‹ Les Papiers secrets du Second EmpireChapitre 42 sur 132 · RECTIFICATION · texte numérisé non relu

RECTIFICATION

Nous recevons de M. Samuel, chef d'escadron d'état-major, la lettre suivante que nous nous empressons de publier, en attendant que nous ayons pu faire droit à sa juste demande. On comprendra que dans un travail aussi complexe que le nôtre, une erreur, même grave, puisse se glisser, nous avons déjà prouvé que nous cherchions la vérité, et ainsi que nous l'avons fait déjà, nous accueillerons toujours les rectifications fondées.

« Monsieur,

» Dans le fascicule, n° 3, des « Papiers secrets du second Empire,» » on lit à la page 9 :

» La politique Impériale.

» On a reproché à la France de n'avoir pas employé des espions

» capables de la tenir au courant de ce qui se passait en Prusse; ce

» reproche n'est pas tout à fait fondé, car les rapports des gouver-

î) nements de Paris et de Berlin étaient empreints d'une défiance

» égale. Ainsi, le ministère de la guerre entretenait en Allemagne,

» comme espion (1) en titre, un certain capitaine Samuel, qui non-

» seulement, etc., etc.

(1) Le mot espion n'avait été employé que dans le sens qu'y attachent les Alleix. 5

» Suit une dépêche tout à fait militaire, qui n'a aucun rapport avec la politique, adressée au ministre de la guerre, au printemps de 1869.

» Je veux bien ne pas croire à une intention malveillante de l'auteur de ce commentaire du télégramme, lorsqu'il accole cette désignation d'espion au nom d'un officier de l'armée française. C'est évidemment le résultat de cette ignorance profonde qui est une des premières causes de nos affreux revers.

j> Pourquoi ne s'être pas donné la peine d'ouvrir un annuaire militaire français? On y aurait vu que ce certain capitaine Samuel a l'honneur d'appartenir au corps d'état-major. Pour peu qu'on eût tenté de se renseigner, on aurait peut-être appris qu'il était du petit nombre de ces officiers qui s'étaient adonnés à l'étude des organisations militaires étrangères, et qu'il a cherché par tous moyens en son pouvoir à éclairer le gouvernement déchu.

» Le capitaine d'état-major Samuel a été attaché à plusieurs missions militaires en Allemagne par le défunt et regretté maréchal Niel, et c'est pendant une de ces missions, auxquelles on employait alors chaque année de nombreux officiers comme lui, qu'il a eu la bonne fortune de surprendre le général de Moltke dans une reconnaissance que le chef de l'état-major général allemand faisait le long de nos frontières. En avertir le ministre de la guerre et lui demander ses instructions, c'était le premier et le plus impérieux devoir de cet officier.

» J'ai trop de confiance en votre justice et en votre loyauté, Monsieur l'Éditeur, pour ne pas être sûr, qu'après ces courtes explications, pour n'hésiterez pas à introduire une rectification clans le passage qui me concerne, et à faire disparaître immédiatement la dénomination outrageante accolée à mon nom.

» Agréez, Monsieur l'Éditeur, l'assurance de ma considération distinguée.

» Le chef d'escadron d'état-major, » Commandant Samuel. »

Bruxelles, 17 mai 4871.

mands, sens qui doit se traduire par : Agent militaire secret chargé d'examiner les forces des voisins.

DU GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE

À la demande d'un nombre considérable de nos lecteurs, nous avons pris la résolution d'intercaler désormais dans chaque numéro des Papiers Secrets du Second Empire, ceux du Gouvernement de la Défense Nationale que la Commune a publiés en vertu du décret suivant :

« Paris, «avriUOTl.

» La Commune de Paris,

» Considérant qu'il est important de connaître les agissements de la dictature du 4 septembre, et en particulier les actes qui ont amené la capitulation de Paris;

» Considérant, d'autre part, qu'à la suite de la Révolution du 18 mars, une quantité de papiers, dépêches, etc., sont tombés entre les mains du peuple;

» Une commission d'enquête est instituée, ayant pour but de chercher tous les éléments pour établir la responsabilité qui incom be à chacun de ceux qui ont participé aux actes du gouvernement du 4 septembre.

» Le citoyen Casimir Bouis est nommé président de cette com-

mission d'enquête; il est chargé d'organiser cette commission et invité à procéder au plus tôt à la publication des pièces les plus importantes.

» Paris, le 15 avril 1871.

» La Commission executive,

» F. Cournet, Delescluze, Félix Pyat, G. Tridon, E. Vaillant, Vermorel, Avrial. »

Pour être impartial, il faut constater que les hommes du coup d'Etat du 4 septembre, qui avaient entrepris de chasser les Prussiens de France et de ne eéder à l'Allemagne ni une pierre de leur® forteresses, ni un pouce du territoire, ont énormément perdu de leur prestige.

Dans ce grand cataclysme, c'est triste à dire, pas un homme remarquable ne s'est produit.

Les avocats ont beaucoup parlé; ils se sont fait rouler par les diplomates et battre à plate couture, lorsqu'ils ont tenté d'organiser des armées.

Trochu avait son plan déposé chez son notaire, un plan merveilleux assurément, on ne le sait que trop aujourd'hui.

Cette publication dont l'essence et le désir profond de rester dans la vérité stricte, tout en jetant la plus grande lumière sur les dernières années de la France impériale et sur ce qui s'y est passé après la capitulation de Sedan, ne serait vraiment pas complète, si le dossier du Gouvernement de la Défense Nationale n'y était pas annexé.

Les documents qui suivent ont été publiés par la Corn-

mime. Cette déclaration nous dispense.d'ajouter que toutes les rectifications seront admises et que, pour l'honneur de tous, nous nous engageons à accueillir tous les documents quelconques qui pourront nous^aider à atteindre le but que nous poursuivons.

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