‹ Les Palaemonidae des eaux douces de MadagascarChapitre 8 sur 33 · II. COUTIÈRE · texte numérisé non relu

II. COUTIÈRE

Un second spécimen de plus grande taille (74 millim.) décrit plus tard par de Man, diffère notablement du premier (46 millim.) par la forme de sa grande pince. Les doigts sont deux fois plus longs que la paume, les dents qui constituent leur armature sont très effacées comme sur le dessin d’Ililgendorf, de sorte que la plus importante différence entre les deux espèces disparait de ce fait.

Voici maintenant les remarques que j’ai pu faire sur les 18 spécimens de Madagascar que j’ai examinés. 11 s’y trouve 17 + et 1 9 .

La longueur du rostre varie légèrement; elle peut atteindre celle du pédoncule antennulaire et même le dépasser très faiblement, mais ne dépasse pas d’ordinaire le milieu de l’article distal. Sur un spécimen, elle ne dépasse guère l’extrémité de l’article antennulaire médian.

La formule rostrale est assez variable, sans rapport direct avec la taille, comme on peut le voir par l’examen du tableau (p. 276). La crête rostrale s’étend au plus sur le tiers du céphalothorax, avec quatre dents.

Dans les spécimens d’Hilgendorf, le rostre est très légèrement plus grand que le pédoncule antennulaire, sauf dans un cas; dans ceux de de Man, il ne dépasse pas l’extrémité de. l’article médian, mais la formule rostrale est la même :

Hilgendori indique

-, de Man -—.

Le rostre est droit dans les deux spécimens vus par de Man, courbé dans les spécimens d’Ililgendorf et ceux que j’ai examinés (convexe, puis concave d’arrière en avant). (PL IX, fig. 1.) Sur les jeunes, toutefois, j’ai vu le rostre presque droit, coiûme dans le dessin de de Man.

Une différence plus réelle est celle de l’étendue du rostre, qui ne dépasse jamais, chez nos spécimens, le premier tiers du céphalothorax avec 4-5 dents. Si tous les spécimens malais montraient avec la même constance le caractère qu’indique de Man (rostre s’étendant sur la moitié du céphalothorax), ils devraient constituer une race ou une

variété distincte, mais cette différence ne saurait avoir une valeur spécifique, en raison des ressemblances accumulées dans les formes de ces deux provenances.

Le caractère tiré de l’inégalité des uropodes a une importance véritablement très faible. Le plus souvent, comme chez les P.Jepiclaclyloïcles de Man, la rame externe est très légèrement plus courte que l’interne ; mais le contraire se rencontre aussi et les différences sont si minimes que nous ne voyons pas comment on peut les apprécier sûrement. D’ailleurs, sur l’un des types de de Man, ces différences de longueur ont disparu.

Des deux pinces de la l re paire, la plus petite ne donne lieu à aucune remarque. Elle ne montre dans tous les spécimens que des variations très faibles dans sa forme et son armature de soies raides et serrées, et ressemble étroitement à l’appendice homologue chez les P. hirlimanus Milne-Edwards, et les P. placklus , de Man. (Pl. X, fig. 13.)

La grande pince, au contraire, varie de façon remarquable dans les proportions relatives de la paume et des doigts, ainsi que dans l’armature de ceux-ci. De Man a bien vu l’étendue de ces variations, en plaçant dans la même espèce les spécimens de P. lepidactyloïcles qu’il a décrits, malgré la forme très différente de leur grande pince. Les spécimens de Madagascar, que j’ai examinés, me permettent de combler de la façon la plus graduelle la lacune qui sépare les formes extrêmes de cet appendice chez les P. lepidactyloïdes , et de montrer que les P. lepklaclylus ne saurait être séparé de cette espèce.

Le tableau ci-contre indique les caractéristiques des 18 spécimens examinés (1).

Le graphique qui l’accompagne a été construit en prenant pour base la différence existant entre la longueur de la

(1) Les dents qui constituent l’armature des doigts se laissent partager en 4 groupes; (Voir Pl. IX.) 0 indique rhiatus correspondant à une dent du doigt opposé. Le dernier nombre exprime la somme des denticules qui se trouvent sur chaque doigt, à la suite des dents, de part et d’autre de l’arête tranchante médiane.

H. COUTIERE

LONGUEUR

RAPPORT du rostre

es 3

es -5 "3 s .ST =»

GRANDE PINCE de la 2 e paire.

fer

par rapport au péd.antennulaire.

céphaloth.

et du

céphaloth.

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