RAPPORTS DU LIEUTENANT-COLONEL BARON DE STOFFEL
En novembre 1868, M. de Bismark proposait une entrevue entre le roi Guillaume et Napoléon, pour aplanir les difficultés entre la France et la Prusse. Pas plus que M. Benedelti, M. le lieutenantcolonel de Stoflel, attaché militaire à l'ambassade de Berlin, n'a paru se douter que ces témoignages apparents de conciliation coïncidaient avec les études de M. de Moltke sur notre frontière du nord-est.
Le lieutenant-colonel de Stojjel a Piélri.
Berlin, 20 novembre 1868.
Mon cher Piétri,
Cette lettre suivra un singulier chemin avant de vous parvenir, car je la remets au courrier anglais : elle aura donc l'honneur de passer par Bruxelles et Londres et vous sera remise par notre Ministre des affaires étrangères. Il faut absolument que vous me fassiez savoir, par deux mots jetés à la poste, si vous avez reçu un envoi jeudi dernier 19, dans la soirée. C'était un travail pour l'Empereur et un autre pour le Ministre, tous deux contenus sous un même pli à cinq cachets que j'avais confié à M. Bièi'ûhrœdér,
banquier de Berlin, se rendant à Paris. Rien n'est plus rare dans la vie que de rencontrer des gens qui sachent se mettre à la place des autres. Or mettez-vous à la mienne un moment, et dites-vous que je suis inquiet du sort de mes paquets ou envois, chaque fois que je les expédie autrement que par nos courriers d'ambassade. Quand vous ne m'écririez que deux mots, comme, par exemple : « Je vais bien, sauf un panaris au doigt milieu, et j'ai reçu votre » lettre jeudi dernier, » cela ne vous dérangerait guère de vos graves occupations ni de la Boulangère, que vous dansez si bien, et du moins me senlirais-je tranquillisé! Mon travail sur la Note en question a-t-il répondu à la question?
Je vous disais dans ma dernière lettre que j'avais d assez curieux détails à vous donner. Voici la chose: M. B., dont j'ai parlé plus haut, est un banquier important de Berlin, correspondant de Rothschild et homme d'affaires de Bismark. Parti de bas, il est. parvenu, à force de constance et de sens pratique, à se faire une position considérable. C'est le seul juif que Bism. reçoive familièrement, le seul chez qui il consente à dîner. Il l'emploie comme chasseur aux renseignements, lui donne certaines missions de confiance, etc., etc. Chose à noter dans l'histoire des gouvernements prussiens qui se sont succédé depuis cent ans, ils ont presque tous employé un juif (déjà du temps de Siéyès) comme instrument plus ou moins occulte. Celui dont je vous parle, sans être précisément un intrigant, aspire à jouer un rôle et à prendre la place de ses devanciers, parmi lesquels le juif Ephraïm brille au premier rang. Ajoutez que c'est un homme doux, de formes bienveillantes, avec lequel je vis en relations assez suivies et cordiales. Or donc, M. B., après avoir passé huit jours à Varzin chez Bismark, est venu me trouver tout dernièrement, et, si je vous 5onte les détails de notre entrevue, c'est que tout me porte à croire qu'il était chargé de me sonder ou de connaître mon avis. II eut soin, comme préambule, de me demander le secret le plus absolu sur notre conversation, et me raconta ensuile longuement ses derniers entretiens avec Bism. et les dispositions où il avait trouvé celui-ci. « Le Ministre, médit M. B., défi sire la paix plus ardemment que jamais; il fera tout son possible » pour la conserver; il est d'autant plus sincère, en s'exprimant
» ainsi, qu'il explique lui-même pourquoi le Nord ne peul ni ne doit i désirer aujourd'hui l'annexion des États du Sud; que l'unité de » l'Allemagne se fera tout naturellement d'elle-même tôt ou lard, » et que sa mission, à lui Bism., n'est pas d'en hâter le moment, » mais bien de consolider l'oeuvre de 1866, etc., etc. De tous côtés, » on se demande s'il n'existe aucun moyen de rétablir la confiance » entre la France et la Prusse, aucun moyen de rassurer les esprits » en Europe et de faire cesser cette affligeante stagnation des » affaires. Une entrevue de l'Empereur avec le roi Guillaume serait » regardée par beaucoup de gens comme le moyen le plus efficace » d'atteindre ces résultats. Il en a été question à Varzin, et les » personnes de l'entourage de Bism. cherchent à connaître son » avis sur la possibilité d'une telle entrevue. Ses intimes m'ont dit » qu'il serait enchanté qu'elle pût avoir lieu; mais il ne se dissi- » mule pas que, pour y amener l'Empereur, il serait nécessaire » que lui (Bism.) et le Roi s'engageassent à donner des garanties » sérieuses nettement exprimées {par écrit, me disait le banquier), i celle de ne rien entreprendre en vue d'arriver à une union avec » le Sud. » Enfin de compte, M. B. m'a demandé ce que je pensais des dispositions de l'Empereur à accepter ou à refuser une entrevue avec de telles garanties données.
Je vous fais grâce, mon cher Piétri, des autres détails de ma conversation avec ledit banquier, et je vais vous dire ce que j'en pense. Il est incontestable pour moi que l'idée d'une entrevue s'élabore en ce moment-ci. Je le regarde comme d'autant plus certain que deux journaux prussiens l'ont mise en avant ces jours derniers, et que le même M. B., après m'avoir juré que la précédente conversation était entre nous^n'en a pas moins eu une toute semblable avec le chargé d'affaires de France (en l'absence de Benedetti). Secondement, je ne regarde pas comme aussi certain que Bism. ait dit au banquier de me lâter pour connaître mon avis. Cela me paraît probable cependant; mais, remarquez-le bien, il serait possible aussi que M. B., désireux de jouer un rôle, n'eût été chargé d'aucune commission à mon endroit, et qu'il eût voulu, pour sa seule gouverne, se renseigner auprès de moi. Il n'en reste pas moins, comme fait acquis, selon moi, que l'on poursuit l'idée d'une entrevue.
Je n'ai pas bespin de vous dire quelle a été ma contenance pendant la conversation dont je viens vous entretenir; car, je vous l'ai déjà dit, par raison autant que par caractère, je reste dans mon rôle et dans mes fonctions. Je laisse à de sots vaniteux, comme Vipérin, le soin de se mêler de ce qui ne les regarde pas, et de vouloir se transformer d'attaché militaire en ambassadeur. Je me suis donc borné à répondre évasivement et à arguer de mon ignorance quant aux dispositions de l'Empereur.
Je dois ajouter un détail qui me donne à croire que Bism. songerait réellement à la possibilité d'une entrevue : c'est que M. Bl. m'a dit devoir se rendre à Paris, fin décembre, et m'a demandé de lui remettre une lettre pour vous. Il m'a donné à entendre qu'il songeait à solliciter une audience de l'Empereur. Vous le voyez donc, de deux choses l'une : ou Bism. désire sonder le terrain jusque dans l'intérieur des Tuileries avant de rien entreprendre d'officiel, ou son juif est entraîné par la rage de jouer un rôle politique.
Soit dit pour terminer, si je vous ai entretenu de tout ceci, c'est dans le seul but de vous prévenir au cas où vous apprendriez que des efforts sont tentés pour solliciter de l'Empereur une entrevue avec le Roi. Peut-être verrez-vQUS aussi dans ces faits la preuve du désir de Bism., sincère ou non, de conserver la paix et d'éviter tout prétexte à conflit.
L'état de l'opinion publique en Prusse est toujours le même : défiance ou animosité générale contre la France. Regardez cela comme certain. D'ailleurs, vous en comprendrez facilement les causes si simples :
Premier fait incontestable. — La Prusse aspire à réunir toute l'Allemagne (laissons de côté la forme, qui est indifférente ici).
Deuxième fait incontestable. — Quel obstacle voit la Prusse à la réalisation de ce désir? La France, la France seule.
Conséquence forcée. — Nous sommes suspects à toute la nation prussienne : certains partis nous délestent, tous se défient de nous, et les moins passionnés nous regardent au moins comme gênants, éprouvent à notre endroit les sentiments qui animent" un homme contre un autre homme qui l'incommode incessamment. De là cet
état général de l'opinion que je résume par ces mots : animosite ou défiance ou irritation contre la France.
Telle est la conséquence fatale des événements de 66. Rien n'y fera tant que la situation générale restera la même, et l'état que je signale n'ira qu'en empirant.
En voilà assez pour aujourd'hui, mon cher ami. Vous en avez vu de toutes sortes depuis que vous ne m'avez écrit : révolution d'Espague, affaire Baudin, que sais-je? Écrivez- moi, cela me fera plaisir.
De Stopfel.
P. S. Mille amitiés et à Oppermann. it <<//
Rapport du 24 juin 1870.
Où en est dans son application la loi d'organisation militaire de 1861?
Lorsqu'une puissance adopte une nouvelle loi d'organisation militaire, comme ont fait la Prusse en 1861 et la France en 1868, il s'écoule forcément un certain nombre d'années d'une période de transition, avant que cette loi ne puisse être appliquée dans tous ses détails. C'est ainsi, par exemple, que celle du 1er février 1868 ne fonctionnera complètement en France que d'ici à cinq ou six ans. Quant à l'armée prussienne, il est bon, si l'on veut la bien connaître, de se rendre compte, de temps à autre, des changements successifs qu'apporte, dans l'ensemble des diverses parties qui la composent, l'application de la loi de 1861.
L'année 1871 marquera, sous ce rapport, une époque importante, en ce sens qu'elle terminera, pour la partie de l'armée qui correspond à la Prusse d'avant 1866, la période de transition. Autrement dit : c'est en 1871 que cette partie de l'armée prussienne se trouvera constituée, dans tous les détails, conformément aux dispositions de la loi de 1861, modifiée par celle de 1867.
Pour expliquer ce fait plus clairement, je rappellerai d'abord les traits généraux de la loi de 1861. On connaît les raisons qui engagèrent le gouvernement prussien à modifier celle du 3 septembre 1814- : c'étaient, avant tout, les vices radicaux qu'elle présentait, vices qui se révélèrent d'une façon déplorable pendant les campagnes du Schleswig et du grand-duché de Bade en 1848 et 18-49 et lors des mobilisations de 1850 et 1859. (Voir mon rapport de novembre 1866.) C'était aussi le désir d'augmenter la puissance militaire du pays qu'une ambition réelle, mais avouable, et le sentiment encore vague de sa force, poussaient à jouer en Europe, à l'occasion, un rôle moins effacé.
Le gouvernement prussien avait une raison toute trouvée pour faire accepter l'augmentation de forces qu'il désirait : c'était de revenir, comme il en avait le droit, à la stricle application du service obligatoire pour tous les citoyens, laquelle avait été constamment faussée depuis 1814. En effet, jusqu'en 1859, c'est-à dire pendant quarante-cinq ans, le contingent annuel était resté le même qu'en 1814 (40,000 hommes environ), bien que le chiffre de la population de la Prusse se fût élevé, peu à peu, d'une époque à l'autre, de 10 à 18 millions. Le gouvernement résolut d'abord d'appliquer le principe du service obligatoire dans toute sa rigueur : en conséquence, il appela sous les drapeaux, dès 1859, des contingents de 63,000 hommes (1) et il créa 36 régiments d'infanterie et 10 régiments de cavalerie, ce qui éleva le nombre des premiers à 81, celui des seconds à 48.
Une autre mesure importante acheva de donner à la nouvelle loi son véritable caractère : on décida que la landwehr n'entrerait plus dans les forces actives destinées à faire campagne, et on atteignit ce but en se donnant deux contingents de réserve de plus, c'est-à-dire en portant à quatre ans, au lieu de deux, le temps qu'auraient à passer dans la réserve les hommes sortis de l'armée permanente. Quant à la landwehr, son rôle devait se réduire, en principe, à la défense intérieure du territoire. Les dispositions
(4) Le nombre des appelés en 1858 n'avait été que de 26 p. e. irti nombre des jeunes gens propres au service ; il fut porte' des 1859 à 40 p, c.
générales de la nouvelle organisation furent donc les suivantes : 1° Une augmentation considérable de l'armée par l'appel de contingents plus forts ; 2° L'exclusion de la landwehr de l'armée active. La durée du temps de service était de 19 ans, savoir :
Armée active: 7 ans . . . . j 3 sous les drapeaux;
f 4 dans la réserve.
Landwehr: 12 ans I 5 dans le 1" ban ;
/ 7 dans le second.
La loi fut promulguée en 1861 ; mais la grande augmentation de cadres dont j'ai parlé tout à l'heure se fit dès 1859 et 1860. Il y avait donc six ans que la loi fonctionnait lorsque éclatèrent les événements de 1866, et cependant elle n'avait pas encore atteint son exécution complète; c'est ainsi, par exemple, que la Prusse ne disposait pas encore à cette époque de quatre contingents d'hommes de la réserve, mais de trois seulement (ceux des années 1860, 1861 et 1862), ce qui obligea à compléter les bataillons à l'effectif de guerre avec des hommes de la landwehr.
Après la guerre, la Prusse, agrandie de trois provinces, le Hanovre, le Schleswig-Holstein et la Hesse, accrut tout naturellement son état militaire : le nombre des régiments d'infanterie fut élevé de 81 à 105, celui des régiments de cavalerie de 48 à 68, etc. Mais la loi de 1861 ne subit qu'une seule modification importante, en vertu de laquelle la durée du temps de service total fut réduite de 19 à 12 ans (loi du 3 novembre 1867). Cette réduction porta sur le nombre d'années de service dans la landwehr, qu'on abaissa de 12 à 5, et, par suite, on supprima la distinction entre le premier et le deuxième ban. Les durées de service sont donc aujourd'hui :
Dans l'armée active, 7 ans . . . ! 3 sous les draPeaux '
\ 4 dans la réserve.
Dans la landwehr, 5 ans.
Total : 12 ans.
Après avoir rappelé les données précédentes, il s'agit d'indiquer
où en est arrivée dans son application la loi de 1861, modifiée par
celle du 9 novembre 1867.
L'armée prussienne actuelle, avec ses corps d'armée permanents,
recrutes chacun dans une circonscription militaire qui correspond plus ou moins à une province du royaume, peut être envisagée comme comprenant deux parties distinctes : la première se compose des huit corps d'armée afférents aux huit circonscriptions de l'ancienne Prusse, plus la garde recrutée dans toute la monarchie; la deuxième est formée des trois corps d'armée fournis par les provinces annexées en 1866. Gomme ces dernières ne se trouvent soumises aux institutions militaires prussiennes que depuis la conquête, elles sont naturellement en retard sur les huit premières dans l'application de la nouvelle loi. Il convient donc d'examiner séparément ces deux fractions de l'armée prussienne.
1° Prusse d'avant 1866. En vertu de la loi de 1861, le contingent de 1863 (celui qui fit la guerre d'Autriche pendant sa troisième année de service) passera dans la landwehr au 1er octobre 1870; celle-ci, qui correspond aux 81 régiments d'infanterie de l'ancienne Prusse, se composera donc alors des survivants des cinq contigents de 1859, 1860, 1861, 1862 et 1863. Celui de 1859 est le dernier des faiblescontingentsde40,000 hommes qu'on levait depuis 1814; donc, c'est au 1er octobre 1871 seulement que la landwehr comptera les survivants de cinq forts contingents de 63,000 hommes. Cette date marque, comme on voit, une époque intéressante : celle où la nouvelle loi. d'organisation militaire s'appliquera à l'avenir dans toute sa plénitude, pour la partie de l'armée prussienne recrutée dans les huit anciennes provinces, car alors tous les hommes de la landwehr seront sortis des forts contingents et auront servi trois ans sous les drapeaux et quatre ans dans la réserve.
11 est intéressant de se demander quel sera, en octobre 1871, l'effectif total de cette landwehr. Pour répondre exactement, il serait nécessaire de connaître le chiffre des pertes que subit un contingent de 63,000 hommes après sept, huit, neuf, dix et onze ans. En France, nous estimons les pertes à 4 p.c. par an ; mais cette proportion me semble trop forte pour la Prusse, où elle ne doit pas être évaluée, je crois, à plus de 3 1/2 p.c. On arrive ainsi au chiffre de 229,000 hommes, comme représentant l'effectues cinq contingents de la landwehr au 1er octobre 1871. Si on se reporte au 1er octobre 1870 seulement, époque à laquelle la landwehr comptera
encore les survivants du faible contingent de 1859, on trouve un chiffre un peu moindre, celui de 214,000 hommes. La moitié est plus que suffisante, àelie seule, pour permettre de portera l'effectif de guerre tous les bataillons de landwehr de l'ancienne Prusse. On remarquera, en effet, que le bataillon de landwehr sur le pied de guerre compte réglementairement 600 hommes, et qu'à chaque régiment d'infanterie de ligne de trois bataillons correspondent deux bataillons de landwehr; donc il suffira, pour former les 162 bataillons qui correspondent aux 81 régiments de l'ancienne Prusse, d'un total de 162 fois 600 ou de 97,200 hommes. La landwehr présentera ainsi dans sa totalité, au 1er octobre 1870, un excédant de plus de 100,000 hommes, qui servirait, au besoin, à compléter les bataillons de landwehr créés dans les provinces annexées et dans les autres Étals de la Confédération.
2° Les trois provinces annexées en 1866. L'organisation prussienne n'a été introduite dans ces provinces qu'après la conquête ; aussi la loi de 1861 n'y sera-t-elle en vigueur dans toutes ses parties que vers 1878 et même 1880. Aujourd'hui, les corps d'armée de ces provinces ne comptent que deux contingents d'hommes de la réserve : ceux de 1865 et de 1866. Cette disposition de la loi de 1861, qui exige quatre contingents de réserve, disposition si importante pour la bonne composition de l'armée active, en ce sens qu'elle permet de porter les bataillons à l'effectif de guerre sans puiser dans la landwehr, ne sera donc réalisée qu'au 1er octobre 1871. A cette époque, et même dès l'automne prochain, ces troupes pourront, en cas de mobilisation, compléter leurs effectifs de guerre par le rappel de leurs propres réserves, sans recourir à celles des huit provinces de la Prusse d'avant 1866. La date du 1er octobre 1871 est, comme on voit, intéressante sous plus d'un rapport, eu égard aux résultats qu'aura amenés dans la constitution de l'armée l'exécution de la loi de 1861.
3° Les mitres Étais de la Confédération. Les petits États de l'Allemagne du Nord se trouvent dans le même cas que les provinces annexées à la Prusse, c'est-à-dire qu'ils n'ont été soumis aux lois prussiennes qu'après 1866, et que c'est à l'automne prochain seulement qu'ils pourront compléter les corps de troupes à
l'effectif de guerre par l'incorporation- de leurs propres réserves.
Quant à la landwehr de ces États, son organisation ne pourra pas être achevée avant 1878 ou 1880. En cas de guerre, on porterait ses bataillons à l'effectif de 600 hommes, en y incorporant des soldats de l'excédant de la landwehr prussienne.
Je ferai observer ici que les bataillons de landwehr de nouvelle création, tant ceux des trois provinces annexées que ceux des petits États de la Confédération, sont loin de compter le nombre d'officiers nécessaire. Les officiers de la landwehr, on le sait, se recrutent principalement parmi les volontaires d'un an; mais comme les institutions militaires prussiennes ne fonctionnent dans tes nouvelles provinces et dans les petits États que depuis quelques années, l'institution des volontaires d'un an n'a pu y fournir jusqu'ici qu'un nombre assez restreint d'officiers. Aujourd'hui, il est à peine moitié de l'effectif exigé, et, selon toute probabilité, il s'écoulera huit ou dix ans avant que les corps d'officiers des nouveaux bataillons de landwehr ne puissent atteindre le complet réglementaire. Pour une mobilisation, on se verrait obligé, d'ici là, de détacher de l'armée active dans la landwehr un nombre assez considérable d'officiers subalternes, comme on l'a fait en 1866.
Il conviendrait peut-être, pour compléter le présent travail, de rappeler par quelles mesures le gouvernement prussien réalise peu à peu la réduction de la durée du service à 12 ans (au lieu de 19); mais comme j'ai donné à ce sujet toutes les explications désirables dans mon rapport du 2 juin 1869, je me permets ici d'y renvoyer.
J'ai tenu simplement à indiquer les progrès graduels que le temps amène dans l'application de la loi militaire de 1861, et à faire ressortir l'importance de l'année 1871. Celte dernière sera non-seulement signalée par les débats du prochain Reichstag, à propos des articles 60 et 62 de la Constitution de la Confédération de l'Allemagne du Nord, mais encore elle marquera, comme j'ai cherché à l'expliquer, une date intéressante à laquelle l'armée prussienne tout entière se trouvera presque entièrement constituée, en exécution de la loi de 1861. Je résume, pour terminer, les progrès accomplis dans celte voie.
Le 1er octobre 1871 seront définitivement constituées, conformément à la nouvelle loi d'organisation :
1 ° Pour la Prusse d'avant \ 806 :
„, [ 3 contingents sous les drapeaux;
L armée active ..... ,. , .
f 4 contingents de reserve;
La landwehr 5 contingents; c'est-à-dire la totalité des forces militaires.
2° Pour les trois nouvelles provinces et pour tous les Etats de la Confédération :
L'armée active
[ 3 contingents sous les drapeaux ;
f 4 contingents de réserve.
La formation complète de la landwehr ne sera achevée que vers •1880; — mais ses bataillons peuvent dès aujourd'hui être portés à l'effectif de guerre (600 hommes), au moyen de l'excédant de l'effectif de la landwehr de l'ancienne Prusse.
Mesures d'économie. — Renvois par anticipation. — Appel retardé. — Congés du roi.
Le 1er octobre est la date normale à laquelle le contingent de troisième année passe dans la réserve pour être remplacé par le contingent de nouvelle levée. Mais depuis plusieurs années, le gouvernement prussien, pour raison d'économie, renvoie, par anticipation, dans la réserve les hommes de troisième année, en même temps qu'il n'incorpore le nouveau contingent qu'après le 1er octobre. Il résulte de cette double mesure l'économie la plus réelle de toutes celles que le gouvernement s'ingénie à réaliser; car elle représente, en moyenne, le montant des frais de solde et d'entretien, pendant trois mois, du tiers de l'effectif de l'infanterie de ligne et de l'artillerie à pied.
Cette année-ci, les dispositions prescrites par un ordre du roi du 17 février pour le renvoi dans la réserve, par anticipation, sont les mêmes que l'an dernier. Les manœuvres devront être terminées, dans tous les corps d'armée, le 15 septembre au plus tard, et les
95,540 hommes.
commandants supérieurs ont l'ordre de congédier les hommes qui auront pris part aux manœuvres d'automne, le premier ou le deuxième jour après les manœuvres, ou de suite, à leur rentrée dans les garnisons respectives.
L'ordre du 17 février fixe ensuite le nombre de recrues que chaque corps de troupe devra recevoir, en remplacement de la classe renvoyée dans la réserve. Ce nombre total, qui constitue le contingent de cette année, s'élève à 95,540, y compris 477 hommes pour la marine. Sur ces 95,540 hommes, sont :
Levés effectivement . . . 86,860 Engagés volontaires. . . . 8,680
Les 86,860 hommes levés se répartissent comme il suit :
Prusse. 69,691
Saxe . .v . 7,720 ,
^ } 86,860 hommes.
Hesse 795 '
Autres États 8,654
L'incorporation de ce contingent de 1870 aura lieu aux dates suivantes :
Les réserves de la cavalerie, de l'artillerie à cheval et du train devront avoir rejoint le 15 octobre;
Les troupes à pied de la garde, le 3 novembre;
Celles de la ligne, le 15 décembre.
Mais le besoin de faire des économies est tel, qu'aux mesures dont il vient d'être parlé, la Prusse en ajoute une autre qui consiste à délivrer des congés temporaires, en assez grand nombre, aux soldats de deuxième année. On les appelle en Prusse congés du roi. Cette mesure, que j'ai déjà signalée dans mon rapport du 2 décembre 1869 et qui est qualifiée, de provisoire, date de 1868. J'en rappelle ici les dispositions :
Chaque compagnie d'infanterie envoie en congé cinq hommes ; chaque bataillon de chasseurs, soixante-quatre hommes, etc. (Voir mon rapport du 2 décembre 1869.)
Berlin, 24 juin 1870.
Baron de Stoffel.
Les commentaires- sont superflus. Guillaume Ier a jugé la conduite de son adversaire et l'a taxée lui-même de folie et de témérité. La simple lecture de l'Aima nach de Gotha eût pu éclairer les députés qui acclamaient les forfanteries de M. de Gramont, mais en France on se garde Bien de lire les documents indispensables.
Liste alphabétique, biographique, anecdotique de personnes ayant eu, à un titre quelconque, des rapports financiers avec l'Empereur, rédigée d'après les papiers trouvés aux Tuileries.
Notes sur les dépenses de la liste civile de Napoléon III.
Le numéro 7 contient le commencement de la liste que nous publions aujourd'hui.
La fin de ce document intéressant, à tant de litres différents, paraîtra dans le n° 9.
Il nous a été impossible d'en former un numéro séparé, pour ne pas retarder la publication des documents qui, impatiemment attendus, que nous livrons à la curiosité du public au fur et à mesure des travaux de la Commission.
Le public doit être convaincu que lorsque nous annoncions que les Papiers secrets du Second Empire serait la seule publication réellement complète de ce genre, nous étions dans la vérité absolue.
Bambry (Le général), en 1864, 3,000 francs par
mois x 12 == 36,000 francs
Danvin, encouragement littéraire (1852), 250 francs
David (Le baron Jérôme). Nous avons déjà donné rélat des dépenses faites pour l'ameublement de M. Jérôme David. Ajoutons à ces libéralités, aumoins en 1868-1870, 3, OOOfrancs mensuels sur la cassette
Defodoyi, capitaine au 10e cuirassiers, 1870, 2,000 francs
Degeorge (Frédéric), rédacteur d'un journal bonapartiste avant 1848, a reçu des secours. Sa fille J.-J. Àyraud, née Degeorge, reçoit, les 6 et 7 février 1866, deux sommes de 500 francs
Deiage (Le capitaine). Dot de sa femme, 25,000 francs (1859)
Belatour (M*»«). 1848-1850, pension de 1,600 francs. .
Delcambre (Adrien), 1870, 2,000 francs . . .
Delvigne, inventeur d'une carabine (1853), pension 1,200 francs
Desjardins (Le capitaine), complice dévoué du prince à Strasbourg et à Boulogne ; pension,
2,400 francs
Le fils du capitaine Desjardins , artiste dramatique, demande en vain à l'Empereur (juillet 1870) une somme de 2,000 francs pour obtenir la direction d'un théâtre de province.
Devasse, lieutenant de gendarmerie à la Bastide (Bordeaux), 3,000 francs
vin.
fr.
Bietfurt (le baron de) rappelle (mai 1857) que l'Empereur serait venu à Constance l'engager, ainsi que sa femme, à dîner chez la reineHorlense en 1836, et lui aurait emprunté son passe-port, circonstance qui aurait amené des suites désagréables pour lui, Dietfurt. Il sollicite un emploi au château d'Arenenberg. Le 19 février 1861, il obtient une pension de 2,000 francs
Drouhot (MIle), dot de 20,000 francs, dont 862 francs de rente 3 p. c. achetés fr. 19,980-60 (juin 1860)
Dufour d'Autirte (Général), 30,000 francs. . .
JDufresne (Emma) reçoit 1,000 francs, 1867 . .
Bugué-Blanchard (Veuve), 1870, 2,000 francs .
Dnhesme (veuve d'un général de l'empire), pension 6,000 francs
Dumougeot, ancien serviteur du prince, pension 2,400 francs
Dumoulin, officier, agent électoral en 1848 (remboursé de 371 francs); pension, 2,400 francs.
Dupasquier (John), soliciter à Londres, a été chargé des affaires de Louis-Napoléon et de M. Bouffet-Monlauban. Nous trouvons diverses menues sommes à son nom sur les carnets du prince (1846-47). Plus tard (voir Bouffet-Monlauban), la cassette lui rembourse 1,300 francs d'honoraires arriérés . . . .
Dusautoy, fondaleur de L'Époque, a reçu de l'Empereur (décembre 1867-avril 1868) une subvention (on a les reçus) de 275,000 francs
en 1869-1870, 80,000 francs
agent électoral en 1848, remboursé de 450 francs.
fr.
fr.
Êtex, architecte, peintre et sculpleur, demande à l'Empereur, par lettre du 18 mai 1855, une indemnité de voyage pour aller à New- York chercher les œuvres d'art qu'il a envoyées à l'Exposition, et défendre en même temps les intérêts de ses confrères. On lui alloue 5,000 francs
Faietans (Mme de) reçoit, en 1849, 8,000 francs pour un portrait
Farquhar, banquier à Londres, en septembre 1847, â payé pour le Prince, qui semble avoir eu un compte chez lui, 37,375 francs.
Ferrère (Charles). 1870, 700 francs mensuels .
Ferrières (Aristide). Août 1850, 20,000 francs .
Filippi, chevalier de la Légion d'honneur, ancien capitaine, ancien consul, versificateur et agent politique. En 1850, le Prince lui alloue provisoirement 200 francs par mois. . . . Dès août 1852, dans une longue pièce de vers, il salue le prince Empereur. Il dénonce en même temps des menées antibonaparlistes à la Rochelle, surveille les gendarmes et les autorités.
Il demande, pour retirer ses effets du mont-de-piété, 4,000 francs, pour payer ses dettes 10 000 francs, et une place de 7,000 francs. Le Prince, en septembre, lui accorde une pension de 5,000 francs . . . En octobre, il n'est pas encore placé, et
fr.
charge M. Bure de ses réclamations; son nom figure plusieurs fois sur des notes destinées à être soumises à l'Empereur. Enfin il obtient une place de régisseur (château de Pau?).
Firino vend à l'Empereur des terrains fr. 95 566-65 (1856)
Fiaust (Alph.) réclame, en janvier 1870, une somme de 3,500 francs déboursée à Londres, en 1839, pourie service du Prince. Une note dit « pour favoriser l'entrée de portraits du » Prince. »
Fleuri/ (Commandant, puis général), officier d'ordonnance du Président, premier écuyer, puis grand écuyer et directeur des haras, finalement ambassadeur en Russie, a disposé de sommes énormes. On peut évaluer le total minimum de son budget régulier à une somme de 1,200,000 francs .*....
Nous avons de lui, entre autres, une lettre de 1849; où il demande à M. Bure de quoi donner au moins des à-compte aux fournisseurs. Il n'ose plus faire de commandes à Ehrler. Mieux vaudrait, dit-il, « croyez que je » suis bon juge en pareille matière, devoir à » un seul que de devoir à tout le monde. » La même année, en mai, il réclame, « s'il y a moyen, 15,000 francs p pour donner des àcompte aux selliers et carrossiers, conformément aux instructions du Président.
« En raison du crédit énorme qu'ils ont fait » selon leurs moyens, il estime que 10 p. c. » en moyenne serait une limite suffisante » pour les réductions. »
fr.
En juillet 1850, Baring est chargé de lui payera Londres 45,000 francs
M. Bure endosse, le 10 avril 1851, quatre lettres de change de 1,000 francs, tirées par M. Fleury .
Le 8 décembre 1851, quatre jours après le coup d'Etat (nous avons la lettre el le reçu), M. Fleury réclame, « pour que tout le m onde ait reçu X allocation, » une somme de 4,500 francs, ainsi répartie :
Pour le 3e léger, venu de Versailles, 1,000 francs; les infirmiers, 1,000 francs; les ouvriers d'administration qui ont gardé la gare du chemin de fer du Nord, 500 francs; le train des équipages, 500 francs ; la division des cuirassiers* de Versailles, à raison de 10 francs par homme, 500 francs.
Le 9 avril 1852, Fleury reçoit 48,000 francs pour installation des écuries; cette somme et beaucoup d'autres ne font pas partie d'une allocation de 400,000 francs pour le même objet.
(Nous donnerons ailleurs le budget officiel et détaillé du grand écuyer.) Fontaine (Mlle Agathe), reçoit des gratifications,
Fontanelle (1853). Pension, 3,000 francs . . . (Receveur-payeur à Versailles, supplément de traitement.) Foresi (Lucien), fils de Vincent Foresi, de Portc- Ferrajo, qui prêta à Napoléon Ier, le 26 février 1815, 175,000 francs en or, non remboursés, sans compter des dépenses navales qu'on peut estimer à 400,000 francs, obtient
fr. fr.
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en 1859, 7,000 francs et en 1867, 6,000 francs avec lesquels il ne put réussir à faire prospérer à Paris un dépôt de vins de l'île d'Elbe. En 1868, ruiné, il sollicite vivement quelque place de régisseur dans les domaines d'Italie, et une somme de 12,000 francs. Refus.
Forestier (Théodore), trésorier sous la présidence, met la main aux élections (plusieurs
sommes de 2,000 francs)
Reçoit une traite sur Londres de 500 £
(12,500 francs)
En 1853-1855, il touche sur les fonds de l'intérieur (chiffre officiel) 35,000 francs . . . De plus, il possède, ainsi que M. Bure, en Algérie, une concession qui trouvait acquéreur à 100,000 francs
Fossey (Mme) reçoit, en mars 1861, 1,500 francs.
les mois suivants, 1,400 francs
et depuis, régulièrement 350 francs (4,200 francs)
Foumier (Marc). 1868, 1,000 francs . . . .
Franceschetu, Corse, ex-propriétaire du domaine de Casabianda, lié, par les Pasqualini et les Sebastiani, avec le docteur Conneau, qui le recommande à l'Empereur. (Lettre dalée d'Aleria, 7 juin 1861.) L'entremise et la garantie de l'Empereur lui assurent un emprunt de 530,000 francs au Crédit foncier, somme sur laquelle l'Empereur verse lui-même 200,000
francs
D'abord actionnaire principal, puis régisseur à 6,000 francs
de sa propriété, vendue pour payer ses dettes, il sollicite, en janvier 1864, 50,000 francs,
fr.
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qui semblent lui avoir été accordés ....
Une curieuse note du ministère de la maison (29 janvier 1864), tendant à faire échouer ses demandes de fonds, établit que le domaine de Casabianda, estimé par M. Franceschetli 1,612,000 francs, n'a qu'à grand'peine paru au Crédit foncier une garantie suffisante pour le prêt de 530,000 francs. Lors de celle opération, Casabianda était déjà une société en commandite au capital de 1,500,000 francs. M. Franceschetli avait fixé lui-même la valeur de son apport à 1,200,000 francs, sur lesquels 813 actions étaient déposées chez Me Mocquard pour garantir l'Empereur. La société ne pouvant marcher faute de nouveaux actionnaires, c'est-à-dire faute de fonds de roulement, M. Franceschetli, dans quelques lettres à M. Conneau, cherche à faire affaire avec un ami du docteur; il propose de rester associé de l'acquéreur, jusqu'au remboursement de ses actions : 300,000 francs suffiraient pour racheter les autres.
C'est alors que le Crédit foncier et la Liste civile, pour rentrer dans leurs avances, ont fait vendre ia propriété, qui ne trouvait pas acquéreur à 200,000 francs. L'Etat, qui l'acheta 528,000 francs (1862), dut y dépenser 300,000 francs et devra y dépenser encore le double pour la mettre en valeur.
M. Franceschetti, régisseur avec une pension de 6,000 francs, semble avoir peu fait pour remplir certains engagements relatifs à sa gérance. Selon la note, il se contente de vivre sur Casabianda sans l'améliorer, ven-
ir.
fr. Ji
danl à son profil chevaux, récoltes et tout l'attirail d'exploitation.
On peut estimer sans crainte les sommes qu'il a touchées de l'Empereur, outre ses appointements, à 250,000 francs.
Fraye, propriétaire, en 1847, du Croekford- Ciub, à Londres, dut rendre à Louis-Napoléon, sur la demande de M. Andrews, secrétaire du Prince, 2,000 £ (50,000 francs), qu'un fripon, habitué de son club, avait voulu extorquer au Prince. Ces faits énigmatiques semblent attestés par une lettre d'un sieur L. de Mauny, ancien secrétaire du Crockford-Club (3 oclobre 1853).
M. Fraye, ruiné par l'abandon des Grecs, dont il n'avait pas voulu favoriser l'entreprise, demande, le 29 juin 1865, un secours à l'Empereur. En marge de la demande, la réponse : rien à faire.
Frère (ancien serviteur de l'impératrice Joséphine). 1853, pension 3,000 francs ....
Friant (Dot de la fille du colonel), juin 1867, 24,000 francs
Fririon (Baronne), veuve d'un général de l'Empire 1853, pension 3,000 francs
GalUera (Duc de), mandataire du marquis Pallavicino (voir ce nom) pour le remboursement d'un prêt de 324,000 francs hypothé-
que sur Civila-Nova (1); intermédiaire pour
(4) Gênes, le 18 février -1851.
A M. Mocquard, chef du cabinet particulier de S. A. M. le prince Louis-Napoléon Bonaparte, à Paris.
Monsieur,
M. le marquis E.-L. Pallavicino me charge de vous écrire pour vous dire que, d'après les accords pris entre M. le prince Bonaparte et lui, il vient de nommer M. le duc de Galliera son mandataire spécial, pour toucher en son nom, des mains du prince Bonaparte, la somme de 324,000 francs. Veuillez donc, Monsieur, passer chez le duc de Galliera, qui demeure dans la rue d'Astorg, n° -16, pour fixer le jour qu'il lui conviendra pour régler cette affaire.
M. le duc vous remettra, après le remboursement de la somme totale, les pièces suivantes :
-1° Quittance entière et définitive des 324,000 francs. .
2° Pouvoir spécial à Raphaël Defferari, duc de Galliera, de toucher au nom du marquis la somme susdite ;
3° Consentement à la radiation de l'hypothèque sur le domaine du prince à Civita-Nova;
Finalement une quittance pour la somme de fr. 1, 665-50 dus sur la somme totale, soit : pour intérêts depuis le 15 janvier jusqu'au 45 février fr. 4,634 »
Procuration au vicomte de Casabianca pour la radiation d'hypothèque sur une partie du domaine du Prince -15 >
Frais de procuration expédiée à Paris . 19 50
Total 4,665 50
Veuillez, je vous prie, m'accuser réception de la présente, et agréer l'assurance de ma considération très-distinguée.
Votre très-humble et très-obéissant serviteur, Félix Arado.
fr.
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l'acquisition de l'hôtel Sébastian! et de la Motte-Beuvron.
Galvani (veuve d'un ancien commissaire des guerres de l'Empire). 1853, pension 1,200 francs
Gazan (Mme), pension de 6,000 francs ....
Geoffroy. 1853, pension de 1,200 francs . . .
George (Mlle). 1853, pension de 2,000 francs . .
Guiemand (Léon), ancien serviteur, déjà pensionné en 1847. Touche en 1853 une pension
de 1,200 francs
payée par la maison Orsi et Armani de Londres.
GUlet du Coudray (Veuve). Son mari, filleul du roi de Hollande et de la reine Ilorlense, fut secrétaire du Prince. Situation précaire. Sollicite un secours.
Girard (Veuve), petite-fille d'un M. Tauzin, qui aurait, favorisé la mise en liberté de Mine de Beauharnais (1794), demande un secours pour payer 3,000 francs de dettes, et une minime pension.
Girard (Désirée). 1853, pension de 2,000 francs.
Giroud de Yiliette (Mme Maria) née Bonneville de Bleschamps , petite-nièce de la princesse douairière Lucien Bonaparte, artiste lyrique, ne cesse de réclamer des secours et au moins une compensation pécuniaire pour les obstacles mis à sa carrière musicale. A force d'envoyer des billets de concert, cette dame obtient de temps à autre, 500 francs, 400 francs.
Enfin, en 1862, il lui est alloué un secours annuel de 300 francs
Mais elle ne se lient pas pour battue et revient à la charge, comme le prouve assez un volumineux dossier (1852-1866). On y voit qu'elle se transportait dans toutes les résidences de la cour pour y donner des concerts, et sans se faire faute d'exploiter sur ses affiches sa parenté lointaine avec la famille impériale. Rien n'est plus curieux que la pétition adressée par elle au Sénat, et où elle demande la permission d'actionner le préfet de police, les maires d'Auxerre, de Boulogne, de Douai, de Compiègne, et le procureur impérial de Vichy, coupables d'avoir, par ordre supérieur, interdit ses représentations.
Gordon (Mme), célèbre complice de Strasbourg, a touché une pension de 4,800 francs jusqu'à sa mort
Sa sépulture a été payée 720 francs . . . Gouviiiiez (Mme), parente de l'Empereur, 1853,
pension de 6,000 francs
Granier (de Cassagnac) a rédigé, dans le courant de 1851, une brochure publiée au nom duPrinceet distribuée à 40,000 exemplaires.
Cette brochure lui a été payée 2,000 francs, par l'intermédiaire de M. Chevalier, trésorier de la présidence (5 août 1851). Le 22 août, le prix du timbre, 2,000 francs, a été versé par M. Bure à M. Chevalier, et des mains de M. Granier, a passé dans celles de l'éditeur Pion
Dans les derniers temps, M. Granier, comme directeur du Pays, a reçu de l'Empereur 176,000 francs
ïr. ! fr
PK.NSIO.NS. DOÎfS
Gricourt (Le marquis de), chambellan et sénateur, a touché 42,000 francs durant dix-neuf ans (798,000 fr.); plus des indemnilés de logement et autres. Mais nous ne rappelons ici les trailemenls que pour mémoire. Deux • notes du ministère de l'intérieur nous le montrenten 1853-1855 recevant 71, 000 francs.
En mars 1857, nous trouvons à son nom 22,000 francs
Une lettre très-curieuse, de décembre 1857, nous apprend l'existence au ministère de l'intérieur, de fonds politiques distribués aux favorisés, et qui s'élevaient, sous l'administration de M. de Persigny, à 300,000 francs. M. de Gricourt écrit, à l'Empereur que, ayant cru pouvoir compter sur 60,000 francs promis par M. de Persigny, il s'est laissé aller à acheter une propriété de 50,000 francs.
M. de Persigny, tombé du ministère, refuse de reconnaître sa promesse, ou, du moins, de la recommander à son successeur. De là un grand embarras pour M. de Gricourt, qui ne sait avec quoi payer son immeuble. Aussi reçoit-il, le 1er mars 1858, des mains de
M. Thélin, 120,000 francs
Grimaldi (De), banquier, s'est Irouvé mêlé de très-près aux affaires du Prince, de 1850 à
En 1850, on lui doit 50,700 francs. . . . Il fournit une traite de 102,000 francs sur Londres, remise au docleur Conneau. Il écrit à ce dernier : c Voici, sous ce pli, la lettre r> officielle convenue entre nous, au sujet de la » remise des 4;000 livres sterling. »
fr.
En 1851, il est l'intermédiaire pour le prêt Narvaez, remboursé l'année suivante entre ses mains. On lit en marge d'une de ses lettres : Lui réclamer les pièces originales du paiement par M. L. Faucher,
Il propose d'ailleurs de compléter, si besoin est, le remboursement. Lui-même a prêté ou procuré une somme de 350,000 francs. . . dont 150,000 fournis par M. Lebœuf de Montgermon, sénateur.
M. de Grimaldi a proposé au Prince ou à son entourage de nombreuses spéculations et en a fait quelques-unes, si l'on s'en rapporte à une note annexée à une pièce d'août 1852 et ainsi conçue : 600,000 fr. pour Grimaldi avant le départ du Prince
La même année il propose un emploi de 25 millions en chemins de fer (Granville, Cette, Bordeaux, Bayonne, etc.). Il « a vu le » ministre, qui prêche à tous la fusion » (de deux compagnies sans doute, car on lit en marge : 800 kilomètres.) Il désire que la concession soit faite avant la session des conseils généraux et confiée aux personnes les plus sérieuses (en marge : Ezpeleta, Granier de Gassagnac, Heeckeren); « que le Prince dise » Je veux, comme il a fait pour toutes les j» choses qu'il a voulu faire réussir. »
Dans une lettre très-vive, non datée, où il annonce l'envoi à MM. Baring de 105,000 fr., il s'élève furieusement contre un ./m/ qui l'a calomnié, et termine ainsi : « un dévouement » de cœur qui a précédé la fortune de Son » Altesse, etqui saurait au besoin y survivre. »
Guisolphe (Mme), en 1869, pension de 6,000 fr.
Guitaut (Mme de), 1857 [échange de terrains?), 183,075 francs
Gwynne (Mary). Le nom de cette dame se trouve déjà dans les comptes de M. Bure durant la captivité de Louis-Napoléon, 1844-1846; ses relations avec lui sont donc antérieures à cette date. Elle reçoit dès cette époque une pension de 6,000 francs, qui n'a cessé d'être payée régulièrement, au moins jusqu'en 1868. En 1852, mariée à un médecin, qui n'a ni diplôme ni clientèle, elle demande 25,000 fr.
pour l'établir
Accordé. Dans une pressante lettre à M. Bure, elle appelle l'Empereur son bienfaiteur. Maintenant enceinte et réduite à la misère, elle rappelle à M. Bure (1853) les « preuves d'in- » térêt, » les « marques d'amitié » qu'elle lui a données, « lorsqu'elle était heureuse. » Elle lui demande, en échange, de faire doubler sa pension de 6,000 francs, pour tout le temps que durera ta préparation des examens de son mari, médecin.
En 1868, Mme Gwynne continue à demander des secours. L'Empereur, qu'on engageait à refuser, donne un à-compte de 12,500 francs.
Eaussmann père obtient, par l'intermédiaire de M. Conneau, le 8 avril 1870, une somme de 3,000 francs
Hautpoul (Marquise d'), veuve du général d'Hautpoul, grand référendaire..
fr.
L'Empereur lui fait écrire, le 19 août 1865, qu'elle ne sera pas négligée lors de la promulgation de la nouvelle loi sur les pensions des veuves des grands dignitaires. Le 1er mars 1866, ùlmo d'Hautpoul remercie de la pension de 10,000 francs qui lui est allouée sur le Trésor public; elle espère, en outre, qu'elle ne sera pas oubliée quand paraîtra le IIe volume de la Vie de César.
Hecquet (Femme), veuve Colon, née Anne Ba litron d'Amazy, après avoir habité Clamecy, s'est établie à Alger, où sa maison a été fermée sans rémission pour cause de chants politiques. Elle expose que son premier mari, soldat, honoré de la confiance du Prince àllam, a, depuis, travaillé à la propagande et aux élections bonapartistes. Mais en vain conservait-il avec soin les débris d'une superbe pipe ', cadeau du Prince; il n'a pu obtenir de FEmpereur 14,000 francs pour relever son commerce. Sa veuve sollicite une avance de 15,000 francs pour son second mari. Refus poli (1865).
Hippenmayer, serviteur dévoué, reçoit diverses sommes, entre autres 4,000 francs le 51 janvier 1865, et 4,000 francs encore le 17 mars.
Hoffe (Enfants), pension 1853, 1,200 francs . .
Hourseaux. Services en décembre 1848 et décembre 1851, 1,000 francs (1870)
Howard (Miss), créée par l'Empereur comtesse de Beauregard. Nous avons déjà publié les pièces qui établissent l'énormité des avances que cette dame aurait faites au prince avant le 2 décembre.
Elle recevait en 1853, 400,000 francs mensuels, jusqu'à acquittement, d'une somme de
plusieurs millions
Hubert de Burgh, chambellan honoraire. Il lui est ouvert, en 1854, sur Baring, un crédit de 25,000 francs
Isabelle de Bourbon, ex-reine d'Espagne. Ses dépenses de bouche à Pau (hôtel de France tenu par Gardères) se sont élevées à 3,632 fr. du 30 septembre au 2 novembre 1868. La liste civile a obtenu quittance pour 3,000 fr. une fois payés
Isabeiji&w château de Versailles). 1853, pension
de 6,000 francs
Sa veuve, 3,000 francs
Jabionowski (1865). Pension de 6,000 francs sur la cassette
Janvry (Mme de), ancien serviteur, pension de 1,800 francs
Josse. premier vicaire à Fontainebleau, obtient, le 28 février 1854, une somme de 1,560 fr. . pour messes dites depuis 1848 tous les dimanches à la chapelle du château, demeurée sans chapelain.
Joubert. 1858, 1,200 francs de rentes 4 1/2 p. c.
Juniac (De) reçoit en 1858 20,000 francs . . . en 1863-1864 5,000 francs durant quatorze
fr.
mois, en toul 90,000 francs. Peut-être s'agit-il de quelque acquisition
Knûssij (Mme), née Laùbly, « fille du menuisier » Larubly, à Ermatingen, près la maison du » docteur Dobler, a épousé un sculpteur; ils » ne sont pas heureux et voudraient partir » pour l'Amérique. Elle se dit fille de Sa » Majesté. Une lettre a été écrite par elle a » l'Empereur, il y a huit jours, et lui a été » remise parHippenmayer. » (Note de M. Bure, sans date.)
Labarre (1852). Pension, 6,000 francs. . . . 6 000 Làborde (Colonel), ancien officier de l'Empire, gouverneur du Luxembourg,. au moins dès 1853; touche, outre ses appointements, une
pension annuelle de 3,000 francs 3 qoO
Ajoutez : en 1861, janvier, 26,000 francs. .
pour logement, 3,000 francs
pour mobilier, en avril, 14,000 francs. . .
en décembre, 7,000 francs
Total égal : 60,000 francs.
Une pension de 2,000 francs était en outre
allouée à son petit-fils en 1853
Lapeyrouse (Mme). Pension de 6,0.00 fr. (1865) . Lardier (M,le). Février 1860, 40,000 francs . . Lassalle (M,,e), de Boulogne. Juin 1857, dot :
14,000 francs
Latour de Périgny (Mme), ex-dame d'honneur de la reine Hortense ; par an, 2,400 fr. (1853). . 2,400 vin.
M1,ede Périgny, fille de la précédente, a part aussi aux libéralités impériales.
Latour Saint-Ybars, a homme de lettres distingué, » a reçu, le 10 juillet 1860, 2,300 francs « pour exonérer son « fils. » (Reçu signé Mocquard.)
Lebregeai (1852), appointements 1,800 francs .
Leconte de Lisie, à partir de juillet 1864-, pension de 3,600 francs
Lefebvre-Deumier, bibliothécaire de la présidence et plus tard de l'Empereur, distribuleur de secours aux gens de lettres et artistes. Ses appointements étaient de 7,000 francs . M. J. Lefèvre-Deumier, auteur de poésies assez estimées, avait écrit pour le Prince une brochure intitulée : La province à Paris,, et dont trois cents exemplaires furent payés à rimprimerie impériale, en 1852, fr. 225 . . En 1855, Mme A.-Louise Lefèvre-Deumier reçoit 5,000 francs par mois. Nous avons de cette dame six lettres de remercîment, datées de différents mois. Ces sommes sont remises par l'intermédiaire de M. Mocquard. Elles semblent être un secours à M.-J. Lefèvre, toujours souffrant
Après la mort de son mari • dont la dernière pensée a été pour S. M. (1858), » Mme Lefèvre-Deumier conserve une pension, dont elle demande, en 1863, l'augmentation.
Léon (Le comte), personnage qui devrait peutêtre être rangé parmi les membres de la famille Impériale. Il a toujours eu 6,000 fr.
de pension
Le 7 juillet 1853, le comte Léon, se fon-
fr.