‹ Les palimpsestes des prisonsChapitre 56 sur 131 · MAUVAISE FEMME · texte numérisé non relu

MAUVAISE FEMME

Belle à voir, dans ses riches apanages — Apparaît aux mortels l'épouse désirée — Mais dans son cœur — tu ne le croirais pas — Elle cache du fielet le donne pour rose.

DROLESSES

Sortez, drôlesses infâmes, de ma pensée. — Horrible, malfaisante raison de pleurs — Tombeaux aux vivants, qui pour un léger crime m'avez chargé de peines et de fers — Traînent une vie de douleurs et d’angoisses — Brisée de honte et de malheur — Semblable à celui qui noie sa raison dans le vin — je m'étourdis quelquefois, je chante, — Mais la douieur m'oppresse el je suis vaincu aussitôt (1).

Prison

Immuable et aride, conservant à travers les saisons qu'elle

ignore, le visage fixe et pincé de la pauvreté soucieuse, — la prison demeure insensible aux beautés changeantes de la nature — Les arbres ont beau se couvrir de fleurs ou de fruits, — les

briques et les barreaux de cette geôle ne donnent que la mème

récolle de... souris (1).

(1) Le décousu de la pensée est évident.

Lorsque tu sorliras de cette bastille infâme. Fuis-la, fuis-la, dix mille au loin. — Va-t-en au bout du monde, dans la lune même — (Où aucun souvenir ne le tourmente — Et si tu montes jusque là-haut — Alors tu pourras t’écrier : je suis heureux.

Je veux vous dire une chose — Que vous n'ayez plus à souffrir — Ces geôliers, vous savez — sont une masse de coquins — Toujours ils font des rapports — Petits et grands ils en font beaucoup — Pour nous faire rester sans potage — Surtout dans les jours de fête — On nous mène au-devant du chef — Qui toujours prétend avoir raison — Si nous cherchons à justifier nos fautes il dit au geôlier : Emmène-les dans le cachot de punilion.

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