LETTRES DE JOSÉPHINE AU CITOYEN BOTOT SECRETAIRE DE BARRAS
Bonaparte est arrivé cette nuit ; je vous prie, mon cher Botot, de témoigner mes regrets à Barras de ne pouvoir pas aller dîner
(1) Ces deux lettres ont été, au mois d'avril dernier, envoyées à l'Empereur par le fils même de M. Botot, ainsi que le prouve la lettre suivante, qu'il a adressée à M. Conti :
» Monsieur le Sénateur,
» Conformément à votre lettre du 43 avril courant, j'ai l'honneur de mettre » sous ce pli, à votre adresse, neuf pièces, au nombre desquelles se trouvent les » lettres de la main de S. M. l'Impératrice Joséphine à M. Botot, mon père.
» Permettez-moi, Monsieur le Sénateur, de saisir avec empressement cette » occasion pour vous remercier, du fond de mon cœur, de toute votre bienveil- » lance.
» Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l'assurance de ma profonde reconnais- » sance, avec l'hommage des sentiments Ips plus respectueux de votre très-humble » et très-dévoué
» Botot, » Rue de Lille, 9.
» Paris, 26 avril 4870. >
chez lui (1); dites lui de ne point m'oublier.Vous connaissez mieux que personne, mon cherBotot, ma position.
Adieu. Amitié sincère.
Lapagerie Bonaparte.
Au citoyen Botot, secrétaire du directeur Barras, au Luxembourg.
Ce 23 floréal an VI (12 mai 4798).
J'ai écrit avant hier, citoyen, au directeur Barras pour lui demander une lettre de recommandation auprès du ministre de la marine (2), pour mon mari. Il l'attend avec impatience pour se présenter chez lui. Je vous prie en grâce de me rendre le service de lui en parler. Ma nièce m'a chargé de remplir une dette sacrée : il lui en a bien coûté de partir sans l'avoir acquittée. Je ne désire que d'avoir la facilité de remplir ses intentions. Une lettre du directeur qui dise simplement qu'il prend intérêt à nous est tout ce qu'il nous faut.
Salut et meilleure santé.
Lapagerie Beauharmis.
Rue Saint-Honoré, vis-à-vis la caserne des grenadiers de la Convention.
Au citoyen Botot, au Directoire, à Paris.
(4) Il s'agit probablement de l'arrivée soudaine à Paris de Bonaparte, revenan de la campagne d'Italie, le 5 décembre 4797.
(2) Bruix, qui occupait le ministère depuis le 28 avril. L'impatience de Bonaparte était concevable, car il allait partir pour Toulon, où il devait prendre le commandement de l'expédition d'Egypte, qui mit à la voile le 4 9 mai.