ORDRE DU JOUR
Une proclamation du chef du pouvoir exécutif vient de paraître et d'être affichée sur les murs de Paris, pour expliquer le but des mouvements qui s'opèrent.
Le but est l'affermissement de la République, la répression de toutes tentatives de désordre et la reprise des canons qui effrayent la population. Les buttes Montmartre sont prises et occupées par nos troupes, ainsi que les buttes Chaumont et Belleville.
Les canons de Montmartre, des buttes Chaumont et Belleville sont au pouvoir du gouvernement de la République.
Le général commandant supérieur de la garde nationale
de la Seine,
Signé : D'Aurelles.
Ce curieux ordre du jour a été imprimé d'avance. Il devait être
placardé sur les murs de Paris, le 18 mars. La Commune ne le permit pas, en refusant d'abord de rendre les canons et ensuite en prenant l'Hôtel de ville, tandis que le gouvernement s'installait à Versailles.
| Bordeaux, 4 mars, 7 h. 6 m.
Guerre a général Vinoy, Paris.
Reçu votre dépêche à 4 heures. Je viens d'expédier tous les ordres pour que les troupes composant les trois divisions annoncées soient mises en route sur-le-champ pour Paris. Elles partent du Havre, de Cherbourg, de Laval, de Poitiers et de Saint-Amand, dans le Cher. Appelez les officiers destinés à commander ces troupes, dès leur arrivée.
Les généraux des divers corps d'armée vous préviendront de l'heure du départ et d'arrivée des convois.
Il faut que Jules Favre s'entende avec M. de Bismark, pour que les états-majors allemands ne mettent aucun obstacle au passage le plus rapide de ces troupes sur les territoires encore occupés par eux.
Toutes ces troupes emportent 90 cartouches par homme et trois jours de vivres dans le sac.
Prévenez à toutes les gares de l'Ouest, Saint-Lazare et Mont-Parnasse, et faites-les occuper vigoureusement par de bons bataillons de la garde nationale.
J'espère que celle-ci saura défendre ses foyers et sa fortune, menacés par les lâches qui refusaient d'aller au feu pendant le siège.
Général Le Flô.
Paris, 4 mars 4874, 4 h. matin.
Général Vinoy à Guerre, Bordeaux,
Si vous avez une division prêle, envoyez-la moi, car un mouvement insurrectionnel sérieux s'organise publiquement.
Gardes nationaux de Montmartre, la Chapelle, Belleville et Mouffetard désarment les gardiens de la paix, pillent munitions et canons de rempart. Effectif trop faible pour attaquer ou protéger efficacement.
Vinoy.
LE fflVm ARTHUR PICARD,
Extraits du dossier n° 94, 361, concernant 1er nommé Picard (Arthur), frère du ministre Ernest Picard et directeur du journal l'Électeur libre,
(Archives de la Préfecture de police.)
Bourse de Paris.
Rapport du mercredi 31 juillet 1867.
CABINET
de
M. le Préfet de Police.
I — ï'fe« Clôture (rente 3 0/0).
Hausse »
68 92 Baisse 7 4/2.
SOMMAIRE. (*'j* Uj-
Monsieur le Préfet ,
Il appert de divers journaux, le Siècle, le Temps, etc., que le sieur Picard, frère du député et ancien sous-préfet pa trôné, disaiton, par M. de Persigny, se porterait candidat dans Seine-et-Oise,
pour le prochain Conseil général. Sa candidature serait fortement appuyée par son frère, MM. Jules Favre, Odilon Barrot, etc. Or il importe qu'on sachequ'à la Bourse deParis, ledit sieur Picard estinvesti de la plus détestable des réputations; qu'on relève et qu'on établit contre lui des faits nombreux d'abus de confiance, de fraude, d'escroquerie, en matière de jeu de Bourse.
A diverses reprises, en effet, j'ai été dans l'obligation d'intervenir entre lui et ses créanciers et de lui signifier d'avoir à disparaître de la Bourse, le tout dans son intérêt personnel autant que dans l'intérêt de l'ordre public, toujours compromis par sa présence devenue inutile, puisqu'il ne soldait pas ses différences et qu'on ne voulait plus négocier pour son compte.
Je dois ajouter que les créanciers de Picard, exaspérés par sa loquacité équivoque, par ses faux-fuyants, etc., l'assaillaient en pleine Bourse, l'accablaient d'avanies, sans lui ménager, m'a-t-on dit, le dernier des outrages.
Aussi l'apparition de cette étrange candidature a-t-elle soulevé une véritable réprobation. On en était là de l'étonnement, lorsque aujourd'hui le maire de Bougival s'est présenté à la Bourse, demandant à être éclairé sur différents bruits relatifs à Picard, et qui commençaient à circuler à Bougival, que ledit sieur Picard bouleverse en ce moment dans l'intérêt de sa candidature, dérangeant les moissonneurs, grisant les ouvriers, etc., etc.
Je me suis empressé de satisfaire le maire de Bougival, et la commission s'est chargée de l'éclairer sur l'immoralité du candidat en question. Quant à la publicité des faits que le maire réclamait de moi, il a compris qu'il ne m'appartenait pas d'y pourvoir, et à cet égard, il m'a dit qu'il aurait probablement l'honneur de vous demander audience.
J'ai l'honneur d'être, monsieur le Préfet,
Votre dévoué serviteur,
G. Martinet.