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LE DOSSIER DE BAZAINE

Bureau de Tours, n° 969. — il octobre 1870.

Boulogne, 17 octobre 1870. — 4 h. 12 m. du soir.

Inspecteur à Directeur général. — Tours.

Correspondance du Times, — Saarbruck", 16 octobre. — Tranchées devant Metz, terminées et batteries installées. Français tirent sans cesse. Prussiens tirent sur campement.

Un parlementaire envoyé de Metz au prince Charles, ensuite parti trouver le Roi.

Pas de résultat connu.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

(4) Voir les nos 9, 10 et 11 des Papiers secrets du second Empire.

Bureau de Tours. — Expédiée le 49 octobre 1870. — 1 h. 40 m. du matin.

Bruxelles, le 48 octobre 4870. — 8 h. 50 m. du soir.

Havas. — Tours.

Nouvelle quartier général allemand annonce que 14/10 général Boyer, venant de Metz arrivé Versailles, fut reçu par Bismark, lequel allé ensuite auprès Roi.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, N. 954. — 49 octobre 4870.

Boulogne, 49 octobre 4870. — 3 h. 39 m. du soir.

Inspecteur à Directeur général. — Tours.

Correspondance du Times.

Berlin, 18 octobre. — Général Boyer, aide de camp de Bazaine, a eu entrevue avec comte Bismark, qui, immédiatement après, s'est rendu chez le Boi.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, N. 472.

Boulogne, 23 octobre 4870. — 44 h. du matin. Inspecteur à Directeur général. — Tours. Télégramme du Times. — Saarbruck, 24, soir. — Silence inexplicable des canons de Metz depuis retour général Boyer.

Grandes réjouissances mercredi dans Metz, salves tirées, acclamations et musique, drapeaux arborés partout.

Déserteurs français abondent, tout dans triste état et font rapports les plus contraires, temps très-mauvais.

Épidémies sévissent toujours chez Prussiens, qui regardent capitulation comme imminente.

Télégramme du DaUy-News. — Général Boyer a proposé à Versailles la reddition armée Bazaine mêmes conditions qu'à Sedan, avec faculté, pour garnison régulière de Metz, de continuer à défendre place. Mollke a refusé.

Chute de Melz est attendue sous peu.

Bitche a été investi par 8,000 hommes avec canons, de Strasbourg.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, N. 45. — Expédiée le 23 octobre 1870. — 42 h. 20 m. du soir.

Londres, 23 octobre 4870, 44 h. du matin. Havas, — Tours.

Observer Boyer, arrivé vendredi, vit samedi Impératrice. Prussiens pas arrivés hier soir. Anciens villages autour Amiens fortifiés. — Reuter.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours. — N. 16.

Bruxelles, le 25 octobre 4870. — 9 h. 36 m. du matin. Havas. — Tours.

Berlin, 24. — Norddeutsche-Zeitung, discutant nouvelle publiée par correspondance Warrens, dit cette nouvelle soulève déplaisir. Le journal rassure contre inquiétude d'immixtion étrangère.

Frédéric-Charles et suite, sous drapeau parlementaire, se dirigeaient 20/10 vers Metz. Négociations pour reddition ont lieu.

Boyer était hier quartier général du prince Frédéric-Charles. Gazette Croix dit, concernant négociations Boyer avec Bismark, que Bazaine menait négociations pas seulement indépendamment du gouvernement provisoire, mais en contradiction avec le gouvernement.

Deux bataillons chasseurs réserve sont formés pour faire service étapes dans districts occupés. — Delamarre.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 686. — Expdd. 28 octobre 1870. — 2 h. 40 m. du matin.

Bourg, 27 octobre 1870. — 9 h. 30 m. du soir. Préfet de l'Ain à Intérieur. — Tours.

Le commissaire spécial de Bellegarde m'informe, par dépèche

chiffrée, que M. de Valcourt, se disant émissaire de Bazaine, vient de passer, se rendant à Tours, chargé d'une importante mission militaire. Il aurait donné à entendre que le maréchal serait dans une position critique pour les vivres.

Je vous transmets cet avis textuellement, tel que je le reçois, et m'étonnant du passage par Bellegarde, quand chemin plus court est ouvert par Belgique.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 511. — 29 octobre. — 4 h. du soir.

Besançon, 29 octobre 1870, 2 h. 43 m. du soir. Préfet Doubs à Guerre. — Tours.

Voici dernière dépêche de Pontarlier :

« Dépêche d'hier confirmée de Suisse. On dit à Bâle que Changarnier et troupes refusent capitulation de Bazaine. Ce dernier fait prisonnier.

Pour copie conforme : Éd. Ordinaire.

D'autre part, sais de source certaine qu'il y a huit jours, Courrier du Bas-Rhin, journal prussien de Strasbourg, disait : « Boyer envoyé par Bazaine à Versailles pour traiter capitulation. » — Éd. Ordinaire.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 603. — Expédiée le 27 octobre.

Arras, le 29 octobre 4870, 4 h. du soir.

Le Préfet du Pas-de-Calais à M. le Ministre de l'Intérieur.

— Tours.

Les journaux belges et anglais confirment capitulation de Metz. d75,000 prisonniers, 20,000 malades et blessés, 6,000 officiers, 5 maréchaux.

L' Indépendance belge contient un extrait du Journal de Saint- Pétersbourg qui jette un certain jour sur les intrigues de Bazaine. Il se proposait de mettre le gouvernement actuel en demeure de convoquer une Assemblée constituante. Si le gouvernement n'obéissait pas, il se mettait à la disposition de tout autre gouvernement qui s'établirait dans une ville de France et prendrait l'engagement exigé.

Pour copie conforme ;

L'inspecteur.

DEPECHE TELEGRAPHIQUE.

Bureau de Tours, n° 9. — Exp. le 30 à 1 h. du matin. (Personnelle et urgente.)

Lille, le 29 octobre 4870. — 10 h. 45 m. du soir.

Le Préfet du Nord à Gambetta. — Tours.

Reçu votre dépêche concernant Bazaine. J'ai averti procureur général Morcrelte. Est-il nommé? Il ne paraît pas sûr politiquement. Testelin à Tours vous donnera détails.

Grande émotion ici concernant Bourbaki. Fâcheuse coïncidence entre son arrivée ici et la capitulation de Metz. Doutes sur tendance.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 595. — Expédiée le 30 à 11 h. 45 m. du soir.

Langres, le 30 octobre 1870. — 8 h. 50 m. du soir.

Sous-préfet Langres à Ministre Intérieur et Guerre. — Tours.

Opinion de Prussiens, officiers compétents : Méfiez-vous de Bourbaki. — Il peut faire comme Bazaine et restaurer Prince impérial.

Place de Langres peut être cernée. Elle résistera à outrance. Donner au général pouvoir demandé.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° Common. — Expédiée le 31 à 7 h. 30 m. du soir.

Bruxelles, le 31 octobre 1870. — 5 h. 10 m. du soir. Havas. — Tours.

Indépendance publie ce qui suit : « Un officier échappé de capi-

tulation nous apporte numéro Indépendant Moselle, publié dans Metz au moment entrée allemande. »

Circonstances qui précédèrent reddition y sont relatées manière précise et détaillée.

Il en résulte clairement que armée assiégée, indignement trompée par ses chefs, qui, pour faire patienter armée, quand elle demandait se ruer ennemi pour faire trouée à tout prix, promettaient bientôt armée pourrait sortir intacte avec honneurs guerre; que chefs montrèrent France entière en proie anarchie; Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse en pleine guerre civile; Rouen, Havre, demandant secours Prussiens, et cela jusque jour que vinrent déclarer que tout manquait, et était impossible obtenir autre chose que capilulation pareille celle Sedan.

Indépendance ajoute : Est plus douteux que Gambetta eut raison en accusant trahison. » Population Metz, sous yeux de laquelle odieuse comédie est jouée, en a jugé ainsi en saluant Bazaine cris d'indignation, colère. — Delamarre.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 483. — Expédiée le 1er novembre.

Lille, le 31 octobre 4870. — 10 h. Il m. du soir. Préfet du Nord à Intérieur. — Tours.

(Confidentielle.)

Bourbaki reçu mal à Douai, très-démonté, voyant qu'il n'inspire pas confiance. Me prie de vous écrire.

Fâcheuse coïncidence entre arrivée Lille et capitulation de Metz.

— Sa proclamation, assez bien vue, n'a pu détruire prévention peuple.

On compare sortie inexpliquée Bourbaki avec sortie Boyer. — Bourbaki dit avec raison que le moindre échec serait appelé trahison. — En deux mots, il demande son rappel, ne trouvant pas ici confiance suffisante.

Je crois à sa bonne foi, mais sa position est délicate. — II propose comme remplaçant Durrieu ou Cambriels. — Le malheur veut qu'il ait pour aide de camp Magnan, nom mal vu à Lille.

Attendez retour Testelin, qui jugera situation.

La population est découragée. — Le désir de paix fait grands progrès, même parmi amis. — Les dernières dépêches d'Avesnes disent qu'ennemi se rapproche d'Hirson; rien de positif.

Pouvez-vous nous envoyer de suite chassepots avec cartouches? Nous sommes sans armes.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

DÉPÊCHE l TÉLÉGRAPHIQUE.

Bureau de Tours, n° 363. — Expédiée le 1er novembre à 2 h. du soir.

Langres, le 1er novembre 4870. — 11 h. 46 m. du matin. Général à Intérieur et Guerre. — - Tours.

Un lieutenant du 2e de ligne, évadé de Metz, parti le 29, affirme que les forts de Metz aux commissaires prussiens le 29, à 41 h. du matin.

Il est parti déguisé pendant que son régiment défilait devant les Prussiens à Grigy.

La capitulation était préparée depuis longtemps par Bazaine, qui n'a jamais reconnu le gouvernement.

Des ordres officiels, communiqués aux troupes par le maréchal, indiquaient que la France était dans l'anarchie; que le gouvernement de Paris n'était pas reconnu à Lyon ni dans le Midi.

La capitulation était connue de la population et de l'armée, dans la ville de Metz, depuis le 27 ou le 28. Les gardes nationaux, après quelques velléités d'insurrection, avaient rendu leurs armes.

Depuis le 7 octobre on ne tirait plus le canon.

L'armée et la ville étaient exaspérées contre Bazaine et contre Coffinières.

On disait que Bourbaki était allé dans l'intérieur prendre un commandement pour concourir avec Bazaine à la restauration de l'Impératrice.

Des ordres sévères étaient donnés pour empêcher que l'armée détruisît ses armes. La condition du bon état des armes était d'ailleurs imposée par la capitulation, et, si cette clause n'était pas exécutée, on menaçait les officiers français de les faire travailler en Prusse comme pionniers.

Quelques officiers ont donné l'exemple eux-mêmes, dans leur compagnie, en cassant des fusils.

Il y avait des vivres dans la ville, mais les perquisitions pour les troupes, chez l'habitant, ont été faites d'une manière illusoire, et les vivres n'avaient été réellement; ménagés qu'à partir du moment où la mission de Bourbaki avait e'choué.

Le 29 octobre, on aurait pu encore trouver des vivres pour vingt jours, et on aurait pu réunir Go, 000 à 70,000 combattants, non compris les hommes affaiblis, les malades, les blessés incapables de s'éloigner de Metz à quelques marches. // serait resté à Metz, en bon état, plus de 2,000 bouches à feu et plus de 100,000 fusils.

L'officier qui donne ces détails ne peut s'expliquer le bruit qui a couru d'une révolte de l'armée de Metz, comme il se sauvait quand elle défilait. Il croit îa chose impossible ou au moins fort exagérée.

Le chef de gare de Neufchâtcau informe que les Prussiens sont

attendus ce matin dans Neufchâteau. Ils étaient hier à Mirecourt. Je n'ai pas d'autres avis de leurs mouvements de ce côté.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 855. — 2 novembre 4870.

Cambrai, 2 novembre 4870. — 2 h. 47 m. du soir. Sous-Préfet à Intérieur. — Tours.

Vos deux proclamations produisent excellent effet, mais républicains demandent destitution fonctionnaires bonapartistes et prompt armement garde mobilisable.

Viens de voir soldat échappe Metz; Bazaine n'a pas combattu depuis 31 août.

Changarnier a demandé que armée se retire en Algérie. Frédéric-Charles lui a dit : « Pas besoin cela, j'aurai Metz dans deux jours ; je sais tout ce que vous avez dit en conseil de guerre, par Coffinières. »

Beaucoup de soldats ont brisé armes, maigre Bazaine ordonnant rendre en bon état.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Bureau de Tours, n° 405. — Exp. le 2 novembre 4870, à 40 h. 4-2 du soir.

Boulogne, le 2 novembre 4870. — 6 h. du soir.

Inspecteur à Directeur général. — Tours.

(Correspondance du Times.)

Saarbruck, 51 octobre. — Une partie armée prince Frédéric- Charles marche vers sud ; autre partie vers Thionville, Verdun et Mézières. — Un corps d'armée occupe Metz sous commandement du général von Kunner.

Télégramme Reuter. — Bruxelles, 1er novembre. — Indépendance belge de ce jour publie lettre du général Boyer réfutant accusation et concluant : « Nous avons capitulé par famine. »

Correspondance du Times. — Cassel, 51 octobre. — Impératrice, Eugénie est arrivée incognito à Wilhemshoe, hier à midi; le général Clary seul l'accompagnait; maréchal Bazaine a eu une entrevue avec Empereur à 5 h. 50 soir.

Pour copie conforme :

L'inspecteur.

Communication de Tours. — 6 novembre 4870, à 8 h. 40 m. du soir.

Bruxelles, le 6 novembre 4870. — 5 h. 40 m. du soir. Détroyat, 23, Permentade. — Bordeaux.

Armistice plus incertain que jamais ; Bismark aurait dit que si accordait pas avec Thiers, arrangerait avec Napoléon.

Impératrice rentrée en Angleterre.

Ladmirault a protesté contre conduite Bazaine. Frédéric-Charles établit quartier général ïroyes. Journaux allemands, revenant sur précédentes appréciations, disent Bazaine piètre stratégiste, triste politique. — Ernest.

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