TÉLÉGRAMME
Pour Paris. — De Gouverneur, N. 424.
Dépôt le 22 janvier à 3 h. 27 m. du matin. Gouverneur au Préfet de police.
Reçu vos dépêches. Nos précautions sont prises.
N. 963. — Exp. 8 h. 40 m.
Paris, 22 janvier 1874, 7 h. 40 m. du matin.
Le général Vinoy au général Blanchard.
Donnez immédiatement l'ordre aux trois bataillons du Finistère de rentrer dans Paris. Un bataillon s'arrêtera avenue d'Italie à hauteur du secteur, les deux autres iront s'établir dans les bâti-
ments neufs de l'Hôtel-Dieu. Ces trois bataillons seront remplacés à la division Maudhuy par trois bataillons de la brigade Martenot. Un officier d'état-major du général Maudhuy accompagnera les bataillons, et viendra rendre compte du mouvement dès qu'il sera terminé.
N. 966. — Exp. 9 h. du matin.
Paris, 22 janvier 1871. — 8 h. 15 m. du matin.
Gouverneur au général d'Exéa. — Lilas,
Fermentation très-grande. Faites venir aux Lilas la petite partie de troupes que vous pouvez avoir de disponible, avec une ou deux batteries d'artillerie pour prendre à revers Belleville, s'il y a lieu. Mettez-vous en communication immédiate avec le général Callier, commandant le 2e secteur.
IN 964. — Expédiée 8 h. 48 m. du matin.
Le général Vinoy au général Courty. — Quai Impérial, 42
(Puteaux).
Faites prendre immédiatement les armes à votre division, et rentrez à Paris avec voire artillerie et votre division. Vous vous établirez aux Champs-Elysées, aux environs du palais de l'Industrie, et vous y attendrez des ordres. Envoyez-moi un officier pour me prévenir, aussitôt que le mouvement sera terminé.
Garde républicaine.
Extrait du Rapport général du 21 au 22 janvier 1871,
Événements.
La garde républicaine, infanterie et cavalerie, a été tenue sous les armes de 11 heures du soir à 1 heure du matin, et de 2 1/2 heures à 5 1/2 heures dans les casernes, prête à marcher à la première réquisition de M. le préfet de police. Depuis 5 1/2 heures du matin, une compagnie de piquet par caserne est restée sous les armes.
Nota. — Il existe de forts piquets dans les casernes, prêts à marcher. De plus, les postes d'infanterie ont tous été doublés.
Paris, 22 janvier 4874.
Le colonel commandant la garde républicaine, A M. le Préfet de police. (Signature du colonel).
POLICE MUNICIPALE
Service de M. Bressaud, officier de paix. — Cabinet. — 1er bureau. Surveillance générale.
Paris, 22 janvier 1871. — 1 h. 40 m. Rapport,
La tentative faite par les gardes nationaux pour s'emparer de l'Hôtel de ville, paraît, quant à présent, avoir échoué.
Après l'incident dont j'ai rendu compte, des gardes mobiles ont paru aux fenêtres du palais, braquant leurs fusils sur la place. Aussitôt, gardes nationaux et curieux se sont enfuis de tous les côtés. G
» • La place est à peu près vide, mais les rues voisines sont encombrées.
Vu : (un simple parafe). L'officier de paix :
Hôtel de ville, 22 janvier 1871. -* 1 h. 55 m. soir.
Gambon à Jules Ferry.
Il y a une tentative de surprise. Elle a échoué. Les portes sont fermées. Les mobiles occupent les issues. Chaudey reçoit en ce moment une députation conduite par Tony Révillon. Je crois que la vue de nos préparatifs a impressionné les délégués. La place est à peu près vide. On s'est réfugié dans les rues avoisinantes. J'ai défendu qu'un seul mobile se montrât. Reste devant la grille environ 500 personnes armées ou non armées. Un bataillon, après avoir parcouru la place, s'est massé du côté de l'Hôtel de ville. On m'a assuré que Flourens était là; je vais faire vérifier.
Police, le 22 janvier 1871. — 2 h. 15 soir.
Préfet de police au Ministre de l'intérieur et à Gouverneur.
Agitation continue à l'Hôtel de ville. Des hommes armés rue de Rivoli. Rien de sérieux, mais ne pas laisser grandir V émeute organisée par des insensés. On battrait la générale auxBatignoIIes, avec l'adjoint Malon pour directeur du mouvement.
Paris, le 22 janvier 1871. — 3 h. 20 m. soir. (Accusé de réception.)
Général Vinoy à général Malroy. — Place Vendôme.
Dirigez de suite deux bataillons de gendarmerie sur la place du Carrousel.
Des bataillons de garde nationale sont envoyés sur le même point. Vous prendrez le commandement de ces troupes et vous les diviserez en trois colonnes qui se dirigeront sur la place de l'Hôtel de ville par la rue de Rivoli, les quais et l'avenue Victoria. Accusez réception.
Police, 22 janvier 1871, 2 h. 27 m. soir
Préfet de police à Intérieur, Gouverneur général de la Garde nationale.
Les groupes de la place de l'Hôtel de ville armés, toujours menaçants et criards. // ne faut pas attendre les renforts qu'ils espèrent et qu'on cherche,
État-major Vinoy. — 2 h. 28 m. soir. N. 6262-3. — Porte Maillot, 5e secteur. — N. 2443. — Urgence extrême.
Porte Maillot, état-major Vinoy, 22 janvier. — 2 h. 25 m. du soir. Général Vinoy à général Courty. — Porte Maillot. Entrez à Paris avec votre division et votre artillerie et dirigezvous sur la place de la Concorde, où vous recevrez des ordres. Faites vite.
État-major Vincy. — N. 6263-3. — 2 h. 37 m. Urgence extrême.
Général Vinoy à général Eertin. — Rue Louis-le-Grand.
Faites monter à cheval la gendarmerie et la garde républicaine, et rendez-vous avec cette cavalerie sur la place de la Concorde, où vous attendrez des ordres.
Hôtel de Ville, le 22 janvier 1871. — 2 h. 50 m. du soir. Gambon à Jules Ferry.
Robinet arrive et me dit que vous ne prenez pas la manifestation au sérieux.
Il y a beaucoup de monde et très-hostile.
Une seconde députation, reçue par Chaudey, sort et harangue la foule. Un groupe de 3,000 personnes compactes est au milieu de la place. C'est beaucoup plus sérieux que vous ne croyez.
Chaudey consent à rester là; mais prenez des mesures le plus tôt possible, pour balayer la place.
Je vous transmets, du res!e, l'avis de Chaudey.
Hôtel de ville, le 22 janvier 1871. — 2 h. 57 m. du soir. Gambon à Jules Ferry.
Une compagnie de marche du 207e bataillon se range devant la
porte en criant : Vive la Commune! Us... — Coups de fusil sur la place, j'interromps dépêche.
On tire sur la foule, sur la place.
Ils.., grand guidon rouge, et sont acclamés par les individus bruyants de la foule.
Le feu continue.
Pour Paris de Paris. — N. 4101.
Dépôt le 22 janvier 1871, à 4 h. 52 m. du soir. Maire de Paris aux Commandants des neuf secteurs.
Quelques gardes nationaux factieux appartenant au 401e de marche ont tenté de prendre l'Hôtel de ville. Ils ont tiré sur les officiers de service et blessé grièvement un adjudant-major de la garde mobile. La troupe a riposté.
L'Hôtel de ville a été fusillé des fenêtres des maisons qui lui font face, de Vautre côté de la place, et qui étaient d'avance occupées. On a lancé sur nous des bombes et tiré des balles explosibles.
L'agression a été la plus lâche et la plus odieuse. D'abord, au début, puisqu'on a tiré plus de cent coups de fusil sur le colonel et ses officiers, au moment où ils congédiaient une dépulation admise un instant avant dans l'Hôtel de ville. Non moins lâche ensuite, quand, après la première décharge, la place étant vidée, et le feu ayant cessé de notre part, nous fûmes canardés des fenêtres en face.
Dites bien ces choses aux gardes nationaux, et tenez-moi au courant.
Ici tout est rentré dans l'ordre. La garde républicaine et la garde nationale occupent la place et les abords.
L'Hôtel de ville a été fusillé des fenêtres des maisons qui lui font face, de l'autre côté de la place, et qui étaient d'avance occupées!
Ces maisons, qui font face à l'Hôtel de ville, étaient en effet occupées d'avance.
L'enquête suivante va nous dire par qui.
Sédition du 22 janvier 1871.
Audition des témoins des faits relatifs à ce mouvement.
Analyse sur l'enquête faite par M. Bellanger, commissaire de police des délégations judiciaires.
— Calmels (Edouard), représentant de commerce, chez son père, avocat, quai de Gesvres, n° 2 :
« Il était chez lui pendant l'insurrection. Des balles ont été tirées sur les fenêtres... Aucun insurgé n'était monté dans les maisons. »
— Dame Grimal, concierge, quai de Gesvres, n° 2 :
« On n'a pas tiré de la maison... Un individu, un insurgé, a voulu y entrer. Elle s'y est refusée. »
— Madame Chambertier, concierge, avenue Victoria, n° 2 :
« On n'est pas entré dans la maison, dont les étages supérieurs