LA CONTIGUË
connu que les Papillons de nuit ont pour tout liquide sucré : après le coucher du soleil, on enduit, avec un pinceau, une surface grande comme la main sur un tronc d'arbre, une planche ou un objet quelconque, d'un liquide obtenu avec de la mélasse, du miel de vétérinaire ou du sucre dilué dans un peu d’eau chaude. On peut du reste varier à l'infini la composition de cette mixture : M. Ed. Bureau recommande le miel pur, Frédéric Schnack préconise un mélange de bière brune, de miel artificiel, de quelques cuillerées de miel de tilleul et de quelques gouttes d'éther de fruit, le tout bien battu et cuit. On emploie également du vin rouge cuit avec un peu de miel; enfin on peut couper des quartiers ou des tranches de pommes, les faire macérer dans un sirop de miel ou dans de l’éther nitrique et les enfiler à une ficelle tendue entre deux arbres. Les poires molles sont aussi un bon appât. Toutes ces différentes méthodes constituent ce qu'on appelle « la chasse à la miellée ». À partir de 20 heures, on se tient près de l'endroit englué avec une lanterne que l'on a soin de cacher sous un drap noir, et, de temps à autre, avec précaution, on éclaire le lieu du rendez-vous, pour voir ce qui s’y passe et capturer les pièces intéressantes, au moyen d'un petit filet à manche court et à embouchure concave, s'appliquant bien contre les troncs.
Si l’histoire naturelle n'était pas une science captivante qui élève l’âme parce qu'elle vous met sans cesse en contact avec l'œuvre abso- : Jument parfaite du Créateur, si son étude n'était pas des plus instructives et capable non seulement de développer, mais aussi de préserver la jeunesse de bien des tentations, si pour étudier les bêtes à fond, on n'était pas obligé d’en faire la capture, c'est avec scrupules qu'on encouragerait la chasse aux papillons; mais tout en désapprouvant formellement ceux qui joignent à la persévérance l’acharnement et qui font de telles rafles que les espèces en sont parfois menacées, nous estimons légitime et bon, surtout pour les jeunes gens, de s’intéresser à l’entomologie ou à la botanique et de faire une petite collection de telle ou telle famille d'insectes ou de plantes. Il serait en