A VOTRE DISPOSITION
Obéissance passive !
J'ai 3 enfants, le 4e vient de naître.
Puissiez-vous m'accorder ma demande, et me faire placer dans une administration de police quelconque;
dans mon pays plutôt qu'ailleurs, je le connais mieux. Avec le plus profond respect, le plus entier dévouement, J'ai l'honneur d'être, Sire, Votre sujet. — Un des plus obéissants.
Gerbault.
Saint-Denis-de-.ïouzet, 23 août 1867.
(Jour tristement mémorable.)
Enfoncé Boquillon! Mon Dieu, oui, degoté tout simplement. Voici le citoyen Gille qui lui dame le pion :
Du 7 décembre 4868.
A Sa Majesté l'Empereur des Français.
C'est au pieds de SA MAJESTÉ que Gille, Jean-Baptiste-Félix vient exposer qu'ayant depuis longtemps des intentions posées et mûries de se rendre utile à SA MAJESTÉ, n'ayant pu jusqu'à ce jour faire que des démonstrations publiques dont je donne quelque fracmans à la suite.
J'ose espérer, SIRE, que vous entendrez favorablement l'exposé de la position et les intentions de votre plus respectueux sujet et dévoué serviteur qui aspire après une réponse qui m'adopterait comme serviteur dans la police du gouvernement DE SA MAJESTÉ, selon mes pouvoirs facultatifs.
Voici, Sire, un léger exposé de ma vie jusqu'à ce jour, dont la connaissance est indispensable à mon admission, après une enquête...
Je suis né en 4829, le 45 mars, en la commune de Villers-les- Mangiennes, département de la Meuse. Mon père, cultivateur, m'élevait dans celte profession après avoir fait de faible sacrifice pour mon instruction à l'école primaire de la commune (le présent poura laisser une idé de mon instruction qui peut être renfermé dans une sphère étroite, mais naturelle). Après ma courte instruction je travaillais avec mon laborieux père, mais je prenais ma nourriture chez mon viel oncle, Gille Nicolas, sous-lieutant au 7e cuirassier, qui imprima dans mon cœur un amitié et un patriotisme NAPOLEONIEN, y faisant tomber un étincelle chevaleresque qui s'enflamerail au premier doute de compromission ou de danger dans lequel se trouverait SA MAJESTÉ ou sa MAJES- TUEUSE famille.
An 4848. j'étais auprès du lit de mon vieil oncle, accablé tant par le grand âge que par ses blessures, parfois je lui donnais connaissance des événements, lui donnant la lecture du journal : a Va
mon fils, Napoléoin laisse des neveux dignes de lui succéder, et avant peu la France leur sera ouverte.
Cette fois son cœur bondissait et la joie lui donnait des forces. Enfin l'élection du prince se 'fi, et il y assista avec une éclatante joie. Quelques jours après il succomba heureux, me faisant promettre de me rendre utile à la prospérité du Prince en m'en déclarans partisan dévoué. Je contractais un engagement avec un marchand forain qui exploitait plusieurs départements de la France, heureux d'avoir obtenu le consentement de mes parents, malgré les réfextions que je surmontais, leur faisant connaître mes intentions au sujet de la promesse que j'avais faite à mon vieux protecteur.
Je voyageai jusqu'au 4852. A cette époque, mon père qui rivalise de dévouement avec moi pour SA MAJESTÉ, avait été nommé maire de la commune pendant que je prêchais le bonheur que recevait les Français dans un lointain pays.
Alors je rentrai sous le toid paternel, où je vivai jusqu'au 1856. Croyant avoir remplie les devoirs de la tâche qui m'était imposés, à cette date je contractai mariage, duquel il nous est né un fils, le 29 juin 1866, qui fut le sujet d'une joie pour moi et mon père qui vint la partager dans une petite fête.
Mon père me disait : Je serais heureux mon fils si cette fête était au jour que nous avons fêté la naissance du prince.
J'aurais été, de SA MAJESTÉ son répondant dans le batème, mais néanmoins il aura toujour quelques privilèges, attendu qu'il est né la même année, etc., etc.
Enfin, SIRE, je continuai jusqu'à ce jour mes travaux agricoles dont le fruit est suffisant à une vie honnête et modeste de ma famille qui se compose de quatre membres qui font le bonheur d'un couple unie avec des enfants qui jouissent des prodigalités de la nature.
C'est donc SIRE, à une inspiration mistérieuse que je répond en vous adressant celte cupplique, qui prend chaque jour plus
d'intensité et me fait sentir que je dois remplir un rôle indispensable dans la police du gouvernement de SA MAJESTÉ, l'EMPE- REUR, pour sa sûreté personnelle.
C'est en votre bonté paternel que le laborieux cultivateur vient exposer Péta, et le besoin qu'il éprouve de sutiliser comme le plus humble serviteur afin que le fruit de ses services puisse seulement suffire a l'instruction de ses enfant qu'il dévoue à SA MAJESTÉ l'EMPEREUR DES FRANÇAIS.
Ce n'est point, Sire, une aventureuse demande, c'est simplement l'œuvre réfléchi de l'homme de 40 ans qui adressait cette même demande à SA MAJESTÉ et qui lui fut renvoyée pour être rectifié en conformité des règles établies renvoyée le 21 novembre 4868.
Je suis, SIRE, de YOTRE MAJESTÉ, le très humbre et très dévoué serviteur et respectueux sujet.
J. Cille.
Voici deux pièces trouvées à l'ex-préfecture de police et que le lecteur trouvera sans doute, comme nous, pleines de saveur.
Ce sont :
1° Une lettre du sieur Greffe, au préfet de police Gresson, datée du 25 novembre 1870, pour se plaindre d'avoir été dénoncé comme mouchard par Raoul Rigault, alors rédacteur de la Patrie en danger.
2° Un rapport du même Greffe, daté du 15 mai 1858 et qui établit suffisamment ladite mourchardise.
Nous laissons à ces deux pièces leur orthographe spéciale :
Dossier 7,388.
Service Lagrange.
43 mai 57.
Monsieur gai un peli rapor à vous faire sur le nomé Masselin
écrivain, encien détenu politique demeurant ru Saint-Laurent n°10 ou 42 celuici il di socupé consfament de faire de la politique il me dises quil ce vengeres sous peut des mauvais traitement con lui ha fait endure dans sa déportations il ne veut occupé personnes pour ça vengence car il na confiance qua lui même.
Monsieur, lieze socupe constamant de politique il fait maintenant de la politique sur un livre intitulé fables de Pierre Lachambaudie celivres parles beaucou contre le gouvernement gai vus cliféren geunesgen qu'il vené cher lui pour sinstruir sur la démaucrasie.
Ce livres lui ha étés done par Lavié limonadier fobourg Saint- Antoine n° 87 il parailiré ont avoir distribuhai pas mal lui ont êtes envoyés diton par Pierre Lachambaudie lieze me di quil socupe constament de politique avec plusieur de cest cliant.
Pour tronpé la police le benquet de Bicette est fîccé diton à la fin du moi de mai.
Gai l'honneur de vous saluet ainsi que votre dames est votre fils.
Greffe.
Rue de Charonne, 114.
66,707-7. — Dossier du cabinet du préfet de police.
Paris, le 28 novembre 1870.
A Monsieur le préfets de polisce,
Monsieur sur linfame dénonciations du sieur Rigault a mon egart ; vouliez je vous prie avoir lemabies obligence de me dire ci reelement il yi aurais quelque chose qui soi falsifié a mon non, dans vos bureau qui prouverai que geais étai l'enploiyé du gouvernement déchu votre reponce Monsieur pouré termine les infâme calomni lencé comtre moi par un dénonciateur publique Rahoule
Rigault : Je comte Monsieur sur votre émables obligence et aten de vous une réponce.
En cette espoir recevai Monsieur mes sincers salutations.
Greffe.
Rue Relier, n° 25.
Prenai ma siniature Monsieur pour la confenté avec cel que geaurais fait diton à la préfecture et na jamais us d'autre nom que
Celui-ci — Greffe.
La suite paraîtra dans le n° 12 des Papiers secrets.
DU
GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE
(Suite) (1).
Nous faisons précéder dans ce numéro les documents de la Défense nationale des lignes suivantes dues à la plume du Président de la commission d'enquête, le citoyen Casimir Bouis.
La France sait maintenant, par une douloureuse expérience de huit mois, où voulait la conduire et où l'a conduite le gouvernement du 4 septembre.
Les événements ont appris aux esprits les plus aveugles, les plus prévenus, comme les plus impartiaux, la valeur des hommes qui, après avoir juré de défendre
(1) Voir le n° 9 et 10 des Papiers Secrets du Second Empire.
Paris, l'ont livré à l'étranger et le bombardent en ce moment, pour conserver les derniers restes d'un pouvoir qui aura été si fatal au pays.
La lumière est faite aujourd'hui.
Il y avait nécessité, cependant, dans l'intérêt de l'histoire, de réunir et de classer les divers papiers et documents relatifs à ces hommes et aux actes de leur gouvernement.
Il y avait nécessité, pour l'honneur de la nation, pour le respect de la vérité et de la morale publique, de montrer au peuple et à la France tout entière, séparée de la capitale par un nouveau blocus, que le gouvernement de la défense nationale a manqué à la mission qu'il avait usurpée et qu'il a sacrifié la gloire et le salut de la nation à des considérations mesquines ou inavouables.
C'est pour cela que la Commune de Paris a choisi une commission d'enquête, chargée de publier ce travail.
Il ne pouvait y avoir de réponse plus opportune à faire aux bombardeurs.
Pour la Commission d'enquête :
Le Président, Casimir Bouijs.
Paris, 2 mai 1871.