SIGNES ET CORRESPONDANCES
Dans le livre : Le premier amour de Léonard de Vinci, Vighetti de Burg (le poète). Arrêté le 10 septembre 1884 à 10 heures du malin, rue Saluce, grâce à une espionne ? Quelle est-elle? C'est ma lante. L'infâme. Je fus ensuite traîné à la questure oùje donnai un faux nom. Mais que voulez-vous ? Ma tante leur avait déjà révélé mon vrai nom. Pendant que je leur donnais le faux, ils me disaient : voici ton nom et non l’autre. Ne pouvant plus me contenir Je me récriai : Oui, ce sera comme vous voudrez. Ils me laissèrent tranquille et m’enfermérent dans la Chambre de sûreté d'où je ne sortis que sept jours après pour être traîné dans celle prison sous linculpation de cinq vols. Adieu, amis (1).
— Je suis Rupetin, arrêlé pour vol. Depuis cinq mois je suis ici et je ne sais rien encore (1).
— Maffioli Alberto, arrêté pour coups et blessures le 16 décembre 1884 au cours de la démonstration du 14 même mois. Innocent. J'ai reçu aujourd’hui seulement le réquisitoire. (1)
— J'ai été arrêté pour vol et vagabondage par Pé moi (pieds mous) etce Priere (surnom d’un délégué)et deux autres agents. Ces deux derniers seuls ne m'auraient jamais atirapé ; mais ils étaient quatre. Ils m'ont fait rester sept jours sur le plancher au pain et a l’eau, Guglia (1).
(1) Informations réciproques entre complices.
— Clerici Constantino dit le Milanais. — Arrêté à Asti, au café Saint-Charles.
— Clerici Costante, âgé de 16 ans, arrêté pour vol de trois foulards de soie, commis à Turin, au préjudice du négociant Boccomi. Valeur 20 francs. Pour ma première condamnation Jj'attrape 6 mois de prison. La loi est égale pour quiconque a de l'argent, Après la peine, la mort ! (écrit avec du sang !)
— Cher lecteur.— Léonard de Vinei fut comme moi disgrâcié en amour ; mais il devint un grand peintre tandis que je suis devenu un grand voleur, trompeur, querelleur. Léonard a un nom dans les annales des hommes illustres, comme nous l’apprend cette petite histoire qui n’est qu'un fragment de sa vie, son premier amour avec la belle Angela Verrocchio. Je ne suis pas peintre, je suis néanmoins célèbre en laissant mon nom dans plus de quarante prisons différentes. On y a pris mon beau signalement qui se rapproche de celui de Chevotti, prêtre à Vanchiglia.
— Ma première maitresse Adalgisia, était de Mantoue, la seconde Adrienne était de Crémone.
— Risolin d’Vanchia.— Ma vie, mes aventures et mes voyages, pourraient composer un petit volume, malgré mon jeune âge, 15 ans. Cette vie je l’ai commencée à 9 ans; à 9 ans sept mois je faisais mon premier mois de prison; ma seconde condamnation fut de 15 jours et d’un an la troisième.
— Pauvre enfant privé de ses parents, pauvre, sans domicile, persécuté par la justice malgré sa conscience pure ; maintenant que je suis seul ici Lout le jour, j’étudie et je songe que je sortirai bientôt d'ici, vêtu en été, sans argent et sans savoir où aller dormir.
— Plaignez le pauvre Limonade traîné dans cette prison et accusé d’avoir trop mangé de pâtes et de fagots: maintenant il endure peine et douleurs.
— Je dois le jour à des parents honnêtes. Confiés aux soins de gens sans cœur; à deux ans je portais encore des vêtements longs. Je suis venu ici du premier coup, la tête la première et j'en porte encore la marque sur le nez. À quatre ans je perdis mon père et ma mère nous à tous élevés moi et mes trois frères qui ont réussi. C'est vraiment avec sa sueur que ma mère à pu
nous envoyer à l'Ecole et nous donner une profession; j'avais à peine 14 ans quand elle est morte el je restait abandonné. Mes frères étaient soldats. J'échouai ici.
Qui me connaît sait bien que je ne suis pas un saint; maintenant je suis coffré pour mes vols, n'importe : je suis, j'ai été un grand homme d’affaires et j'y vois clair dans mon avenir. Voilà pourquoi je répète toujours ce que je disais quand j'étais soldat de la cavalerie d'Alexandrie (14° Régiment) : je rends grâce à Dieu de n'être pas homme à travailler pour les autres.
— Monti Giovanni, dit prêtre de San Salvario, arrêté pour avoir acheté un mouchoir volé.
— Peano Enrico pour blessures dans une rixe. Condamné à rester deux ans dans cette cellule parce qu'il est récidiviste. Perdez toute espérance vous qui entrez ici. Soyons joyeux. Balengo, Porte Neuve.
— Landi Genaro, soldat de cavalerie, 4 ans de réclusion pour avoir vendu une paire de bottes appartenant à son capilaine. Arrêté le 6 février 1884. Adieu Turin, je ne te reverrai plus.
— Pierre, condamné à 4 ans de réclusion, arrêté le 5 août 1885. On est mal dans cette cellule, sans argent. Adieu, chers successeurs. Au revoir dans l’autre monde.
— Ruvisu de la Lega salue les amis d’infortune. Nous sommes toujours cependant au Manège de chevaux. Bravo !... Des chevaux de monsieur le Marquis marchent bien jusqu'à 80 ans, ils doivent faire sa fortune.
— Berto Cimenta. Je suis innocent. Voilà 75 jours d'attente ettoujours rien |
— Adieu Tanan. Je te laisse ici payer ta part. Pauvre Dieu !
— Berto Cimenta, arrêté Le 9 octobre1885. Innocent. Je ne sais.
rien. Pauvre être misérable ! Adieu ami.
— Chers amis. — Voyez l’infortune de ce pauvre Vigera. Ma mère est malade, ma sœur est malade, mon frère est malade. En somme ils sont tous malades et moi je suis toujours en prison, toujours au pain et à l’eau.
— Je suis un pauvre homme plus digne de compassion que de haine. J'étais encore tout petit quand j'eus le malheur de perdre mon père. De là et voilà la cause de ma ruine morale et matérielle. Mon tuteur spéculant sur tout ce qui m'était nécessaire
et tirait bénéfice de tout, si bien qu’à 21 ans j'étais sans le sou. Vive la Commune. Pour un coup de poing sur la figure, le pauvre Canun à attrapé 30 mois.
Malheureux que je suis Pour un peu de monnaie me voilà prisonnier. De l’acte je n'ai plus souvenance Je les connais maintenant,
Je ne sollicite ni pardon ni pitiè.
— Cette prison est pire qu'une réclusion. Je suis ce pauvre diable de Risolin d'Vanchia arrêté pour vol qualifié en compagnie de Padulési et Faina. Adieu, amis.
— Vive la République et les Etats-Unis d'Amérique. Albert Villa mécanicien. Pour avoir tué le chien de sa propriétaire a été condamné à 2 mois et à 15 fr. d'amende.
N.B. Le chien paraissait être atteint d'hydrophobie et cherchait à mordre ceux qui l’approchaient. Pour ce motif, on a atténué le fait et réduit l'amende de 50 à 15 fr. selon le Code!!! 0 excellent avocat Nasi !...
— Mini salue Baptiste et tous les amis. Que voulez-vous ! Le 2 septembre j'ai fini mon temps comme accusé d'homicide, et le T on m'a encore repincé !... Il n’y a plus de liberté, vraiment!
—- Risono Arturo. Six mois de prison pour révolte à la Générale. Treviso. Ici on entre sans payer. Quand la force et la raison rivalisent, c'est la force qui triomphe en dépit de la raison. Bisono de Treviso 1885-86. Adieu, Ô mes amis.
— Ma chère Louise. Ne pleure plus sur moi. J'ai 20 ans de galères, sois Joyeuse et cherche un parti car pour moiil n'y a plus d'espérance. Quand je serai libre tu auras 7 ou 8 bambins accrochés à tes jupes, et je ne songerai plus guère à me marier. J'ai 22 ans, j'en aurai 42 à ma sortie, Je ne serai plus bon qu'à être massé (être tué). Bayet du 23° régiment d'infanterie.
— Je suis allé avec Murando Giovanni à la bura(au juge). Il a dit qu'il était avec moi cet imbécile, et c’est ainsi que j'ai été arrêté le 25 novembre 1884 comme suspect. Il y a de cela 2 mois et j'ignore tout. Je vous salue tous. Je suis Bellardo Michel.
— Bellardo Michel de la barrière de Stupinigi a été arrêté le 25 novembre 1884 sans motif, voilà 2 mois. Adieu à tous.
— Bartolone Giovanni di Danzo. Arrêté le 26 août faussement accusé d’un vol de 10 fr. Aujourd'hui 10 novembre, je ne suis pas encore Jugé. Race (de chien) (1).
— Pierre, le cocher de Porte Neuve, pour blessures. Qui sait quand je sortirai. Je salue Carletto et Risin ; si je sors venez me voir (1).
— Voilà 48 mois que je suis en prison et mon affaire n’est pas encore close. Je suis emprisonné pour avoir tué un de mes beaux-frères, lavoir coupé en morceaux et envoyé à ses parents. J'ai depuis 15,000 fr. de caution ; ils m'en ont déjà mangé 5,000 et ils espèrent me manger le reste. Brusa Antonio, négociant en étoffes à Turin.
— Arlando Pietro de Milan, accusé de filouterie, salue tous les amis milanais. Et vivent les prisonniers.
— Spigol arrêté le 13 novembre pour celte maudite surveillance. Je comparais le 16 janvier 1885.
— (Réponse). Uher Spigol, sois joyeux, d'ici à un mois nous sortirons et nous irons trouver Tilde. Savio. :
— Brano Vittorio dit le Toscan de Porte Palass, pour vol, salue les amis.
— Mais hélas ! Cette fois j'ai bien peur d’être pendu. Adieu, amis (écrit avec du sang).
— Pauvre Buccaro ! Arrèté le 22 octobre pour la surveillance, après 3 jours seulement de campagne. [était inutle de le laisser sortir !.…. Adieu, amis. L'infortuno Buccaro.
— Naître sans fortune est le plus grand malheur de l'homme. Je suis en prison, non que J aie volé, tué ou blessé quelqu'un, résisté à la force publique, mal parlé du Gouvernement, non, je vais tout vous dire. J'étais caporal major au 5° d’Artillerie, iei à Veneria ; le 20 mars je fus congédié et le 16 avril 1883 arrêté à Bologne. Le 21 je partis pour Plaisance, le 24 pour Alexandrie, le 27 pour Turin et actuellement me voilà dans la cellule 180. D'après l’interrogatoire que m'a fait subir le Juge d'Instruction, j'aurais écrit une lettre injurieuse à un sergent. Par malheur l’idée de retirer mon congé ne m'élant pas venue, je me demande si c’est bien moi... (Il y a une interruption. On lit plus loin et
(1) Informations et saluts réciproques.
peut être écrit par une autre main, quoique les caractères se ressemblent). Je ne daigne pas faire connaître plus amplement ma conduite. Je m’en rapporte à l'illustre Président et à Messieurs les excellents Juges ; peut-on être un oisif en même temps qu'un honnête et laborieux campagnard.
Satires contre soi-méme
Moi je suis innocent comme l’âme des Contrebandiers Comme je serai satisfait S'ils ne m'avaient pas Pris avec ce fagot Je ne serais pas ici sur Le grand château du Mage Dans les lieux en train dec...
Vigletti
— Moretto Paulo dit le chef de ballon. Je 7ure d'être un âne.
Chers lecteurs, je suis un malheureux ici-bas, je n'ai plus l'espérance de m'’enrichir, mais si j'y parvenais je voudrais faire mille extravagances pour compenser les années que j'ai passés dans la misère.
Charades, rébus, chiffrés
Roma 66. Sessanta sel. Rome si tues sainte
Perchè crudel 70. Settanta Pourquoi es-tu si cruelle
16 d’esser santa. Sedeci Tu cesses d'être sainte
Bugiarda 6. Sei Menteuse tu es.
Charade
Parmi les cornards tu trouveras le premier Et parmi les négations le second.
Et parmi les villes italiennes l’entier.
Charades
Vocale le premier Affirmation le second Négation le troisième.
Amiral l’entier.
Chiffré
N4y2z 1 qu2l péänt j2 s53s r2d53t j2 n°13 pls 5n2 ch3752 2t p2rsknn2 n2 v32nt m2 tr45v2r J2 5s3s vrl3m2nt d3 sgr 1c32 14325 1m3s 11l2gr2 P.3n4t (des numéros représentent les voyelles selon leur ordre c’est-à-dire 1, a ; 2, e, etc.)
Enigme
Le temps fuit, fuit pour tous
Pour moi seul il ne fuit pas.
Tout ici bas vieillit et meurt
Mais ma jeunesse est éternelle.
Je me transforme et me revêts de mille couleurs,
Je me cache dansles bois, dans l’onde et dans les fleurs Mais je suis toujours belle et toujours jeune
L’éternel Créateur m’a faite éternelle.