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LES PRÉFETS

(Suite) (i).

Lettre de M. le Comte de Lapeyrouse, Préfet du Doubs, au Ministre de /' Intérieur,

Monsieur le Ministre,

Voîre Excellence m'a prié de lui faire connaître les fonctionnaires qui m'ont activement secondé pendant, les dernières élections et ceux dont le concours m'a fait défaut.

Le rapport que j'ai l'honneur de lui adresser concerne exclusivement messieurs les sous-préfels. Je le compléterai par un second travail où j'examinerai la conduite des fonctionnaires des divers ordres.

Je crois devoir, tout d'abord, signaler à Votre Excellence comme ayant fait preuve d'un zèle et d'un dévouement remarquables M. de Bony, sous-préfet de Pontarlier. Déjà, au sujet des affaires de Neucbâtel, j'avais eu l'occasion de. reconnaître sa vigilance et son iniliative personnelle, mais dans cette circonstance M. de Bony s'est vraiment surpassé; son arrondissement a voté d'une manière exceptionnelle. J'ose" donc, monsieur le Ministre, recommander ce fonctionnaire à voire bienveillante sollicitude. M. de Bony, qui se trouve depuis cinq ans dans une des sous-préfectures ies moins

(4) Voir le n° 2 des Papiers secrets.

favorisées de France, désire un avancement que Votre Excellence ne peut que trouver juste et mérité.

M. Chamsin, sous-préfet de Baume, a fait preuve, lui aussi, de beaucoup d'activité; il a parfaitement réussi, je dois lui rendre ce témoignage; mais je ne saurais oublier ce que je mandais à Votre Excellence, le 10 janvier 1856 : M. Champin a très-peu de tenue

et il résulte de cet ensemble mille

bruits fâcheux qui portent atteinte à la considération de l'administration. Dans mon opinion, M. Ghampin a fait son temps à Baume; il y a rendu des services réels, et je n'hésite pas à proposer à Votre Excellence son déplacement, mais avec avancement.

M. le sous-préfet de Monlbéliard a été battu dans trois cantons sur sept, et cet échec, qui ne m'a pas surpris, eût été autrement considérable; si Votre Excellence n'avait eu la sage précaution de modifier sa circonscription. M. Boyer a manqué de sagacité et de jugement; son tort a été surtout de chercher ses inspirations partout ailleurs qu'auprès de son chef et de consulter ses désirs personnels plutôt que l'opinion de ses administrés. C'est en vain que j'ai cherché à lui ouvrir les yeux.

Aujourd'hui l'arrondissement de Montbéliard est très-divisé, et il n'est pas au pouvoir de ce sous-préfet, qui a dû racheter son imprévoyance par beaucoup d'énergie et de vigueur, de rétablir l'union dans les esprits. M. Boyer ne se fait pas illusion sur les difficultés de sa position, et il désire, autant par ca motif que pour celui de sa santé, qui est très-délabrée, un changement que je considère comme d'absolue nécessité.

Je suis avec respect, monsieur le Ministre, de Votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur.

Gte de Lapeyrouse.

Niederbronn, le 44 juillet 4857.

C'est admirable, vraiment, que ce jeu des préfets. A la plus belle majorité, le plus gros pain de sucre. Conviction, respect des sentiments d'autrui, l'urne emporte tout. Faire voter, voilà le principal. On n'invente pas ces choses-là ; c'est écœurant, mais cela était!

VÎII

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