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DE VOTRE MAJESTÉ

Le très-humble et très-obéissant sujet,

Marchetti.

Hôtel Ponceau, rue du Ponceau, Paris.

Suit un rapport sur le sieur Marchetti que nous recommandons à l'attention du public, pour qu'il soit bien pénétré de l'opinion des mouchards sur le chapitre de l'honnêteté.

Marchetti, Jean-François, âgé de 25 ans, né à Zalano (Corse), marié et père d'un enfant en bas âge.

Sans fortune personnelle; paraît être dans une position gênée, n'a pas de services militaires.

Entré en 1855 à la Préfecture de police et démissionnaire au mois d'avril 1862.

Instruction bien moins qu'élémentaire.

Moralité bonne.

Parle l'Italien.

Condamné à trois mois de prison pour vol (jugement de la Cour d'appel de Bastia, en date du 50 avril 1852).

Dossier 8177. 45504 — 546

PRÉFECTURE DE POLICE

POLICE MUNICIPALE

Service de M. Fontaine, officier de peux.

RAPPORT

Paris, le 9 mai 4870.

Le sieur Marillier, Pierre-Charles, qui fait le sujet de la note ci jointe, est né le 12 septembre 1858, à Blanot (Côte-d'Or), et demeure depuis trois ans rue Beaubourg, 55, où il tient l'hôtel de la Côte-d'Or.

Son loyer annuel est de 2,500 francs.

Précédemment, il tenait un garni rue de la Verrerie, 55, où il est resté pendant 10 ans.

Marillier habite Paris depuis 18 ans ; il est marié, sans enfants.

Outre l'hôtel qu'il tient, il est fabricant d'outils pour la cordonnerie; il a pris un brevet d'invention en 1807.

C'est un homme sans instruction, sachant à peine lire et écrire.

On croit qu'il fait partie de la Société des Icariens, dont Beluze était le gérant et dont le siège social était situé rue Bailleul, 5.

Marillier connaît beaucoup d'hommes politiques de l'époque; il a fréquenté assidûment les réunions publiques et privées, et a même chez lui, rue de la Verrerie, des réunions illicites.

On dit qu'il ne fait pas de bonnes affaires, qu'il a même été saisi plusieurs fois et qu il n'inspire aucune confiance aux personnes qui le connaissent.

Il est inconnu aux sommiers judiciaires.

Le sieur Marillier, Pierre Charles, cité comme ayant fait une demande pour entrer dans la police secrète, n'a pas voulu profiter de notre avis.

Après être venu protester dans nos bureaux, il est allé à la préfecture, avec sa carte d'électeur, dire de gros mots aux archivistes.

Mais le guignon a voulu que sa signature apposée sur cette carte d'électeur fut absolument identique à celle de la demande ci-jointe, adressée par lui au préfet de police.

Malgré que le sieur Marillier se soit dit employé au désarmement des réfractaires, ce qui devait le faire passer pour un pur, il n'en a pas moins été au dépôt de la Conciergerie, tenir compagnie au sieur Flamand, qui s'est mis dans le même cas que lui. (1)

(1) La suite paraîtra dans le n° 43 des Papiers secrets.

DU

GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE. (1

(Suite.)

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