‹ Les papillons dans la natureChapitre 107 sur 133 · LA CONTIGUË · texte numérisé non relu

LA CONTIGUË

outre des plus utiles de faire bien connaître la nature à la nouvelle génération, afin que, mieux renseignée sur l'équilibre parfait qui y règne, elle sache en observer plus judicieusement les lois et cultiver le sol avec moins de « science » que nous, en favorisant davantage les moyens de fertilisation ou de destruction naturels, au lieu d'employer ces méthodes et ces ingrédients contre nature qui finissent toujours par se prouver néfastes à la réussite des récoltes ou à la santé de nos: populations, sans parler de la diminution rapide et navrante des espèces animales et végétales qu'ils produisent.

En opérant de la manière décrite plus haut, on obtiendra facilement la MAMESTRE ou l'HADÈNE CONTIGUË, ainsi appelée parce qu'elle est très voisine de plusieurs autres espèces du même genre, en particulier thalassina (Rott.), dentina (Esp.), genistæ (Bkh.) et marmorosa (Bkh.). Mais CONTIGUA varie entre 3,6 et 4,5 centimètres, alors que les trois premières espèces citées ci-dessus sont habituellement plus grandes et la dernière plus petite. C’est de mai à juillet, mais surtout en juin que vole la CONTIGUË qui n'est pas rare chez nous.

Sa chenille vit de juillet à septembre et même en octobre sur les airelles, les myrtilles, les ronces, le framboisier, les genêts, les berces, les fougères, les ombellifères, l’achillée, le seneçon, l'origan, la verge d'or, la grande gentiane, le chénopode ou épinard sauvage, la dentde-lion, et même l'épine noire, l’aune et le bouleau. Cylindrique, glabre et longue de 3,5 à 4 centimètres, elle varie beaucoup; le plus souvent verte ou vert jaune, elle peut aussi être jaunâtre, jaune rougeâtre ou brune; mais dans tous ces types elle présente en vert sombre, rouge ou brun foncé, une ligne médiane interrompue, et, des deux côtés du dos, sur chaque segment, des traits obliques et légèrement arqués, dessinant une suite de chevrons. Ces dessins sont le plus souvent rouges, ainsi que les points trapézoïdaux. La commissure des segments est jaunâtre.

La chrysalide, placée en terre, est brun rouge.

La MÉTICULEUSE — Brotolomia meticulosa L.

Mile, grossi trois fois, au repos.

Tronc d’Epicéa élevé ou Sapin rouge — Picea

excelsa Link.

BroToLOMIA (Led.) ou SOLENOPTERA (Dup.) ou PHLOGOPHORA (Tr.) meticulosa (L.) — LA CRAINTIVE

OUS avons déjà vu qu'au repos les papillons tiennent leurs ailes de bien des manières différentes. Mais si, chez les Papillons de nuit, les ailes inférieures peuvent se replier sur elles-

mêmes, la paire supérieure reste, par contre, presque toujours absolument plane, aussi bien chez les espèces nocturnes. que chez les diurnes. Il y a cependant quelques exceptions à cette règle : nous verrons tout à l’heure l’Antique (pl. 55) tenir ses ailes complètement plissées en longueur et étroitement appliquées sur le corps; de plus, le papillon se colle contre l'écorce et fait penser à une simple saillie du tronc lui-même. Chez notre MÉTICULEUSE, les ailes supérieures sont également plissées : la marge antérieure, large de 2 millimètres, se plie à angle droit du reste du membre, et depuis la moitié de sa longueur environ, l'aile semble brisée et s’infléchit vers le corps, en formant un pli semblable à une gouttière renversée. Toute l'extrémité de l'aile, en outre, est étrangement découpée et comme entamée, ce qui a valu au genre le nom de BROTOLOMIA qui signifie « bord rongé ». L'insecte, au repos, ne se tient pas appliqué contre sa branche, mais au contraire dressé sur ses pattes, avec le dessous du thorax à 2 millimètres de l'écorce et le bout de l'abdomen à 1 centimètre environ du support. Il tient ses pattes, surtout la troisième paire, ramenées sous le corps et parfois presque toutes invisibles lorsqu'on regarde.la bête par-dessus. De profil, les brosses de poils qui ornent le thorax et l'abdomen, le long de la ligne dorsale, dessinent une étrange crénelure, si bien qu'avec les couleurs indécises de l’insecte, on pense voir, au premier coup d'œil, un brin de feuille qui aurait poussé là, puis séché.

La MÉTICULEUSE ne varie pas beaucoup, si ce n'est qu'elle est parfois, au moins dans les collections, un peu plus terne et plus jau-

nâtre que sur notre planche. La grosse tache en forme de V qui traverse l'aile supérieure peut aussi être d’un vert bleuâtre. Les ailes inférieures sont arrondies, assez claires et marquées de quatre ou cinq zigzags transversaux, plus ou moins nets, d'un gris brun. Le mâle, qui est un peu plus verdâtre et plus petit que la femelle, varie entre 4,5 et 4,7 centimètres d'envergure, tandis que la femelle atteint 4,8 à 5,3 centimètres.

La MÉTICULEUSE est craintive, dit-on. Ne pouvant guère voler de jour, probablement parce qu'elle est trop éblouie par la lumière, elle préfère rester immobile et faire la morte pour échapper à ses ennemis. Elle se tient contre les troncs d'arbres ou les palissades et ne se met en campagne que lorsque vient la nuit. Elle est commune chez nous et se laisse prendre facilement, avec un appât comme celui dont nous avons parlé dans la monographie précédente.

On la trouve en une ou deux générations, suivant l'altitude, d'avril à juin, puis d'août à octobre, novembre et même décembre. On prétend que certains individus passent tout l'hiver.

La femelle pond des œufs ronds et déprimés; ils sont d’abord blanc jaunâtre, comme la plupart des œufs d'insectes fraîchement pondus, puis ils deviennent orangés, enfin gris. Les chenilles qui en sortent sont, une fois parvenues à leur taille définitive, tantôt vert herbe, tantôt vert pâle, tantôt brun jaune. Le dos est parcouru par une ligne blanchâtre, plus ou moins interrompue au milieu de chaque segment, tandis que sur le côté court une bande continue, plus large et jaunâtre. Entre ces bandes claires se trouvent, sur chaque anneau, deux traits obliques sombres, qui, partant de la ligne médiane, s'écartent l’un de l’autre et forment avec le dessin correspondant des autres segments une suite de chevrons. La bête est glabre, allongée, cylindrique, un peu plus mince en avant qu'en arrière, avec le onzième anneau un peu saillant. Les stigmates sont Jjaunâtres, la tête petite et brune.

Cette chenille, qui atteint 4 à 5 centimètres de longueur, vit

presque toute l’année, mais en particulier de septembre jusqu'en avril ou mai, et de nouveau en juillet et août.

On la trouve un peu partout, sur une quantité de plantes : dans les carrières et le long des talus sur l'ortie; au flanc des coteaux sur les mauves, les asters, la pimprenelle ; dans les endroits incultes et agrestes, où croissent de vieux pommiers sauvages, sur la bardane et la ciguë: à l’orée des bois sur les primevères, les lamiers, les violettes, le lierre, la clématite, enfin sur la belle et grande fougère appelée « Aigle impériale » ou (Ptéris aigle», à cause de la figure, rappelant certaines armoiries, qui se dessine sur la coupe de la tige. On trouve aussi cette chenille dans les jardins, sur les géraniums, le réséda, la lavande, les giroflées, le tournesol, le céleri, les choux, etc.

Elle ne mange que la nuit et se tient cachée de jour sous les feuilles.

Au premier printemps ou au mois d'août, elle se tisse, à la surface du sol, un cocon léger dans les parois duquel sont agglutinés des parcelles de terre et de petits morceaux de feuilles coupées. chenille se transforme, dans cette demeure, en une chrysalide luisante, terminée par une fine pointe et de couleur brun rouge, plus claire et plus jaunâtre sur l'abdomen que sur le thorax.

Elle donne naissance au papillon après cinq ou six semaines.

La PYRAMIDE — Amphipyra pyramidea L.

Femelle, grossie trois fois, au repos, cachée sous une feuille. Femelle, grandeur naturelle, au vol.

Le Lonicéra des Alpes — Lonicera alpigena L.

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