LA BOURSE DES AMIS
(Suite.)
Les trois lettres suivantes sont relatives à une dette considérable, contractée par le prétendant Louis Bonaparle en 1848, et payée seulement après le coup d'État. Elles complètent le chapitre ouvert, sous ce titre, dans notre n° 3 et concernant le prêt fait à Bonaparte par le maréchal Narvaez.
Gênes, le 16 novembre 1850.
Monsieur,
Dans le mois de juillet dernier, je reçus une lettre dans laquelle vous m'exprimiez le désir de M. le prince Louis-Napoléon Bonaparte de me rembourser à Paris la somme de 60,000 écus romains, soit 324,000 francs, du prêt que je lui fis dans Tannée 1848, avec hypothèque sur les domaines du Prince, situés dans les États Romains, près de Civita-Nova. Me trouvant en Toscane à cette époque, j'écrivis à mon homme d'affaires à Gênes, M. Arado, de vous répondre en mon nom pour vous prier d'interpeller le.Prince s'il aurait consenti à garder la somme totale jusqu'au 15 janvier 1851, afin que je pus, dans cet espace de temps, trouver un placement convenable.
Vous lui répondîtes que le Prince y adhérait et que c'était chose convenue.
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Le terme de ce remboursement s'approchant, je viens vous demander : 1° que vous ayez la bonté de m'envoyer une formule de la procuration de quittance* que je devrai envoyer à Paris pour ce remboursement, ainsi que de m'écrire si cette procuration devra être faite devant notaire ou le consul français ; 2° si c'est dans l'intention du Prince de payer le semestre des intérêts qui sera échu le 15 janvier prochain à Gênes ou à Paris, et, dans ce dernier cas, d'en faire mention dans la quittance sus-énoncée.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
E. L. Pallavicino.
M. Mocquard,
Secrétaire du cabinet particulier du Président de la République.
Paris.
A Monsieur Mocquard, chef du cabinet particulier du Président de la République française.
Monsieur,
Par votre lettre du 12 décembre courant, vous avez fait connaître au marquis E. L. Pallavicino, que M. le prince Bonaparte désirait obtenir un délai d'un, mois pour la restitution des 324,000 francs, et opérer ainsi cette restitution au 15 février 1851 au lieu du 15 janvier, comme on était convenu.
M. le marquis Pallavicino me charge de vous communiquer qu'il est disposé à satisfaire en cela le désir de M. le prince Bonaparte, pourvu que S. A. lui corresponde, jusqu'à la restitution entière de la somme, les intérêts au 6 p. c, qui pourront ainsi être calculés à à fr. 53-26 par jour.
M. le marquis Pallavicino vous prie de lui écrire le plus tôt possible si l'époque du 15 février reste définitivement arrêtée entre lui
et M. le prince Bonaparte pour la restitution de la somme en question, et s'il peut y compter pour remplir d'autres engagements.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
Votre très-humble et très-obéissant seviteur,
Félix Arado (1).
Gènes, le 19 décembre 1850.
(1) Voir au chapitre 3 l'article Galliera (duc de).