L’EXÉCUTION DE CAMPI
CSSS
Campi a été exécuté.
Le mercredi 30 avril 1884, à cinq ieures moins un quart, la justice les hommes était satisfaite.
Depuis plusieurs jours, une oule immense se tenait, dès le ever de l’aurore, aux abords de la xrande-Roquette, attendant avec inxiété le moment de l'exécution.
Campi, qui s'était montré très alme et très énergique depuis le our de sa condamnation, ne s'est as démenti une seule minute.
Le mercredi, jour fixé pour l'exéution, vers quatre heures du nalin, le directeur se transporta à a cellule de Campi, pour lui faire savoir que son pourvoi était rejeté t que le moment fatal était arrivé
Campi dormait d'un sommeil si profond qu'il nentendit pas ntrer le directeur. Pourtant celui- :i, accompagné du brigadier, de leux gardiens et de trois agents de a sûreté, n'avaient pas dû pénérer dans la cellule sans faire de ruit. Il fut obligé de toucher ampi à plusieurs reprises pour e réveiller. Celui-ci s'étant souevé sur son lit: « Mon ami, lui lit le directeur, je viens vous prévenir que votre pourvoi ayant été rejeté, il va falloir vous armer de >ourage, » — « J'en ai, » répondit Campi.
Puis, sautant en bas du lit, il mit des chaussettes blanches passa un pantalon de coutil et demanda de l'eau pour se débarbouiller. Comme l’on redoutait qu'il ne fit un mauvais usage des récipients à eau, et que l’on hésitait à lui en donner,
il insista pour en avoir. « Si vous craignez quelque chose, mouillezune serviette, dit-il, et donnez-la moi. »
Le sous-brigadier versa un peu d’eau sur une serviette et s’apprêta à la lui passer sur la figure, mais Campi s’y opposa en disant : «Je suis assez grand pour me laver seul. » L'aumônier arriva sur ces entrefaites. Le triste cortège quitta la cellule, traversa la cour de l’inlirmerie et arriva au guichet central. où Campi demanda à rester quelques minutes avec l’aumônier, ce qu'on lui accorda. Campi mit fin lui-même à cet entretien. Puis le cortège reprit sa marche à travers les ateliers. Campi, s’appuyant au bras de l’aumônier, causait avec lui. Arrivé près de la lampisterie, on lui coupa le col de sa chemise, on lui mit les entraves et on lui attachales mains derrière le dos. On lui jeta son paletot sur les épaules. — Au greffe, les formalités d'usage étant remplies Campi fut remis aux mains du bourreau, et pour traverser la cour de la Grande-Roquette, il ne voulut le secours de personne.
Il se retourna vers l’aumônier et lui dit: « Je vous en prie. M. l'Aumônier, ne m'accompagnez pas, cela vous ferait trop de peine. »
Puis il se mit en route, demandant à l’'Aumônier si, suivant sa demande, l'entrée de la Roquette avait été interdite aux journalistes.
Sur la réponse aflirmative du directeur : « Tant mieux ! » répondit-il.
Puis la grille s’ouvrant, il se trouva en présence de l’échafaud, il y jeta un coup d’œil dédaigneux et se tournant vers le gardien : « Ce n'est que çà? » dit-il en haussant
les épaules. Le bourreau lui passa | bruit se fit entendre, un éclair
une corde autour du corps et | brilla, le corps s’affaissa, faisant comme il voulait le conduire à la | quelques mouvements nerveux. La bascule : « Laissez, lui dit Campi, | justice avait accompli son œuvre. je suis assez grand pour y aller Un quart d'heure après les passeul; je vais vous montrer com- | sunts n'auraient pas deviné qu’une ment meurt un républicain. » La exécution capitale venait d'avoir tête était engagée dans la lunette | lieu.
et quelques secondes s'étant écou- Ce matin, à la messe, M. l'Aulées sans que le couteau tombat, | mônier nous a dit quelques mots on put remarquer un frémissement | à l’occasion de cette exécution, qui lui parcourir les membres. Un | nous ont profondément émus.
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XIIT, — AGONIE
— Testament fait par Mor.…. P..., qui se suicida le 17 août
1884 dans la prison de Macerata; accusé de 46 viols; déjà évadé de prison par la chambre du juge d'instruction.
« Que le gouvernement se le mette au cul (1); je suis parti ns tant de confrontations. Qu'il me donne maintenant une nne condamnation dont je me moque. Je pars et vous salue us et vous attends à la vallée de Josaphat.
« Je fais savoir à mes parents que je leur donne la sainte bénéction (1).
« Je meurs parce que je suis fatigué de camper entre quatre urs; que le gouvernement fasse ce qu'il voudra, je le salue -dessus.