DANS L'ÉGLISE DE LA PRISON CELLULAIRE
— Pas même Radam de l’Aÿda (opéra de Verdi) n’a été enseveli dans un trou comme celui-ci pour y mourir.
C’est un gîte de porcs, et non un lieu à entendre la messe. RISULIN .
(1) C'était écrit dans la cellule 250. Et en cherchant j’ai trouvé un bout de crayon et du papier.
(2) Pour comprendre la valeur de ces épigraphes il faut savoir que pour la seule construction de l’église de la prison cellulaire en question, on dépensa plus de 500.000 francs, qu'elle est de forme ovale et que l'autel est au milieu, entouré
PALIMPSÈSTES DES PRISONS 35
— Le comte Ugolino (Dante) traîna des jours moins durs que le pauvre Bersagliere que l’on fait mourir dans cette niche à chiens pour lui faire entendre la messe. Pauvre humanité!!!
— Ne pas prêter attention à ce quiest autour de soi, mais écouter la parole de Dieu et être dévoué au Seigneur : c’est le devoir.
— De cette tombe priez pour l’âme du pauvre Cairot Pasquale, que l’on mit à tort en prison.
— Veni, vidi, vici : c'est bien comme je croyais, c'est-à-dire barbarie et cruauté pour qui vient prier à l’église.
Le nom des brigands, Est écrit dans tous les chants (angles)
— Passanante tenta de tuer le roi, Passarot tuera tous les gardiens et délégués.
— Comme nous sommes peu de chose, pauvres mortels! Nous nous montrons amis les uns les autres, pour nous décrier ensuite secrètement. GIoRG10.
— En m'agenouillant ici au pied de la croix, je sens un frisson de remords pour les crimes commis. Dieu me pardonne!!!
— 89 s’avance et la Commune cette fois mettra le monde en l'air.
— Ce trou porte le nom de lPäge du Christ (33) qui damnera tous les juges injustes et corrompus ainsi que les espions.
Le Bersagliere, pendant que Don Mar... dit la messe, se masturbe dans cette cellule.
— J'aimais d'un saint amour, mais je ne fus point compris. Son indifférence m’'entraina au crime.
— Vous tous qui venez ici, dites un ave pour moi.
de trois rangées de loges de 1 1/2 m. q. fermées par une petite porte de 0 m. 70 de largeur.
Chacune de ces cellules a au milieu un trou carré partagé en deux par deux barres en croix et dans chacune on renferme un détenu.
Pour y arriver il est contraint de passer par une suite de corridors et d’escaliers qui n'ont plus de fin d’où il résulte qu'avant d’être arrivé à destination il à tout le temps imaginable de parler, échanger des billets, etc., avec ses compagnons.
— Don Mar... est une brute stupide et un äne.
— Je cherche la paix et même ici je ne la trouve pas. Cette cellule me rend encore plus triste et je n’y reviendrai plus.
— Quand je serai hors d'ici je pourrai me payer tous les plaisirs avec les filles. Aujourd’hui il ne me reste qu'à me masturber à la santé de Thérèse, d'Italia, etc. etc.
— Pour moi, je le dis franchement, je préfère une fille à mille beaux jeunes garcons.
— Pour avoir écouté les conseils des mauvais camarades je suis tombé ici pour la deuxième fois (et ce sera la dernière); mais aujourd'hui que je te connais, que je puis lire quelques-uns de tes billets, je sens que la vie de la prison m'est moins dure, moins ennuyeuse. ({) VITTORINO.
Je t'assure qu'aujourd'hui je préfère un de tes billets qui me parle d'amour, à tous les plaisirs que je peux me procurer dehors avec les amis. (1).
Tout ceci est évidemment une espèce de correspondance clandestine, tenue spécialement à cette époque de l’année où qui veut peut assisier aux exercices religieux des fêtes de Pâques. Une preuve évidente nous en est donnée par les deux inscriptions ci-dessous
— Je me réjouis en pensant que mes conseils et mon amour te pourront donner quelque soulagement; pense que nous ne sommes que de passage ici et que tôt ou tard nous en sortirons : en nous retrouvant hors d’ici tu me connaîtras mieux. Adieu. B. 1(1).
Il y a des choses qu'on peut admettre quand elles sont exposées avec éloquence, mais différemment elles ne peuvent être acceptées, même quand elles descendent de la chaire.
— Hier puissant, hier riche, aujourd'hui je suis reclus ici dit Ras-Alula.
(4) Déclaration pédérastique... à Péglise.
a, FE 0)
Lg a :
= GET 22 er
ah 4 pull Le Le
Pa Ë
ve ‘ua
TLCeD FALL 7.
lo nn y 20n6 direrde é
Fig.
On me veut condamner parce que j'ai tué un homme. Or il yen a trop d'hommes dans le monde.
Giovanni F...
Je suis innocent, car je n'en ai lué qu'un seul qui me voulait arréler.
En 1890 sortira M.., celui qui fut condamné à 15 ans de chaîne pour avoir élé trop bêle, celui qui se laissa embrouiller par Rundula, — celui qui fut la ruine de sa mère et de son frère, — celui qui a des cornes longues d’un mètre que sa très chère femme lui fait porter.
— Et tu nous parles de charité chréüenne ? Parles-en à ces bourreaux qui nous tiennent enfermés ici, à tort ou à raison, mais toujours avec des moyens barbares. {Ces paroles sont adressées au Fig. 5 prédicateur).
— Amour ! Et qui peut définir cette parole ? Les poètes la célèbrent en vers sublimes, les écrivains dans des livres éternels, mais personne ne pourra jamais en dire le véritable sens et les mille folies qu'il fait commettre.