‹ Les palimpsestes des prisonsChapitre 60 sur 131 · RÊVE · texte numérisé non relu

RÊVE

Je révais qu'au coucher du soleil — j'étais assis au bord de la mer — Des grands éclairs... il pleuvait — Et le ciel s’obscurcissait.

Entre les dents je tenais un cigare — Et je me sentais presque par la fumée — Inspiré à faire de la poésie.

Je voyais au large passer — Un frêle navire — Et avec l’esprit je croyais être sur son bord.

Tout de suite après — je vis une jeune fille pâle et mélan-

colique, mais si gentille !

Elle avait des yeux — azurs comme le flot — Elle avait une grande chevelure blonde.

Mais aussitôt la vision changea. — Et la pâle créature-—devint rouge avec une noire chevelure.

Ses vagues pupilles — s’assombrirent peu à peu. — Elles

devinrent presque noires — et étincelantes de flammes,

Après, mon rêve s'évanouit — j'étais encore sur le rivage — L’'éclair s'éloignait et la mer mugissait.

Les flots grossissaient — aidés par les vents — lout était triste à l’entour et mon cigare éteint.

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