‹ Les Papiers secrets du Second EmpireChapitre 77 sur 132 · GARNIS · texte numérisé non relu

GARNIS

Police municipale.

Le 18 juin 1870.

(Traduction d'une lettre écrite en langue anglaise»)

Bridge Road, Marlbrough Road,

Street John's Road. — Londres, le 16 juin 1870.

A Monsieur le Préfet de police, à Paris.

Monsieur,

J'ai entendu dire qu'en France le gouvernement employait des femmes comme espions ou agents de police ; je désirerais avoir un emploi de ce genre.

Je suis « lady >• de naissance, âgée de vingt-trois ans, et j'ai reçu une bonne éducation anglaise ; je n'ai pas d'amis ni aucune relation qui me forcent à être discrète. Si l'on m'emploie, je ne reculerai devant aucune difficulté afin de me procurer une position qui me permette de vivre. Malheureusement, je ne parle que l'anglais ; mais, comme j'ai l'intelligence prompte , je pourrais facilement m'instruira sous d'autres rapports.

Dans l'espoir de recevoir une réponse favorable,

J'ai l'honneur d'être, etc.

J. Frankiban>on.

Pour traduction véritable,

L'officier de paix.

A Sa Majesté l'Impératrice des Français*

Génisson, Casimir-Auguste, âgé de 27 ans, célibataire, ci-devant principal clerc d'avoué à Nogent-sur-Seine, actuellement domiciliée Paris, avenue d'Italie, 44.

Madame,

Le soussigné a l'honneur de porter à votre appréciation le genre de services rendus par lui.

Dans le cours de l'année 1865, le soussigné découvrit un homme qui faisait partie d'une société de conspirateurs : après avoir pris tous les renseignements sur cette affaire, il s'empressa de demander une audience au préfet de son département pour le mettre au courant de ce qui se passait; et le 25 novembre de la même année, le soussigné rendait compte à son préfet de tout ce qu'il avait appris.

En 1869, le soussigné se faisait encore remarquer pour l'élection de M. Argence, maire de la ville de Troyes ; dès le commencement de cette année, il commençait dans les campagnes les visites domiciliaires dans le but de recommander ce candidat.

Lorsque vint le mois de mai, il était sur le terrain brûlant; il fallait quand même combattre; il voyait, cinq jours avant les élections, ses ennemis se dresser contre lui avec plus de force que jamais; il luttait quand même aussi; arrivé au dernier jour (22 mai 1869), ses ennemis avaient placé un homme qui devait se rencontrer avec le soussigné et frapper celui-ci sans pitié; mais, grâce à Dieu, l'un de ses amis l'ayant su, s'est empressé de lui faire connaître les plans que ses ennemis avaient tiré contre lui.

Les mêmes personnes ont toujours conservé contre le soussigné une antipathie de plus en plus grande, à un tel point qu'il fut obligé de quitter son pays. Aujourd'hui, le soussigné a, comme il

l'a toujours eu, le plus grand désir de rendre service à son pays, et, ne pouvant le servir par les armes, comme il le désirerait, car la blessure qu'il a eue au pied droit l'en empêche, bien qu'il n'en souffre pas et qu'il marche autant qu'on peut marcher; il ne crainni danger ni fatigue; c'est pourquoi, Madame, il ose prendre la liberté de vous adresser cette demande respectueuse pour vous supplier de vouloir bien lui faire obtenir l'emploi d'agent secret (police secrète); son zèle et sa probité répondent de lui pour mériter la confiance de ses chefs.

Dans l'espoir que SA MAJESTÉ voudra bien faire droit à sa supplique,

Il est avec un profond respect,

Madame,

Votre très-humble serviteur et fidèle sujet.

A. Gènisson.

Paris, 15 août 4870.

CABINET DE L'EMPEREUR

Arrivée le 24 août 4870.

A Sa Majesté Napoléon III, Empereur des Français. Majesté,

Joseph Gerbault, ancien soldat de la réserve, sabotier, demeurant à Saint-Denis-de-Jouzet, canton d'Aigurande (Indre), a l'honneur de se recommander à vous.

Les dévouements, SIRE, sont de tous les temps. Et toujours ils viennent du peuple ! et non des grands !

J'ai demandé à Son Excellence le préfet de police, une place dans la police secrète, soit à Paris, soit ailleurs.

Cette demande était signée par monsieur le maire de Saint- Denis-de-Jouzet, qui déclarait que j'étais de bonne vie et mœurs. Son Excellence m'a fait l'honneur de me répondre, par l'intermédiaire de monsieur le maire, que j'étais trop âgé. — J'ai 57 ans. 37 ans ! Est-ce un âge qui empêche de vous servir? A l'intérieur comme à l'extérieur, à cet âge on est utile. Et moi, cette pensée de rendre compte à vous, à votre gouvernement.

m'est venue depuis longtemps! surtout quand; je vois ceux qui devraient être à vos genoux — pour toutes les grandes choses que vous avez faites

oublient!

J'ai l'honneur de me mettre entièrement

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