SCARANARI PIETRO
8. — Un jeune homme qui perdit une grande fortune en excès e tous genres el pour mauvaise administration, s'éprend d’une nauvaise femme, commet un faux pour l'entretenir, puis se oie. On trouve dans son gilet une petite fiole de verre contenant n billet ainsi conçu: Je ne serai pas reconnu, car je ne suis
pas Parisien. Mon dernier désir est que cet écrit soit publié.
Puisse-{-il servir à quelqu'un! Je suis né d'une honnête
famille de province ; pour salisfaire les volontés d’une comé-
dienne, j'ai falsifié, dans quelques lettres de change, la signature de mon père. Le terme de l'échéance s'approche: je devrais supporter le déshonneur, je préfère la mort. Ma famille me fera rechercher; je la prie de cacher mon absence : si pourtant elle veut me faire ensevelir, elle pourra me reconnaître par les journaux si ce billet est publié, et par un talouage qui représente Cupidon qui, avec un dard, blesse un
cœur dans lequel est écrit : « Emilia » (1).
9. — Un homme, auparavant honnête, cède à la tentation, ommet une escroquerie et se suicide :
« Le charbon est enflammé, déjà un air pestilentiel m'en-
(1) Brière de Boismont, Du Suicide, p. 142. C'est un criminaloïde. Le tatouage r une personne de la haute société indique déjà un instinct de délinquence.
mot à mot, en présence du commandant de la prison et de M. le lieutenant. Pendant ce temps je fumais mon cigare et dictais cette lettre de mes propres paroles.
« Aujourd'hui c'est samedi: si le Seigneur me vient en aide, le roi pourrait me faire grâce. Ce matin je pars pour le camp de Bagnoli, route de Piedigrotta. Là se répandra mon sang qui servira d'exemple à mes camarades. Là est le pardon de toutes les familles qui ont perdu leur fils, et moi aussi je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal.
« Je vous envoie directement ces médailles par lettre recommandée et par l'intermédiaire de mon confesseur.
« Quand cette lettre vous arrivera, je sais que vous pleurerez tous sur moi; ne vous affligez pas lant et remerciez tous ceux du pays qui vont à la maison et tous ceux qui se souviennent de mon nom. Remerciez tous ceux qui vous font visite.
€ Quant à vous, Je vous salue de tout cœur, et mon père qui me fait sortir de cette terre ; je vous demande votre sainte bénédiction que vous m'accorderez certainement. .
« Je salue tous mes frères et sœurs et en particulier mon frère Cosimo. Je salue tous mes cousins et tous mes amis.
Il ne me reste pas autre chose à vous dire; je vous embrasse de tout cœur, je vous serre la main el je signe votre fils,
« MISDEA SALVATORE. »