‹ Les palimpsestes des prisonsChapitre 61 sur 131 · AUTRE RÊVE · texte numérisé non relu

AUTRE RÊVE

J'ai rêvé Ginota! avec une riche robe brune — ornée de pierres bleues — elles’asseyait près de moi el m’étreignait d'une de ses mains — et tel était le plaisir de ma délectation — de l'avoir une fois enfin réduite — que je me pris à la regarder, et elle me plut tant — que ma joie se versa en pleurs — mais bientôt la vision disparut — Disparut la bien aimée — et j'embrassai des larves.

AMOUR

Oh vous dont le jeune âge sourit — qui aimez par nature le sexe faible — si vous n’ètes pas des sots, n'allez donc plus en avant — Revenez en vous-mêmes, ouvrez les yeux au jour.

Revenez, revenez voir les amis — seulement avec eux on

mène des jours heureux. — Ma mère si tendre, mon père chéri — tous pleurent ma cruelle destinée.

Je maudis toutes les femmes, — le jour que je les aimais. le jour où Je les étreignis au feu de l'amour. — Mais le mal a fini, Je.ne sens plus la douleur — la femme que j'aimais, je sens que Je l'aime encore.

Le D° Ferrière n°a donné plusieurs petits poèmes d'un homicide Brésilien. C'est un séminariste de vingt ans, très versé, il semble, dans les lanques classiques, et qui tua, pour la voler, une prostituée ; il fut gracié.

MES cHANTS

Il bouillonnait dans ma tête comme matière incandescente — comme dans un crâne de fou — ce poème de feu — Il chantait un rire noir — Il chantait le Dieu éternel, ou le ciel, ou l'enfer. Mais toujours triste était ce chant. — Et mon livre ! ah! douloureux — d’un esprit mélancolique — Il n'est qu'un frêle écho perdu — Des notes qu'un jour il donna. Cest le gazouillement de l'oiseau solitaire dans un bois.

D'un bandit c’est la lyre plaintive, qui dans une suave mélodie se réveille.

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