SCÈNE XV
Les Mêmes, LA COMTESSE.
LA comtesse, en robe à paniers .
Mais, chez elle. (A Champagne et à Marguerite.) Retirez-vous.
GIAC, avec chaleur.
Enfin! ma cousine, je puis vous dire toute mon inquiétude ne vous ayant pas rencontrée à la chasse, tout mon espoir de vous retrouver ici; laisscz-raoi vous dire maintenant tout mon bonheur de vous voir...
Dites-moi aussi combien je suis ridicule sous celle robe.
GIAC
Adorable !
Je suis allée la meure bien vite, pensant que c’était mon marj qui revenait ; mais vous ne riez dune pas I
LFS PANIERS I)B I A COMTESSE.
GIAC
CUC*
J'admire! mais j'ai déjà aperçu ce costume à Versailles. Le jeune roi en a paru enchanté... que nembeUiriez-vous pa» d’ailleurs. (Il lui baise ta main. )
Don ! Et monsieur le comte qui prétendait qu’à la faveur de cetto robo... (Elle chante.)
Air i
lion Dira ’ iyse dirait non tsar i bi contant dan* «on «yatèrne?,..
âlic.
île ton» omipes pu de lai,
Sont** I niü* inxior extrême.
LA COMTESSEï |lcM>«l«ait,lb, en matin,
Que ce* panier*, mur formidable, t>e l'ennemi le plu* malin.
Défendraient juejor* à ma main ;
Ab ! le Lun moyen {Alt.) d’étre tmprecablel Mtr» impreitnbln.
L'etcellrnt moyeu |Atl.) d'Olro imprenable, b <krc imprenable;
Je lui» imprenable.
Sérieusement, mon cousin, quo venez -vous faire ici ? eî vous court»! un danger réel en vous présentant au pavillon pour la troisième fois aujourd’hui, vous m’en faites courir un bien plus grand encore.
GIAQ.
Sérieusement, jo viens vous dire qtic vous êtes charmante. la coMtèssE.
Mais vous me l’avez dit cent foisl
CIAC.
Que je vous aime!.,.
Ne me Pavez- vous nas fail assez comprendre? ne ra’aVetvouspds suffisamment compromise?
Oui, vous. O cheval arabe que j’ai trouvé 6 ma porte le jour de la grande cavalcade de la rcioe î GIAC.
Un cheval arabe?
Vous le savez bien... Et cette délicieuse chaise h porteur, et ce superbe collier de perles qu'un roi seul pourrait payer ?
CUC.
Mais, ma cousine, tous ces cadeaux, ce n'est pas moi...
Comment, ce n’est pas vous?— Qui done alors?... Et ce bouquet enfin porté ici, ce bouquet si mystérieusement introduit cette nuit?...
CIAC.
Mais ce n’est pas moi, ma cousine f ce n’est pas moi!
LA COMTESSE, elle Wl VCTS le bouquet.
Commentée n’est jpas vous !... que vois-je?... un billet! (Elle prend le billet dans le milieu au boüqaet. )
CUC.
Mais ce billet n’est pas de moi.
LA COMTESSE, lisant.
« Un jeune gentilhomme, bien jeune, qui veut encore rocher « son nom, brûle du désir impatient de vous dire combien il
• vous aime. »
eue, cherchant.
Un jeune gentilhomme?...
En effet je commence à douter... (Lisant.) « Depuis quo vous
• avez cessé de paraître à la cour, il a cherché à vous faire « comprendre par des présents, trop peu dignes de vous, il est
■ vrai, le rang élevé, mais bien dangereux qu'il occupe. »
CIAC.
Qui donc ce peut être?.., un rang élevé... dangereux?...
C'est bien étraneo! (Lisant.) « Mais il ne pourra garder en-
■ core longtemps Te silence qu'il s’est imposé jusqu’ici. Sera-
• t-il plus heureux quand il se sera fait connaître? C’est ce « qu’il 9ttuta bientôt de votre buuche divine. *
Ce billet est-il signé?
Non...
CIAC.
Voyons récriture, peut-être m'appreudra-t-ello...
la comtesse, remettant le billet a Ci te, à part.
J’éprouve un trouble.
CIAC, à part.
Le roi I
Eh bien ! connaissez-vous cette écriture ?
eue, ému.
Non. ma cousine... (A part.) Je suis perdu. (Haut.) Non, je ne la connais pas. Ma cousine, je yo s disais tantôt que je no partirais pas pour la Bretagne; maintenant plus calme, je dois vous dire que cela dépend de vous. Dites-moi... oh! mais solennellement ! m’aimez-vous?
Je vous trouve charmant, bon, dévoué, aimable... (A part.) Ce billet, je n’ose supposer...
CIAC.
Ma cousine, dois-je espérer qu’un jour ?...
Je suis touchée de vos tendresses... (A port.) Non, ce uc peut être...
CIAC.
0!» ! achevez! je vous en conjure!
Champagne entrant, avec feu .
Madame I.*. monsieur lo chevalier !...
LA C0M1ESSB.
Parle vile I
CUC.
Qu’y a-4-il?
CHAMPAGNE
Monsieur lo comte qui revient de I» chasse I la comtesse, troublée.
Mon maril
eue.
S’il me trouve ici, vous êtes perdue!
la comtesse, a/fimiaticetnt.
Perdue!
CHAMPAGNE
Hâtez-vous I
LA COMTËSSE, è Chain pagne.
Sors! va ! retiens-le un instant. ( Champagne sort!)
GIAC, «perdu.
Comment fuir ?
la comtesse, s'alitant.
Impossible!
CIAC.
Par cetto croisée... Oh! jô la déclouerai! (fl .venue riolemment la croisée, fui, apres avoir résisté, s'ouvre et reste ouverte.) LA COMTESSE.
Inutile! il vous apercevrait! cite donne sur Punique allé 0 par où il vient.
CUC.
Mais où me cacher? Ah ! ici. (Il descend précipitamment vers la chambre de la comtesse.)
C'est ma chambre, monsieur ! (Elle retire la clef de cett chambre et la jette par la porte-croisée que üiac vient d'ouvrir. CHAMPAGNE, du fond.
Madame, le voici...
CIAC.
Ob ! ma cousine... je vais être cause... aucun endroit! aucun) la comtesse, cherchant avec désespoir.
Rien près de nous!... rien autour de nous! mon Dieu! mon Dieu !
CIUMPAGNE.
Madame!... madame I... il monte les degrés du perron. (/Iront de sortir, Champatjne ferme la porte-croisée ouverte jhit Ü iac.)
LA comtesse, frappée d'une idée, poussant un cri.
Ah ! (Elle écarte rapidement un des côtés de la robe qui sert de par -dessus a la robt a paniers ; Üiac s'y cache; il disparaît. y