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LES FANATIQUES

Ceci est une note très-curieuse d'un sieur Bésuchet(l), ancien officier de l'Empire, mise au dos d'une circulaire en faveur de la candidature de Louis-Napoléon à la présidence de la République. Cette note constate que, tout en approuvant la circulaire, le Prince a déclaré n'avoir point d'argent pour en assurer la publication.

Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République.

Trois cent mille suffrages, en rappelant de l'exil notre concitoyen Louis-Napoléon Bonaparte, ont tracé la route qu'il devait suivre, et désigné la place qu'il pouvait ambitionner au milieu de nous. La France entière s'associant au vote spontané de cinq départements, a salué son entrée à l'Assemblée nationale, comme présage de la fin prochaine de l'interminable provisoire qui pèse sur nous.

Pressé par des hommes inquiets de la grandeur de sa position, Louis-Napoléon vient, du haut de la tribune, d'accepter une candidature que de toutes parts lui offraient les vrais patriotes, les hommes d'ordre, de progrès et de liberté ; son programme a retenti dans le cœur de tous les Français.

(1) (Voir l'article Bésuchet, chapitre 1 du n° 7 des Papiers secrets).

Le moment est venu, citoyens, de manifester hautement nos sympathies pour celui qui sera bientôt l'élu de la nation; préparons-nous, unissons-nous. En présence des malheurs qui pèsent sur notre patrie et de ceux qui peuvent la menacer encore, recueillons-nous dans notre conscience, et voyons si nous avons un nom plus glorieux, plus sympathique à la France que celui de Napoléon; si nous avons un homme qui, mieux que le neveu du grand Empereur, le petit-fils de la bonne Joséphine, l'écrivain qui s'est tant occupé du peuple (1), puisse se présenter comme symbole d'union, d'ordre, de clémence et de fraternité.

Elevé à l'école du malheur, éprouvé par l'exil, le prince Louis n'est plus au milieu de nous qu'un citoyen animé du plus ardent patriotisme. Pur de toute intrigue politique, étranger à nos discordes civiles dont son cœur a gémi, sa mission sera de réparer et non de venger ; il n'aura d'autre ambition que celle de contribuer au bonheur de tous, en dirigeant la France dans des voies sages et libérales, sous l'égide du drapeau de l'indépendance nationale et des libertés publiques.

L'Empereur, son oncle, a voulu le bonheur de la France par la gloire.

Il voudra, lui, la gloire de la France par le bonheur.

Vive la République !

Au nom d'une commission d'électeurs pour le département de la

Seine.

BÉSUCHET,

Ancien officier de l'armée impériale.

Au dos est écrit :

Approuvé par le Prince.

40,000 exemplaires ont été distribués.

(1) Les écrits de Louis-Napoléon expriment tous les plus nobles sentiments en faveur des classes ouvrières ; il a successivement traité diverses questions qui se rattachent à l'organisation sociale. Nous citerons, entre plusieurs ouvrages remarquables, celui qui a pour titre : Extinction du Paupérisme, publié à Ham, pendant sa captivité en 4844. — Son Manuel de l'artillerie lui a conquis l'estime de tous les militaires instruits.

C'est à cette occasion que le Prince me dit chez lui, à l'hôtel du Rhin:

« C'est bien, mais cela coûtera cher et je n'ai pas d'argent. »

« Prince, lui dis-je, je ne- viens pas vous en faire dépenser; c'est » moi qui fais tout cela, et, Dieu aidant, nous réussirons. »

Alors il me prit la main avec effusion.

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