‹ Les Papiers secrets du Second EmpireChapitre 76 sur 132 · SERVICE DE M. FONTAINE · texte numérisé non relu

SERVICE DE M. FONTAINE

oflicier de paix.

RAPPORT

Paris, le 3 août 1870.

Le sieur Kegnard, Louis- Hyppolite, ouvrier couvreur zingueur, qui fait le sujet de la ci-jointe, est âgé de 32 ans, né à Paris et demeure depuis trois mois, passage Gustave Lepeu, 28, rue des Boulets, 92, au loyer annuel de 210 francs.

Précédemment il demeurait impasse Plichon, rue du Chemin- Vert, 131.

Il est marié et père de trois jeunes enfants.

II est fils d'un entrepreneur assez riche, dit-on.

Le sieur Regnard a loué pour vingt ans, impasse Plichon, un terrain sur lequel il a construit une petite maison qui lui rapporte annuellement 700 francs.

Il est membre de plusieurs sociétés ouvrières et il est par suite en relations avec un assez grand nombre de républicains.

Il est presque toujours invité par lettre aux réunions privées qui ont lieu dans les 12e et 20e arrondissements.

On n'a recueilli sur son compte que de bons renseignements et il pourrait peut-être rendre quelques services à l'administration.

L'officier de paix,

Fontaine.

Dossier 45,504.

A \ Monsieur le Préfet de police.

Dans les circonstances difficiles, il est, je crois, du devoir de tout citoyen d'éclairer l'autorité sur la marche de l'opinion publique.

Depuis le 14 avril, j'ai quitté Paris avec un passeport de secours de route, délivré le 15 courant à votre préfecture, n° 1,054, registre n° 5, en destination à Viviers (Ardèche), où j'espère obtenir du travail, aux usines de MM. de Lafarge.

Je viens donc, monsieur le Préfet, de parcourir une longue roule à pied. — Les campagnes ne sont pas contentes.

Il faut, pour le paysan, savoir lui répondre par des chiffres, Une connaît que les chiffres.

Jusqu'ici à la veille d'élections on fait tout le contraire.

L'opposition par ses quelques circulaires bien précises, par un calcul très-simple, a fait plus de chemin que vous ne le supposez.

Si j'avais eu mandat, j'aurais déjà depuis plusieurs jours adressé des rapports, qui peut-être auraient eu quelque utilité; et ce n'est que la veille d'arriver à ma destination, que je cède au devoir de reconnaissance vis-à-vis votre administration en lui disant franchement que la police des départements n'est pas à la hauteur de sa mission actuelle.

Veuillez agréer, monsieur le Préfet, l'assurance du dévouement de votre dévoué serviteur.

ClURLES-EllNEST FoUET.

Se rendant aux usines de MM. de Lai'arge par Viviers (Ardèche),

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