MONSEIGNEUR
Aujourd'hui, jour de joie à la cour, jour de bonheur dans toute la patrie; combien de. cœurs qui vous sont dévoués palpitent en vous offrant leurs souhaits.
Que ne puîs-je me joindre à ces heureux que leur position permet l'insigne honneur de vous approcher.
Mais votre bon cœur à l'exemple de VOTRE BIEN AIMÉE MÈRE, SA MAJESTÉ L'IMPÉRATRICE, n'oublie pas les absents, et la circonstance de ce jour a déjà répandu à PROFUSION vos BIEN- FAITS.
Au nom de cette date mémorable du SEIZE MARS;
BONHEUR et ESPOIR de la France, permetlez MONSEIGNEUR, au plus humble de vos sujets de solliciter de VOTRE HAUTE GRA- TITUDE de vouloir accorder une grâce de plus au nombre de celles qui par l'ANMVERSAIRE de VOTRE BIEN HEUREUSE NAISSANCE, vous bénissent d'avoir fait réaliser leur désir.
Le 18 du mois dernier, j'ai adressé à Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Intérieur, une pétition revêtue de l'apostille de
M. Sénéca, député, conseiller honoraire à la Cour impériale de cassation, conseiller général du Pas-de-Calais, pour obtenir un emploi dans la sûreté générale en attendant que je puisse être commissaire de police en province, voulant ainsi suivre la carrière de mon grand-père, qui a rempli ces fondions pendant près de 40 ans, notamment sous le règpfi de VOTRE AUGUSTE ONCLE NAPOLÉONS.
Permettez-moi, MONSEIGNEUR, d'implorer votre bienveillante attention, pour vouloir bien in' aider à réussir, par une de vos généreuses paroles adressées à qui de droit, et que vous savez si bien dire : témoin le camp de Cliâlons.
Un jour mon (ils vous bénira, et comme son père, aura le désir le plus ardent de servir VOTRE IMPÉRIALE FAMILLE.
Je suis avec le plus profond respect,
MONSEIGNEUR, de VOTRE ALTESSE
Le très-humble et obéissant serviteur, F. Bertin, 14, rue Bertin-Poirée.
CABINET DE L'EMPEREUR
Arrivée le 16 mai 1866.
A Sa Majesté Napoléon M, Empereur des Erançais, à Paris.
Sire,
J'ignore si la présente vous passera sous les yeux. J'ignore le service du palais; mais enfin je me berce dans l'espoir, si Dieu permet que. vous lisiez ces lignes, j'ose espérer, Sire, que vons voudrez bien les apprécier, et je serai heureux, si je puis m'attribuer le dicton il faut mieux avoir affaire au Bon Dirc qu'à ses
saints, quoique cependant, je n'ai pas encore adressé à ces derniers la demande que j'ai l'honneur de vous soumettre.
Maintes fois, Sire, j'ai eu l'intention de vous remettre ma demande lorsque j'ai eu l'honneur de me trouver sur votre passage. Hier encore j'aurais pu le faire lorsque vous êtes venu sans escorte près des Invalides, mais la crainte de commettre un acte qui ait pu vous déplaire et ne voulant pas violer la consigne, à mon grand regret, je me suis résigné à conserver dans mon cœur le plus grand de mes désirs.
Mon enfant chéri, que tout le monde dit ressembler à Son Altesse monseigneur le Prince Impérial, était sur mes bras et vous envoyait des baisers avec ses petites mains et son petit sourire de sept ans, qu'hélas ! vous n'aperceviez pas, semblait vous dire, Sire, regardez papa, il a quelque chose à vous demander.
Pour toute recommandation et toute appostille, je n'ai à vous offrir, Sire, que mon dévouement bien sincère à votre Impériale Personne.
La demande que je viens vous faire aujourd'hui devant vous être transmise, il y a longtemps, par un de vos chambellans, député de la Somme, qu'une fin tragique a empêché de mettre à exécution, et c'est ce qui me force à m'adresser directement à vous, Sire, car j'ai aujourd'hui trente-neuf ans, et par d'autres voies, à cause de mon âge, je rencontrerais des obstacles insurmontables.
Je suis nanti de bons certificats. Par suite de pertes et de maladies que j'expliquerai en temps opportun ; je suis sans emploi, et depuis longtemps sur les bras de ma digne et courageuse épouse, qui a un petit établissement pour robes.
Nos pertes ne me permettent plus jamais de réussir dans le commerce; ma partie est comptable, employé aux écritures.
Vous me rendriez bien heureux, Suie, s'il vous était possible de m'accorder un emploi qui me permette de veiller sur votre Impériale personne, et votre Auguste famille, de me trouver où besoin serait, et malheur à celui qui voudrait vous faire du mal.
,1e sacrifierai ma vie, mon amour 5 ma femme, ma tendresse à mon enfant, avant qu'il puisse vous atteindre.
Vous pouvez être persuadé, Sire, d'avoir en moi l'agent le plus dévoué, si cela n'est pas possible, un emploi dans une administration quelconque qui me permette de pouvoir vous rendre mon dévouement le plus utile possible.
Une audience, Sire, je n'ose espérer un tel honneur.
Une réponse, je la désire avec la plus vive ardeur. Veuillez agréer,
Sire,
L'assurance de mes sentiments les plus respectueux, avec lesquels je suis,
de Votre Majesté Le très-humble et très-fidèle sujet,
F. Bertin,
Kne Saint-Honoré, n. 440!
Paris, 14 mai 4866. (Textuel.)
M. Lagrange, informez-vous s'il peut être utilisé. — Fait le 24 mai 4860.
A Monsieur le Préfet de Police du département de la Seine.
Monsieur le Préfet,
Ayant un établissement de coiffure à la Chapelle-Saint-Denis, rue Philippe-de-Girard, 88, et croyant pouvoir faire partie de votre police politique, je viens, monsieur le Préfet, vous faire humblement la demande, avant une clientèle assez nombreuse, oe
qui pourrait faire que je vous fasse de temps à autre quelques rapports.
Agréez, monsieur le Préfet, mes humbles salutations.
Chabin,
Paris, le 7 novembre 4868.
Dossier 459.
Monsieur Lagrange,
Connaissant votre bonté pour moi, je n'hésite pas de vous parler d'une place de 1 ,800 francs que je puis remplir sans me gêner, c'est une place de receveur des marchandises à l'hôtel des commissaires priseurs, rue Drouot, de midi à deux heures. Celui qui remplit ce poste s'appelle Emile, il est sur le point de quitter cette place étant gravement malade.
Openhemi, le marchand de curiosités du boulevard, qui sent l'intérêt que vous me portez, m'a dit qu'un mot de vous suffira pour avoir la promesse de la place, sitôt qu'elle serait libre, ce qui ne peut manquer avant un mois. Ce malheureux étant fort malade, je compte sur votre bonté pour moi, pour me donner une lettre pour, ces Messieurs les Commissaires-Priseurs.
Je suis, en attendant, votre tout dévoué,
Château-Renaud, 52, rue Trufîault.
Dossier 25,295. — RAPPORT.
Le 28 octobre 186H.
Les renseignements suivants ont été recueillis sur le compte du sieur Château-Renaud, qui fait l'objet de la note du cabinet en date du 26 septembre dernier.
Le sieur Château-Renaud (Louis-Pierre), né à Paris en 4817, est marié, n'a pas d'enfant; il a des neveux à sa charge. Il demeure depuis quelques années rue Levert, n" 30 (Belleville). Précédemment, il restait chaussée Clignancourt, 46, et rue du Château. n° o (Montmartre).
Le dénommé, qui est fils d'un ancien boucher de Paris, a fait tous les métiers, il a été acteur au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple, où il a obtenu peu de succès.
Lorsque la révolution de février 1848 a éclaté, il joua un certain rôle politique, il fut attaché, on sait en quelle qualité, au cabinet de M. Marrast, alors maire de Paris. On le voyait chaque jour parcourant Paris à cheval, vêtu d'un uniforme de fantaisie, coiffé d'un chapeau de monlagnard, orné de longues plumes rouges. 11 portail des dépêches dans les diverses mairies de Paris, ce qui lui donnait souvent l'occasion de s'arrêter sur les places publiques pour haranguer le peuple.
Après l'élection présidentielle du 40 décembre, Château-Renaud lit partie de la brigade à cheval, qui faisait le service du hois de Boulogne, pour la sûreté du prince-président. Cette brigade ayant été dissoute, il continua, dit-on, à appartenir à l'administration en qualité d'indicateur.
Château-Renaud annonce partout qu'il appartient à la préfecture de police, il s'est fait passer pendant un temps comme inspecteur des résidences impériales ; aujourd'hui il prétend que le cabinet de M. le préfet de police lui a confié une mission de confiance qui ne l'occupe que pendant trois mois de l'année, et qu'il reçoit pour cela des appointements de 5,000 francs par an.
Le langage que tient Château-Renaud a pour but d'obtenir la confiance de ses fournisseurs, et un grand nombre d'entre eux se sont laissé prendre à ses belles paroles; aussi se trouve-t-il aujourd'hui débiteur de quinze mille francs qu'il ne peut payer. Il y a quelques semaines, i! a fait une assemblée de créanciers et leur a annoncé que la nature de son emploi ne permettait pas de mettre
opposition sur son traitement; que s'ils voulaient consentir à un ' arrangement, il leur offrait tant pour cent (nous n'avons pu contrôler le chiffre de ses offres), mais sa proposition n'a pas été acceptée.
Il a tenu pendant deux ans une petite boutique de jouets d'enfants, chaussée de Clignancourt, 46, établissement qu'il a été contraint d'abandonner.
Les renseignements les plus défavorables sont fournis sur le compte du sieur Château- Renaud.
Affectant des dehors d'homme du monde, il n'en est pas moins grossier dans son langage, ayant constamment la menace à la bouche, s'appuyant surtout sur sa soi-disant qualité d'agent de police ; il va même jusqu'aux voies de fait, ce qui a eu lieu peu de temps avant son départ de Montmartre.
II a insulté et frappé le concierge de sa maison, et celui-ci a porté, entre les mains de M. Diet, commissaire du quartier de Clignancourt, une plainte qui a été transmise à M. le procureur impérial. Cette affaire n'a pas encore été appelée devant la police correctionnelle.
Le sieur Château-Renaud, bien que marié, passe pour un souteneur de filles publiques, et on a tout lieu de croire qu'il se fait donner de l'argent.
Quant à ses opinions politiques, il est assez difficile de les définir. On prétend qu'il est dévoué à celui qui le paie le plus cher.
Il y a identité entre le sieur Château-Renaud qui nous occupe et son homonyme qui a été condamné le 1er août 1851, par la cour d'appel de Paris, à six mois de prison pour séquestration de personnes.
On le trouve au 2e bureau de la lie division comme ayant été arrêté le 18 février 1851 pour extorsion de signature, et poursuivi le 27 janvier 1863 pour cause non indiquée.
Le sous-Lriyudier.
Thomas.
Dossier 3,948.
A Monsieur le Préfet de police du département de la Seine.
Monsieur le Préfet.
Virginie Mabirc, veuve Courapied, qui a déjà été employée dans votre administration il y a environ trois ans, vient vous témoigner le désir d'en faire partie de nouveau; les services qu'elle a été à même de rendre à celte époque lui font espérer que vous voudrez bien accueillir sa demande. Elle est particulièrement connue de M. Hébert, chef de garnis, et de M. Tucolin, employé du 6e arrondissement. Il vous sera facile d'avoir sur elle tous les renseignements nécessaires dans vos bureaux.
Comptant sur votre désir d'obliger, Elle se dit, Monsieur le Préfet, avec le plus profond respect, votre dévouée servante,
Ve Courapied.
Rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 19.
Paris, le 25 février 1853.
Police municipale.
Service de M. Dumas.
Officier de paix.
Dossier 4,579. 15,504-86
Paris, le 1:2 avril 1867.
Le nommé Vincent, charbonnier et allumeur de gaz, rue Lafayelte, 419, ne saurait en rien être utilisé par l'administration. Il ignore le premier mot de la politique et n'a ni relation, ni connaissance en quoi que ce soit qui le mette à même de rendre des services.
Pour l'officier de paix.
V Inspecteur général, A. Del amarre.
Dossier 9861.
Police municipale.
Service de M. Dumas.
Officier de paix.
Pans, 2 juillet 1867.
Le sieur Messiez, Philippe, 27 ans, né à Paris, a été libéré du service militaire le 1er janvier dernier et s'est établi coiffeur rue du Champ-de-Mars, 14. Sa clientèle promet de lui assurer des ressources assez belles, et il n'a entendu, en demandant à être utilisé, que trouver un moyen de les augmenter encore.
Il ne saurait en aucune façon rendre des services à l'administration.
Pour V officier de paix.
L 'Inspecteur principal.
Deluman.
45,504-18. Dossier 3,924.