NUM.23 FARE
Fig. 9
Fig. 10
né sous l'influence d’un astre bienf une fille de mœurs légères et part
Mais une nombreuse série de pictographies simples est fournie par les tatouages.
Beaucoup de ces tatouages expriment leurs désirs, reproduisent leur histoire.
Ainsi M... qui essaie de tous les méliers, voyage et visite la moitié du monde, à 12 ans s'enfuit de la maison paternelle, s’embarque sur un navire marchand et fait naufrage ;il nous dit avoir changé de maîtresse comme de chemise, se vante d'avoir été l'ami de Mottino, se croit
aisant ; à 20 ans, il épouse
avec elle, à pied, jusqu’à
Genève, avec 22 sous et l'abandonne 7 jours après ; il est maintenant espion et souteneur. Il dépeint sur sa peau toute son
histoire (p. 49, fig. 29).
Ps * PAR ES
BDPELAYES. tee Fig. 11 Fig. 12
Cruche peinte par,.un voleur de grand Il est trainé devant les juges, etc. chemin. — Fait l'histoire de son crime :
1° Il vole un promeneur avec qui l'a mangé: 2° Il Ss'enfuil avec sa valise:
3° Il est arrété.
Fig. 13 Fig.14 1. Le bossu violateur (son portrait). - 4. Une autre belle se fie a l'amour de 2.11 se promène avec sa belle.— 3. Amour ce bossu. — 5. Il en naît un enfant. — charne. 6. Les deux amantes se plaignent au
tribunal.
Un dessin rappelle le bâtiment «/’ Espérance » qui a fait nau-
frage sur les côtes d'Irlande, et sur lequel il s'était embarqué comme mousse.
ah D J SAYS
Vengeance contre un espion
qui s'appelle Sunder
Fig. 16
Le chapelain
des prisons de Turin
Fig. 15
Une tête de cheval indique le souvenir de celui qu’il tua à 12 ans à coups de couteau, par pur caprice.
Un casque indique le gardien qu'il veut tuer.
Le portrait de Mottino rappelle ses sympathies pour ce brigand.
Un luth rappelle son ami, habile joueur de guitare avec lequel il voyagea la moitié de l'Europe.
L'étoile « sous l'influence de laquelle il est né. » dit-il. La couronne royale, souvenir politique, dit-il, mais plutôt dirons-nous, indice de ses nouvelles fonctions comme espion.
GIUSEPPINO INUOCENTL
A bord il voulut perpéluer le souvenir de sa maîtresse en tatouant son image sur son bras le corps nu ; mais le capitaine s’y étant opposé et ne pouvant terminer le dessin commencé, à la place de la tèle, il tatoua un cœur, symbole de l'amour.
Giac.. Francesco, de Vercelli, âgé de 44 ans, voleur, expulsé de France après avoir élé sallimbanque, et soldat dans la légion étrangère, porte sur le bras droit : les initiales de son nom et celui de sa maîlresse ; —un sauvage, souvenir de son
110 SONO séjour en Afrique ; — 2 co-
UN: lombes,emblèmede l'amour DISCRAZIATO IL MI10 pur; — une sirène — une DESTINO E D} MORIR femme vêtue en saltimban- IN PRICIONE que avec une colombe dans STRANGOLATO la main droile, souvenirs
de sa lroisième maitresse —
Fig. 19 les insignes de son métier de forgeron — un tabernacle. Sur le bras gauche deux lutieurs, souvenir de F 2 i l’époque où il était saltimbanque — la tête d’un perce LOL VAR SET zouave, souvenir de la lé- ST gion (p. 97, fig. 28).
Ce N
POVERI MERLI JN GABBIiA GUESTO GALLO ANNUN2Z\N
LA LIBERTA À PIJANCI PER LA PICCIA AUDISIO. 10 NON SONO MAI STATO IN GUESTO CARCERE 1° A MEROA À LE NOVE VIVA Mt BECCO
Fig. 21
Ce côté mnémonique du tatouage, si utile pour établir l'idenlité, est de l'atavisme pur. Chez beaucoup de sauvages les tatouages sont des archives historiques. Il nous donne un
véritable état des délits commis et à commettre el pourraient, de ce côté, avoir une application immédiate : la séquestration de ceux qui ont ainsi démontré officiellement leur intention d'accomplir un crime, comme nous avons vu, par exemple, chez Callimette et F... qui s'étaient tatoués 17 points sur la verge en se promeltant de sodomiser 17 fois un espion.
Quelquefois ces signes forment quelque chose d'intermédiaire entre l'écriture et la peinture comme étaient à l’origine les biéroglyphes. Ainsi des clefs font allusion au secret; un loup représente la faim, un poignard, une tête de mort indiquent la vengeance.
Ce sont là de véritables signes hiéroglyphiques ; une figure caractéristique, c’est celle de la page 42, pour indiquer un vol.
Un alphabet cryptographique complet me fut révélé par un détenu (P. 46, fig. 17).
Il faut y ajouter ce que nous pourrions nommer les vrais hiéroglyphes phonétiques dans lesquels les figures par leur union forment une épigramme, une périphrase entière comme :
S P.., maçon, voleur actuellement expulsé de France, qui a sur le bras droit un dessin de deux personnages qui coïtent et qu'il affirme être l'illustration des mots : Jeu du billard anglais ou les billes poussent la queue ; et, sur le bras gauche, un chien qui sodomise un gendarme, illustration de cette phrase : Un chien qui emmanche un gendarme, (c'est un double mot de mépris à l'adresse de la police). (P. 57, fig. 29.)
Q... a sur le bras droit un cœur percé et à côté la tête d'un poisson — maquereau — synonyme du mot souteneur et signifie, véritable hiéroglyphe phonétique, que sa maîtresse de cœur l’a abandonné pour un Alphonse (P. 51, fig. 23).
Quelquefois dans les tatouages, ils tracent des figures qui ont une signification toute intime, toute spéciale qu'on pourrait nommer hiéroglyphes individuels : par exemple, un qui avait tatoué un nœud de Salomon, une sirène et une croix, me disait : « Le premier me rappelle qu’en 1879, je fus emprisonné
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TATOUAGES DE CRIMINELS
en Egypte pour assassinat ; la sirène avec une ancre me donne le souvenir d'une condamnation à trois mois de prison pour désertion d’un navire à Constantinople ; j'ai fait la croix pour ne pas revenir en prison, mais ... inutilement. »
F... camorriste, maintenant incorporé dans l’armée, agé de 22 ans, se tatoua un cilronnier, faisant ainsi allusion à la douceur des premiers temps de son amour et à leur acidité après la trahison de sa belle. Sous cette plante, en effet, il a tracé un V. — vengeance. — Sa pensée constante est de se venger en coupant le nez à son infidèle ; mais il veut le faire lui-même afin de mieux jouir de la douleur qu'il provoquera.
Les tatouages sans légendes ne manquent pas, ce sont même les plus nombreux ; mais le plus curieux et le plus important pour la science, est ce dessin (p. #06, fig. 18) d’un cordonnier, voleur de grand chemin, pelit, sub-microcéphale et tout à fait illettré, qui avait, en compagnie d’un boiteux, commis un vol sur une route. Ille broda sur son gilet, en l’entourant de ces mots: Giuseppino, innocent, qu'il traça comme on trace un dessin, sans seulement savoir l’épeler et obligé de se faire enseigner les lettres par les autres.
Le plus étrange c’est qu'il prétendait que ce dessin devait lui servir de document officiel prouvant son innocence, d’une instance pour obtenir la cassation de son jugement — et pour cela il me confia son gilet; mais quand on le lui restitua sans le décret de grâce que, d’après lui, il devait immédiatement en obtenir, il se mit en fureur, me menaça violemment, détruisit ce document sans vouloir le reproduire à aucun prix, quoiqu'il fût pauvre tout-à-fait.
D'autres figures, 19, 20, 91, etc., ne sont qu'un déterminatif et une adjonction aux inscriptions : ainsi dans les #g. 16 et 6 (Rig, celui qui était hôtelier dans son pays), confirment les menaces de vengeance et autant et même mieux que ceux à la fig. 5. — Important par son obscénité est le N° 3, d'autant plus que, inscrit sur un livre sacré, il était accompagné d’un organe génital que j'ai omis, ce qui montre l'inefficacité de semblables livres entre leurs mains,
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TATOUAGES DE CRIMINELS
Egalement très important, est le portrait autographique avec inscription du N° {. C’est un assassin qui écrit de lui-même : « Je suis tel que vous me voyez, Giovanni F..., Je suis innocent et on me fait rester seul ici parce que j'en ai tué un qui voulait me faire arrêter 1l y a dix ans. Malheureux que je suis ! on veut me condamner quoique je n’aie tué qu'un seul homme alors qu'il yen a de trop au monde! d’ailleurs c'était un espion.
Parmi les autres dessins se trouve une femme nue avec les cheveux dénoués, dessinée par un chef de bande ; au milieu le mot Fica (vagin), en haut Sfrega (élroit) et autour : Et celle-là abhorre les espions et aime les galériens (Voir fig. 10, p. 49).