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un peu les lames damascées, comme si elles étaient composées de rubans ou de rognures qu'on «aurait forgées ensemble. Il n’y a que les bords qui soient parfaitement lisses, à l’instar des lames d’Alise ! . Plu—
1. M. V. do Reflye remarqua à l'égard de ce type d’épée qui est
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sieurs sont munies d'une marque de fabrique près de la poignée (fig. 74).
Remarquons ici que presque toutes les épées que . nous possédons ont été recueillies sur un espace trèslimité, de quelques mètres carrés, circonstance qui semble militer en faveur de l’idée que nous avons exprimée plus haut (page 64) à l’occasion des constructions de l’âge du bronze, à savoir que c’étaient plutôt des magasins que des habitations proprement dites. On se représente difficilement comment tant d’épées se trouveraient réunies dans une seule habitation, à moins que ce - ne soi pour une défense désespérée. Mais, dans ce cas, il serait peu probable quelles fussent neuves et dans le fourreau.
Le fourreau (fig. 73) est en fer battu . composé de deux feuilles très-minces dont l’une recouvre l’autre, à l’exception de la partie inférieure, qui est garnie d’un cordon en fer arlistement travaillé, embrassant les deux bords du fourreau. Le haut du fourreau est muni d'une plaque spéciale qui porte l’anneau de suspension, et dont les bords servent d’encadrement aux dessins trèsremarquables qui caractérisent ces fourreaux. Ces des-
assez frequent à Alise et que les Gaulois auraient déjà porté du temps de Camille, ce qui suit : « Dans ces armes, les tranchants ne sont*pas du même fer que le corps de la lame. L’ouvrier, après avoir forgé cette partie avec du fer très-nerveux, étiré dans le sens de sa longueur, soudait, de chaque côté, de petites cornières en fer doux pour former les tranchants ; ce fer était ensuite écroui au marteau. Le soldat pouvait de la sorte, après le combat, réparer par le martelage les brèches de sa lame, de la même manière que les faucheurs rebellent leur faux lorsqu’elle est ébréchée. » Revue archéologique, Novembre 1864, p. 347.
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AGE DU l'ER.
sins avaient, dès l’origine, attiré l’attention de M. Ferd. Relier, comme étant également étrangers l'art romain et à l’âge du bronze. La plupart des dessins sont gravés au burin vacillant (Tremulirstich), si bien qu’en les examinant de très-près, on reconnaît les va et vient de l’instrument qui les a tracés. Quelques fourreaux sont ornés de dessins au repoussoir; c’est en particulier le cas d’un échantillon unique de notre collection qui re-
présente l’emblème caractéristique des Gaulois (fig. 75), savoir le cheval cornu, tel qu’il se retrouve aussi sur les monnaies de la Tène. On remarque en outre, sur la face opposée à celle qui porte l’agrafe de suspension, une sorte de granulation qui rappelle quelquefois la peau de chagrin et d’autres fois certaines damasquinures que les armuriers modernes obtiennent par l’emploi des acides.
LF.S PALAFITTES.
Ces ornements et dessins de fourreau ont, sous le rapport ethnographique, une bien plus grande importance que les épées elles-mêmes , attendu qu’ils sont jusqu’ici exclusivement propres à l’âge du fer, tandis que la forme de la lame s’est conservée pendant les époques subséquentes.
A côté des épées et des lances, nous trouvons à la Tène un nombre assez considérable de javelots en fer, de petite dimension (10 à 12 centimètres), et d’un travail beaucoup moins fini, sans arête médiane, mais avec une simple douille (fig. 76) dans laquelle on retrouve
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quelquefois le clou qui la fixait au lut. Ces javelots sont de tout point semblables k ceux de la collection d Alise. Or, il résulte des essais qui ont été faits à Sainl-Cier-
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main , sous la direction de S M. l’empereur Napoléon, que ces javelots ne pouvaient avoir d’elïicacité que comme armes de jet, qu’on lançait au moyen de lanières connues sous le nom à'amentum. Ces fers sont, en effet, trop légers pour avoir appartenu à des javelines lancées à la main, tandis que les expériences faites par les soins de l’Empereur prouvent qu’un trait léger que la main ne peut projeter qu’à vingt mètres au plus, pouvait atteindre, à l’aide de l’amcntum, une portée de quatre-vingts mètres 1 .
D’un autre côté, la confection de ces fers est assez peu soignée pour expliquer comment on pouvait se résoudre à en perdre un certain nombre. Il paraîtrait ainsi qu’il existait chez les Gaulois des corps exercés à lancer la javeline au moyen de l’ainentum, comme
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d’autres lançaient des pierres ou autres projectiles au moyen de la fronde.
1. Verchère do Reffye, les Armes il' Alise, page 45. Extrait de la Revue archéologique.
i. M. Vogt, l'éminent anthropologiste do Genève vient .de nous signaler l'existence d'un dessin tout à Tait semblable, sur la grande mosaïque de Pompeï, aujourd'hui l'un des ornements du Musea reale
On n’a trouvé jusqu’ici aucune trace de pilum à la Tène, ce qui tendrait à prouver que le pilum n’était pas une arme gauloise, et que ceux qu’on a recueillis pêle-mêle avec les javelines et les épées gauloises dans les fossés d’Alise, proviennent des légions romaines, ainsi que ces lances effilées portant une croisière près de la douille, et que l’on suppose avoir été des lances de cavalière. Les flèches en fer, si abondantes à. Alise, ne ne se trouvent pas non plus à la Tène, ni les épées courtes et terminées en pointe aiguë, avec un renflement médian, h. l’instar des lames de l'âge du bronze, et qui étaient sans doute destinées , comme ces dernières, <i frapper d’estoc.
D’un autre côté, il est â remarquer que les grandes lances en forme de hallebardes que nous avons décrites plus haut, sont jusqu'ici propres à la Tène, et n’ont encore été trouvées nulle part dans les Gaules. Ce qui s’en rapproche le plus, ce sont certains fers à forme flamboyante de la collection d’Alise 1 .