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P. Moorei Caïman.
Le P. Moorei Caïman, du lac Tanganyika, est encore une forme bien voisine du P. superbus, et plus encore du P. Trompi. Le rostre est exactement le même, le mérus est
do même très légèrement plus long que le carpe, les proportions de la paume identiques. Les doigts sont plus longs que la paume chez le P. Moorei , mais on peut voir qu’il en est de même dans quelques cas, cXwzXe, P .su per bus [n os l, 8,11,15 du tableau). Enfin, le P. Moorei est jusqu’à présent l’une des plus petites espèces du genre, le plus grand spécimen ayant seulement 25 millimètres,et une femelle ovée 23 millimètres.
Distribution du P. superbus : Shanghaï (Heller); Madagascar, Bras de l’Onilahy, côte ouest (à 50 kil. environ de la mer) (G. Grandidier).
P. Danæ Heller.
P. Danæ Ileller. « Novara » Reise, p. 120, tab. XI, fis. 3, 1865.
— Hasswell. Calai. Austral. Crust., p. 197, 1882.
— De Man. Max Weber's Z ool. Ergebn., p. 438, 1892.
— Orlmann. Z ool. Jahrb. Syst., V, 1891.
La diagnose de cette espèce a été précisée, d’après le type du musée de Vienne, par Kôlbel, dont de Man a publié les observations. Elles me permettent de rapporter à cette espèce au moins un spécimen q* de Madagascar, dont les caractéristiques sont les suivantes :
Comme dans la diagnose de Heller, la 10 e dent rostrale est très près de la pointe, et les deux premières (proximales) sur le céphalothorax, la 3 e étant sur le bord oculaire. Le rostre est nettement plus grand que le scaphocérite, il est très légèrement convexe au-dessus du bord orbitaire et relevé à la pointe (Fl. XII, fig. 38).
H. COUTIÈRE.
Les maxillipèdes externes dépassent des 2/3 de leur article distal le pédoncule antennaire ; l’articulation mérocarpale de la 1" paire de pattes atteint aussi légèrement au delà du même pédoncule, et la pince entière des pattes de la l re paire dépasse le bord antérieur du scaphocérite.
La 2 e paire est notablement plus longue que la l re , mais très grêle, lisse et glabre. Comme sur le dessin de Heller, la moitié environ du carpe dépasse le bord antérieur du scaphocérite; toutefois, les doigts sont plus courts chez le type de Heller, et leur armature plus forte. D’après Kôlbel, il y aurait 2 dents minuscules sur le doigt mobile, et 5 plus fortes sur le doigt fixe, l’une surtout très visible. Le type de Heller est plus adulte que le spécimen de Madagascar, dont l’armature des doigts est à peu près nulle. 11 se peut que cette différence et la précédente soient en rapport avec l’âge des spécimens. Tous les articles de ces pattes sont lisses et glabres, la paume est cylindrique, égale en largeur au carpe, et les doigts joignent exactement (PL XII, fig. 38, 38 a.).
Les pattes suivantes sont très grêles, celles de la 5 e paire, lorsqu’elles sont étendues, dépassent l’extrémité du rostre du 1/5 du propodile.
Le telson se termine par une pointe médiane, égale en longueur aux épines latérales externes, mais trois fois plus courtes que les épines externes, proportion qui diminue sans doute avec l’âge (PL XII, fig. 39).
Je rapporte avec hésitation à cette espèce un second spécimen çÿ, long de 65 millimètres, dont les pattes de la 2 e paire font défaut (elles sont en voie de régénération). La formule rostrale, les rapports du pédoncule antennaire, des maxillipèdes, des pattes de la l re paire, sont les mêmes que ceux du précédent spécimen.
Les caractères qui distinguent les P. Danse et P.Ritsemæ ont été donnés à propos de cette dernière espèce ; ceux du P. multidens et du P. Sundaïcus , autres formes très voisines, seront donnés à propos de chacune de ces espèces.
Distribution. — Sidney (Heller, Hasswell), Marshall Inseln (Orlmann), Madagascar, Baie d’Anlongil (Mocqucrys), Madagascar, rivière Manahara (G. Granclidier).
P. multidens H. Coutière.
P. multidens H. C. liiill. clu Muséum, n" 1, p. 23, 1900.
Cette nouvelle espèce appartient à un groupe de formes difficiles à distinguer, et comprenant les P. Danse Heller, P. superbus Heller, P. Sunclaicus Heller, P. Moorei Caïman, P. Ritsemæ de Man, P. Trompi de Man, P. Sïntangensis de Man. Plusieurs de ces espèces sont sans doute fondées sur des exemplaires jeunes, et j’ignore également si tes deux spécimens du P. multidens que j’ai examinés sont adultes. Voici leurs caractéristiques :
Les deux premières dents du rostre (proximales) sont un peu plus écartées que les dents suivantes, la dernière est située très près de la pointe, la forme du rostre rappelle les P. Sundaicus , P. dispar et P. Danse ; mais le nombre des dents est plus considérable que chez aucune de ces espèces (PI. XIII, fig. 40).
Les pattes de la 1" paire, lorsqu’elles sont étendues, dépassent le bord du scaphocérite de la pince presque entière.
Les pattes de la 2 e paire sont très égales, grêles et lisses, le bord antérieur du scaphocérite atteint à peu près le milieu du carpe. Ce dernier article est un peu plus long
H. COL'TIÈRE.
que le méropodite, un peu plus court que la pince entière. Dans celle-ci, les doigts sont un peu plus longs que la paume; ils sont, comme toute la pince, complètement glabres, très lisses, et joignent exactement. On ne distingue aucune dent sur leurs bords internes. La pince n’est pas plus large que l’extrémité du carpe, et sensiblement cylindrique (PI. XIII, fig. 40, 40 «.).
Les pattes suivantes sont très grêles, celles de la 5 e paire dépassenten avant, lorsqu’ellessontétendues, l’extrémité du rostre. Le telson se termine en pointe aiguë, plus longue que les épines latérales externes, plus courte que les internes.
Ce qui distingue surtout le P. imillidens c’est l’extrême gracilité des pinces de la 2 e paire, qui ne sont pas beaucoup plus fortes que celles de la l te .
Ce caractère permet d’en distinguer les P. Sundaïcus et P. super bus de même taille, indépendamment même de la formule rostrale, un peu différente chez ces espèces. Chez le P. superbus , le carpe est d’ailleurs beaucoup plus court .que la pince entière, et chez le P. Sundaïcus , il est légèrement plus long. Le P. Moore/ Caïman, du Tanganyika, se rapproche beaucoup de la nouvelle espèce par la forme des pinces de la 2 e paire, dont les doigts sont allongés, parallèles et inermes; toutefois, la paume est plus renflée, et surtout le carpe plus court chez le P. Moorei. La formule rostrale
^ est également différente chez ce dernier.
Les P. Rilsemæ et P. Sintangensis de Man, formes très étroitement alliées et peut-être synonymes, se distinguent du P. mullhlens par le carpe de la 2° paire, presque deux fois aussi long que le mérus. Le nombre des dents du rostre est plus faible, sa longueur ne dépasse pas celle du scaphocérite.
Le P.Dunæ Ileller, est très voisin du P. mullidens , il ne s’en distingue guère que par la longueur de la pince entière, plus courte que le carpe, et aussi par le nombre des dents
du rostre,
plus faible que chez le P. multidens.
Le spécimen Ç> de la nouvelle espèce ne porte pas d’œufs. Ce fait, joint à l’absence totale de denticules sur les doigts des pinces, à la forme très grêle, lisse et glabre de la 2 e paire, peut faire supposer que les 2 ex. examinés du P. multidens sont incomplètement développés; les différences entre l’état adulte et l’état jeune sont parfois si grandes chez les Palæmon , qu’il est difficile de comparer utilement le P. multidens à des formes adultes. Il est préférable d’attendre à ce sujet l’examen d’un plus grand nombre de spécimens.
Distribution. — Madagascar, bras de l’Onilalv (côte ouest), M. G. Grandidier.
P. dispar von Martens.
P. dispar von Martens. Arch. f. Naturg ., Jhg. 34, Bd. I, p. 41, 1868.
P. Alpuonsianüs Hoffmann. Crust. MacLug ., p. 33, pl. IX, fig. 63-65, 1874.
P. dispar von Martens. Miers. Ann. Mag. Nat. Hist. (5), vol. V, p. 383, 1880. P. Maillardi Ricliters. Mceresf. Mauritius , Décap., p. 166, Uib. XVIll, fi g. 1-3, 1880.
P. dispar, v. Martens, de Man. Arch. f. Naturg ., Jhg. 53, Bd. I, p. 556, 1887.
— — Ortmann. Zoo/. Jahrb ., Syst. V, 1891.
— — De Man, Max Weber's. Zoo/. Ergeb., p. 427, pl. XXVI,
fig. 34, 1892.
De Man a décrit avec sa précision habituelle un grand nombre de spécimens de toute taille, provenant des Célébes, de sorte que les variations que traverse l’espèce au cours de sa croissance nous sont connues. C’est grâce à ces remarques que je puis rapporter au P. dispar trois jeunes spécimens Q différant très peu du P. Siindaicus.
CS
vr,
tà
FORMULE
rostrale.
LONGUEUR
du rostre.
t- 1 SJ
2 e paire.
Long, totale
cz
CAItPE.
zS
ai,
DOIGTS
ia
tà
(3) Il
>scapho.
>scapho.
(X) Il
>scapho.
H. COUTIÈRE.
Le rostre, comme chez le P. Sundaïeux, est légèrement relevé à la pointe. La l re dent (proximale) est un peu plus éloignée de la seconde que celle-ci de la 3 e ; la dernière dent (distale) est très rapprochée de la pointe ; le rostre dépasse notablement le seaphocérite (PI. XIII, fig. 41.)
L’article distal des maxillipèdes externes dépasse à peine le pédoncule antennaire; la l re paire de pattes, plus courte que chez le P. Sundaicus , dépasse le bord antérieur du seaphocérite de la moitié seulement de la pince (PL XIII, fig.42.)
Les pattes de la 1 re paire sont surtout caractéristiques chez le spécimen n° 1, où elles se montrent très inégales. Elles le sont beaucoup moins chez le second ; en outre, l’un des membres de la 2 e paire, chez le premier spécimen, a le carpe plus long relativement à la pince entière, et cette absence de fixité indique que les véritables caractères ne sont pas encore acquis.
Chez le P. dispar adulte, les pattes de la 2' paire sont en effet très inégales, et la pince entière est toujours beaucoup plus longue que le carpe. Mais les nombres suivants rapportés par de Man, montrent qu’il en est tout autrement
Jeunes du P, dispar d’après de Man :
iù
ta
td
FORMULE
CS
ta
rostrale.
^ eb
eu
ca
is
Cf
chez les jeunes de l’espèce, chez lesquels la longueur de la pince entière est inférieure, égale ou légèrement supérieure à celle du carpe. Dans les spécimens que j’ai examinés, elle est égale ou légèrement inférieure. Les mêmes différences s’observent quant à l’armature des doigts. Les deux
pattes de la 2 e paire, chez le spécimen n” 2, sont entièrement lisses, et portent seulement quelques soies dirigées en avant, surtout sur les doigts. Le doigt fixe est inerme, et porte seulement la crête longitudinale qui ne fait jamais défaut au bord interne; le doigt mobile porte 2-3 dénis extrêmement faibles.
Chez le spécimen n° 1, les doigts de la petite pince portent l’un et l’autre des dents, 3 sur le doigt fixe, 4 sur son opposé. Sur la grande pince, ces nombres deviennent respectivement 5 et 6; en outre, le membre tout entier se montre couvert d’une fine spinulation (PI. XIII, fig, 43, 43, a). Le bord interne delà pince porte des épines un peu plus visibles, au nombre de 12-13. Ces détails manquent tout à fait sur la pince opposée, et sur le spécimen n" 1, nouvelle preuve qu’il s’agit de spécimens incomplètement développés.
Yon Martens avait décrit à l’origine les Q du P. dispar comme ayant les doigts complètement inermes; de Man a montré que l’on y rencontrait toujours des dents très faibles, en nombre variable. Chez le çf, ces dents occupent tout le tranchant de la pince.
En cet état d’incomplet développement, le P. dispar se rapproche très étroitement du P. Sundàicus , tel qu’il a été défini plus avant. Mais, dans cette dernière espèce, les pattes de la l re paire sont plus longues, de même que les maxillipèdes externes; les pattes de la 2 e paire sont égales, la pince est toujours plus longue que le carpe, les doigts seulement un peu plus courts que la paume, et armés
constamment de — dents.
Chez le P. Danse Relier, et le P. mullidens H. C., le carpe est notablementplus long que la pince entière. Le P. Ritsemæ s’en rapproche davantage, mais les pinces sont très égales, plus renflées, les doigts sont plus longs, la spinulation moins forte qu’elle ne le serait chez le P. dispar de même taille.