécessaire surtout pour la vérification de ce fait remarquable, à savoir qu’il existe, à Zanzibar, en Malaisie et

aussi, semble-t-il, à Madagascar, une variation dans le môme sens, portant à la fois sur le rostre, les dimensions des pattes de la 2 e paire et de leurs articles respectifs. Comme on trouve d’autre part dans les mêmes bassins de distribution des spécimens typiques, on pourrait en tirer vraisemblablement d’instructives déductions sur la production et la marche des variations.

On a vu que les spécimens décrits par de Man avaient été recueillis dans la mer, fait d’un haut intérêt en ce qui concerne la distribution des Palémons. 11 convient d’en rapprocher l’existence, signalée par Ililgendorf, d’une variété idella , différant du type par sa petite taille (le plus grand spécimen connu jusqu’à présent mesurant 53 millim.), par le grand nombre de dents au bord supérieur du rostre (jusqu’à 17) par la 2 e paire, qui est tout entière plus ou moins garnie de poils, et sur laquelle le carpe égale sensiblement la pince entière. Enfin, la principale différence consiste en ce que les œufs sont très gros et peu nombreux (11/4 millim. sur 0 mm 75). C’est le premier exemple d’un mode de développement abrégé chez les Palémons de cette région.

A vrai dire, on connaît fort peu les Q du P. Idæ. Une seule a été signalée par von Martens, une seconde par Ortmann à Dar-es-Salaain, encore n’est-elle rapportée qu’avec doute au P. Idæ. C’est un fait que l’on peut d’ailleurs remarquer pour beaucoup d’espèces, en particulier pour la plupart de celles qui sont citées dans ce travail. Peut-être tient-il simplement à la plus grande taille, l’aspect plus remarquable des mâles, ou encore leur propension plus grande à se montrer, en allant à la recherche des femelles, circonstances qui expliqueraient leur présence presque exclusive dans les collections dues à des naturalistes non prévenus et rarement spécialistes.

Par l’examen de spécimens jeunes du P. Idæ, Thallwilz croit pouvoir considérer le P. lanceifrons Dana (nec Heller?). comme une. forme jeune du P. Idæ. Effectivement, la for-

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