‹ Les palafittes: ou Constructions lacustres du lac de Neuchâtel (volume 2)Chapitre 6 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

11 y a bien longtemps que les riverains des lacs suisses ont connaissance d'anciens pieux qui existent dans bon nombre de lacs, s'élevant à 30 ou 60 centimètres au-dessus du fond, sans jamais atteindre la surface. Au lac de Neuchâtel , ils étaient surtout connus des pêcheurs qui les redoutaient comme une -cause d'avarie pour leurs filets. Sans doute que plus d'une fois aussi les bateliers, en traversant la baie d'Auvernier ou en longeant la rive méridionale par un temps calme, se sont arrêtés momentanément au-dessus de ces piquets, se demandant; qui pouvait avoir eu la singulière idée d'enfoncer des pieux à une pareille profondeur, et comme personne au village, pas même les plus vieux pêcheurs, n'avait rien à raconter sur Içur origine , on se bornait à en conclure que « tout cela devait être bien ancien. »

J LF.S PALAFITTES.

Plus d'une fois aussi on avait retiré de la vase des lacft, par les oaux basses, de grands bois de cerfs et des ustensiles étranges, dont Torigine était inconnue, entre autres au lac de Zurich , en 1829. Mais tout cela était resté une lettre morte. On y avait vu quelque chose de bizarre et rien de plus. 11 a suffi d'une idée pour rendre en quelque sorte la vie îi ces vieux débris et leur faire raconter des choses merveilleuses. Un homme de vraie Bclouco vient h passer prtvs des travaux qui pendant les basses eaux do l'hiver de 1853c\1854 s'exécutaient à Meilen sur le lac do Zurich. On lui montre les piquets à demi décomposés qu'on retire d'un limon noir sur la plage que le lac vient de quitter momentanément, et par-ri par-là quelques fragments de vieille poterie, ('cite poterie trfts-grossièrc est évidemment ancienne, mais elle n'est pas romaine, car elle est noire, imparfaitement cuite, et façonnée k la main, sans l'aide du

tour h potier.

Les UwStensilesJes armes, les pieux qui l'accompagnent ont un air encore plus primitif; ils rappellent des objets analogues recueillis dans les tourbières de la Scandinavie et doivent, par conséquent, être d'une trèshaute antiquité. Ce qui n'avait pas été entrevu, c'est le rapport de ces objets entre eux, et spécialement aveales pieux enfoncés dans la vase. Va\ effet, les armes et la poterie ne sont pas disséminées au hasard, elles sont limitées K une couche particulière, d'une épaisseur de deux pieds, qui a reçu le nom de « couche archéologique » CuUur-Schicht. De plus , elles sont concentrées autour des pieux, où on les trouve en quantité, tandis

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