Bulletin de l'Académie des sciences de Vienne, tom. LI
tji LES l’ALAFITTES.
tité prodigieuse de fragments de poterie, tantôt grossière et mélangée de petits cailloux, tantôt homogène et ii pâte fine, ce qui indique non pas un peuple possédant simultanément tous ces objets de pierre, de bronze et de poterie, mais simplement que ces lieux ont été habités pendant plusieurs âges consécutifs.
M. Forel a recueilli aux environs de Morges un bracelet de tous points semblable il ceux de sa magnifique collection lacustre. M. Gerlach a découvert dans les atterrissements de la Sionne, près de Sion en Valais, des bracelets caractéristiques de l’âge du bronze, accompagnés d’ossements calcinés, ce qui tendrait à prouver que les peuples de cette époque avaient l’habitude de brûler leurs morts, et ceci suffirait au besoin pour expliquer la rareté des ossements humains.
Enfin M. Thioly 1 a recueilli l’année dernière, dans une des grottes du Grand-Salève (la caverne de Bossey), près de Genève, une quantité de fragments de poteries qui, par leurs dessins, rappellent tout à fait la poterie de l’àge du bronze. Des fragments de vases non moins curieux, bien qu’à pâte plus fine, accompagnés, comme au Grand-Salève, de nombreux ossements, ont été trouvés il y a quelque temps, par M. Otz, ingénieur civil, dans une grotte au bord de la Reuse, dans le canton de Neuchâtel.
t. Débris do l'industrie humaine trouvés dans la caverne de Bossey. Genève, 1 863.
AG K DU BHONZK.
EMBLEMES RELIGIEUX.
> Jusqu’ici nous n’avons découvert aucune idole ni rien qui ait trait à un culte, à moins qu’on ne veuille envisager comme des emblèmes religieux certains objets en terre, les soi-disant croissants lacustres. Ces objets ont, en effet, la forme de croissants, la courbe et les cornes variant suivant les exemplaires ; quelques-uns sont munis d’une espèce de tige ou de pied, mais cependant trop étroit pour les faire tenir debout. Il y en a qui mesurent jusqu’à 40 centimètres. La plupart sont en argile mélangée de grains quartzeux et de petits cailloux, comme les anneaux de support des vases, mais néanmoins ornés de dessins très-grossiers et seulement d’un côté. C’étaient en tous cas des objets de peu de valeur, tant pour la composition que pour la forme; et comme il est impossible de leur assigner un usage quelconque, on s’est demandé s’ils ne représentaient pas peut-être des espèces de talismans oti de symboles religieux, qu’on suspendait soit à l’intérieur, soit peut-être à la porte des habitations, ce qui expliquerait pourquoi il y en a qui sont percés d’un trou destiné évidemment au passage d’une courroie.
Les premiers croissants lacustres ont été découverts par M. Schwab à la station de Nidau; mais comme cette station renferme des débris des trois âges, tandis que les vraies palafittes de l'âge du bronze n’avaient rien fourni de semblable, M. Troyon 1 en avait conclu qu’ils devaient appartenir au premier âge du fer plutôt