‹ Les Papiers secrets du Second EmpireChapitre 30 sur 132 · LE LIVRE JAUNE · texte numérisé non relu

LE LIVRE JAUNE

Lettre de M. Pepoli à Napoléon.

Elle montre de quelle façon était composé le Livre Jaune.

Sire,

On m'écrit de Paris que le Livre Jaune contiendra deux dépêches qui me concernent.

J'espère, Sire, que cette nouvelle ne se confirmera pas : je regretterais de voir se rouvrir une polémique qui ne peut profiter qu'aux ennemis de la France et de l'Italie.

Vous savez, Sire, qu'au moment de prononcer mon discours à la Chambre des députés, je me suis résigné à passer sous silence l'historique des négociations, sur une invitation venue de votre Ministre, et je pense que Votre Majeslé n'aura pas oublié que cet historique avait été approuvé par M. Drouyn de Lhuys; au moins il en avait reconnu l'exactitude.

Je ne peux pas cacher à Votre Majeslé que la publication des notes qui me concernent me placerait vis-à-vis de mon pays dans une position difficile et douloureuse , qu'un honnête homme ne saurait accepter.

D'autant plus que, lorsque j'ai été à Paris, rien ne m'a pu faire vin. b

concevoir le doute de l'existence de la note relative au banquet de Milan, dont, même à l'heure qu'il est, je ne connais point les termes.

Les derniers événements de Rome, j'espère, Sire, qu'ils vous auront prouvé de quel côté sont vos ennemis, et je ne peux pas croire que vous choisirez ce moment pour blesser un cœur dévoué et ami, qui a toujours témoigné sa reconnaissance et son affection pour Votre Majesté et pour les destinées glorieuses de sa dynastie.

De Votre Majesté Impériale le dévoué serviteur.

Pepoli.

Le 28 janvier 1866.

Il faut vraiment que la corruption d'un gouvernement soit notoire pour qu'on ose adresser à son chef une demande du genre de celle qui précède.

Les compromis sont toujours le résultat des manœuvres ténébreuses, et lorsqu'un pouvoir descend à les faire, il doit tout redouter de l'avenir.

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